04 janvier 2009

L’étrange histoire de Benjamin Button, virtuose destin à l’envers

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Chaque nouveau film du génial David Fincher est à lui seul un événement. Pourtant, son septième long métrage fut probablement le plus attendu de tous. Il faut dire que L’étrange histoire de Benjamin fait partie de ces serpents de mer que seul Hollywood a le pouvoir de créer. En effet, les développements de l’adaptation cinéma de cette nouvelle de F. Scott Fitzgerald débutèrent il y a pas moins de quatorze ans, sous la houlette de Steven Spielberg, avec Tom Cruise dans le rôle principal. Plusieurs autres réalisateurs, dont Spike Jonze, furent contactés après ce premier abandon – avant que Fincher ne reprenne le projet il y a trois ans. C’est pourquoi la sortie du film aujourd’hui tient quasiment du miracle, d’autant que Fincher en a profité pour signer un nouveau chef d’œuvre.

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06 novembre 2008

Warhol spirit, nouveau regard vers un artiste surmédiatisé

Nous republions aujourd'hui notre critique du livre Warhol spirit, paru en mars dernier, qui a remporté hier le Prix Médicis étranger 2008 :

4178f33945c836b72703d4035a978b24.jpgPeut-on encore parler d’Andy Warhol sans tomber dans l’énumération de poncifs ni un énième alignement de reproductions de ses œuvres ? C’est le défi qu’a brillamment relevé la romancière et essayiste Cécile Guilbert. Son ouvrage, Warhol spirit est un livre hors-norme, dont l’ambition n’était pas moins que la réalisation d’un « tombeau » de l’artiste visionnaire, vingt ans après sa mort. Sans se départir d’une certaine esthétique pop, l’auteur analyse en profondeur la personnalité intime de Warhol, en mêlant avec une virtuosité rare textes et créations graphiques.

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24 août 2008

Un milliard et des poussières, surtout des poussières…

0fa7bbb3138905ad240975f20bca65d5.jpgOutre des espoirs et talents confirmés, toute rentrée littéraire propulse aussi sur les étals des libraires son quota de navets. Le second roman de Bertrand Latour, un an après l’oubliable Des yeux plus gros que l’Amérique, fait incontestablement partie de ceux-là. Ancien chauffeur de limousine, l’auteur nous plonge dans une quinzaine de jours de son ancienne vie avec cet interminable pensum de 400 pages, Un milliard et des poussières, dont l’intérêt littéraire brille surtout par son absence.

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21 août 2008

La meilleure part des hommes, esquisse intime d’une époque

bc2f0aff82aa92e3f2617d69129fa24c.jpgA chaque rentrée littéraire ses découvertes de nouveaux talents. Quelques mois après Le théorème d’Almodovar, le formidable premier roman de par Antoni Casas Ros, la collection blanche de Gallimard fait à nouveau très fort en publiant le premier opus de Tristan Garcia, La meilleure part des hommes. Présenté par son auteur comme « une anti auto-fiction », cet ouvrage suit le milieu intellectuel parisien confronté à l’apparition du Sida. Commençant dans les années 80, le livre est un véritablement tour de force pour un auteur ayant seulement 27 ans.

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13 août 2008

Un patron modèle, le quotidien californien à la sauce Hollywood

0cc5f3d218419f9ade5ee600ec05e5e5.jpgIl y a trois ans, le bouche-à-oreille permettait à Mister Bones, premier roman à l’humour féroce de l’auteur californien Seth Greenland, de connaître un certain succès. Alors que paraît son second opus, il est cependant peu probable l’auteur rivalise avec les nouveaux romans des Pynchon, Johnson, Ford et autres McEwan (pour ne citer que des auteurs étrangers). Un patron modèle, qui paraît deux mois seulement après les Etats-Unis, n’en demeure pas moins l’unes des plutôt bonnes surprises de la rentrée américaine.

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25 juillet 2008

Lacrimosa, une correspondance intime sans concession

f6823f90560d4c38e1b0bb66ac6d4b8b.jpgMais où s’arrêtera donc le talent de Régis Jauffret ? Après avoir recartographié les territoires du roman avec Microfictions, celui qu’on peut qualifier sans craintes de meilleur écrivain français revient avec Lacrimosa, un récit épistolaire intime et cruellement poignant. Et livre ainsi l’une des expériences littéraires les plus brillantes de cette rentrée littéraire.

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14 juillet 2008

Alcool, une saga culinaire bien frappée

40c390dd987830d2eed1a8a4a7dd9d96.jpgUne chose est sûre : il y aura au moins deux romans culinaires dans le Top 15 2008 des meilleurs livres de l’année. Quelques mois après les Recettes intimes de grands chefs de Irvine Welsh, les éditions Au diable Vauvert éditent aujourd’hui Alcool, un roman de Poppy Z. Brite paru aux Etats-Unis en 2004. Et remettent ainsi dans la lumière un genre trop méconnu, à travers un de ses spécimens les plus drôles et tourbillonnants. Envoyez !

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13 juillet 2008

Saloon, cruel règlement de comptes familial

Comme d’ordinaire, nous démarrons nos critiques de la rentrée littéraire par la découverte d’un nouvel auteur.

2c771ee6ce0f860a3649852bb1f96bda.jpgAvec son premier roman Saloon, la journaliste Aude Walker se classe déjà parmi les bonnes surprises de la rentrée 2008. Avouons-le, ce n’est pas sans une certaine crainte que l’on a plongé dans ce livre, échaudés par une montagne d’ouvrages d’auto-fiction bien peu réussis, qui nous ont provoqué une certaine aversion du genre. Or, Walker arrive à balayer ces doutes dès les premières pages, grâce à une plume acérée, mais suffisamment maîtrisée pour ne pas tomber dans une outrance qui lui serait fatale.

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12 avril 2008

Crocs, grand livre malade

c740657f982678d09c0d7e059ff3f016.jpgDans la course au livre le plus génialement barge de 2008, Peste de Chuck Palahniuk vient de trouver un concurrent sérieux. Avec Crocs, son premier roman, Toby Barlow signe un roman hors du commun. Une histoire complètement folle de guerre de gangs à Los Angeles, dont les membres se révèlent être des créatures passant de l’état d’humain à celui de chien (et inversement), en fonction de leur intérêt. Pourtant, Crocs ne pourrait être qu’un pulp novel de plus si Barlow n’avait pas choisi d’utiliser sur tout le livre une écriture qui oscille sans cesse entre poésie formelle et slam des rues.

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07 avril 2008

Serge Joncour, le transi moderne

02a6cceae0d2309e0ef97601eab3a6ff.jpgIl apparaît toujours la tête hirsute, l’air presque affolé, comme s’il s’était trompé de lieu, d’horaire, de personne. Serge Joncour est pourtant l’auteur de sept livres dont UV, porté à l’écran l’année dernière par Gilles Paquet-Brenner. Lorsqu’il n’écrit pas, et qu’il réintègre le monde, il est généralement vêtu d’un blouson en nylon satiné noir, façon Bombers américain, un petit foulard d’aviateur noué autour de cou pour ne pas attraper froid en cas de courant d’air. Principe de précaution. Le même genre de détail qui se retrouve dans son recueil de nouvelles Combien de fois je t’aime.

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