18 octobre 2007
Arlington park, y’a-t-il une vie derrière la frustration ?
Elles ont de belles maisons dans une banlieue résidentielle anglaise, des enfants, des maris , de belles voitures et un compte en banque raisonnablement garni. Elles travaillent ou pas, mais ont surtout pour point commun une certaine lourdeur. Celle de leurs corps marqués par les grossesses. Celle de leurs âmes à l’aube d’une quarantaine propice aux bilans et aux introspections. Celle de leur esprit enfin qui peine à choisir qui elles sont. Se sont-elles définitivement trahies par rapport à leurs espoirs et leurs rêves de jeunesse ? A quoi peuvent-elles encore croire pour les années à venir ?
On est bien loin de la légèreté à la limite de la vacuité des Desperate housewives ou des angoisses sexuelles de Sex in the city. Ici on est dans la vie au ras de la frustration. Celle qui vous laisse un goût amer dans la bouche et les bras ballants.
Le temps qui passe est la vedette de ce beau livre de Rachel Cusk. Il ne laisse pas indifférent et lève un drôle de miroir qui renvoie le lecteur à ses interrogations. Il y a de belles fulgurances dans la forme, une précision chirurgicale des sentiments sur le fond. On lui reprochera un rien de pessimisme : on n’est pas obligé de subir sa vie. Surtout pas dans les allées bien alignées d’Arlington Park.
Sandra Ferley
« Arlington Park » de Rachel Cusk, Editions de l’Olivier, 280 pages, 21 €
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08 octobre 2007
Modiano : la critique impossible ?
Lorsque certains rares écrivains publient un nouveau livre, leur accueil dithyrambique semble être la moindre des politesses. En France, Patrick Modiano est incontestablement l’un de ceux-là. Depuis quarante ans, le travail de l’auteur ne saurait être qualifié autrement que par superlatifs, à tel point que les rares critiques négatives à son encontre sont immédiatement fustigées. On a assisté à une nouvelle frénésie avec la parution de son nouvel ouvrage, Dans le café de la jeunesse perdue. Un phénomène rendant honteuse la seule réserve opposée au livre.
02 octobre 2007
Jouer avec le feu, la sensibilité au service de la brutalité
Passé relativement inaperçu au cours de la rentrée littéraire, le premier roman de Phil Lamarche n’en est pas moins la promesse d’un auteur à suivre. Dans Jouer avec le feu, le jeune américain de 31 ans fait un portrait sensible de la jeunesse rurale. Son écriture toute en demie-teintes lui permettent de traiter avec justesse un sujet aussi sensible que violent.
17 septembre 2007
Cendrillon, l’écrivain et ses doubles
Soyons honnêtes : personne n’attendait véritablement le quatrième roman de Eric Reinhardt pour cette rentrée littéraire 2007. Ce n’est que sur son texte, qui a commencé à circuler au début de l’été, que le livre s’est fait la réputation mirobolante dont il peut aujourd’hui s’enorgueillir. Et en effet, Cendrillon est certainement la meilleure chose qui soit arrivée à la littérature française depuis longtemps. Il n’est probablement pas le livre le plus maîtrisé, certes. Mais de loin celui qui aura le plus secoué, au propre comme au figuré, tous les codes utilisés par de nombreux auteurs sommeillants.
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09 septembre 2007
Rezarkozy et Bégaudeaubenas partent en bateau…
…les deux tombent à l’eau. Qui reste-t-il ?
Il est des événements édi-toriaux dont on se passerait volontiers. Com-me par exemple lorsque la vie de personnalités pu-bliques quittent le rayon “docu-ments” (souvent dus à des "nègres"), pour investir celui “littérature” sous la plume d’écrivains reconnus. En cette rentrée, la coupe est plus que pleine avec les ouvrages de Yasmina Reza (L’aube le soir ou la nuit) et François Bégaudeau (Fin de l’histoire). Qui traitent respectivement, au cas où vous vivriez sur Mars, de tranches de vie de Nicolas Sarkozy et Florence Aubenas, remasterisées avec un talent inversement proportionnel aux campagnes de promotion des ouvrages.
05 septembre 2007
Mort aux cons, french psycho(n)
Il est des titres qui, en pleine rentrée littéraire, ne passent pas inaperçus. Aux allégations sibyllines et pseudo-profondes choisies par le primo-romancier type, Carl Aderhold aura préféré une invective un poil vulgaire : Mort aux cons. Pourtant, le stratagème marche, et l’on plonge dans le livre, ne serait-ce que par une curiosité vaguement malsaine. Histoire de vérifier que derrière un tel titre se cache la vaste fumisterie soupçonnée. Et l’on se trompe, le livre se révélant être un “vrai” roman.
29 août 2007
Un livre blanc, dans les entrailles de la ville
Un an et demi après le formidable Bandes alternées, Philippe Vasset nous revient avec un nouvel ouvrage court, aux frontières du document, du témoignage, et peut-être de la fiction. Cet auteur, qui regrette dans sa présentation n’avoir pu devenir un agent secret, tente cette fois-ci de faire la lumière sur les zones d’ombre de Paris et sa banlieue. Et prouve, une fois encore, qu’il est en train de construire l’une des œuvres littéraires les plus passionnantes du moment dans notre pays.
16:30 Publié dans Livres , Rentrée littéraire 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Rentrée littéraire 2007, Rentrée littéraire septembre 2007, Un livre blanc, Philippe Vasset, Editions Fayard, critique, review
27 août 2007
Gunzig et Jestaire font du genre
Créer en France une littérature “de genre” moderne et de qualité semble être devenu l’un des objectifs souterrains de certains jeunes écrivains. Ainsi, quelques mois après le décevant Scream test de Grégoire Hervier, les éditions Au diable Vauvert ont le culot de balancer, en pleine rentrée littéraire, deux nouvelles tentatives. 10 000 litres d’horreur pure de Thomas Gunzig et Tourville d’Alex D. Jestaire sont cependant trop inégaux dans leur qualité respective pour y voir déjà les premières pierres d’un réel mouvement.
24 août 2007
Technosmose, captivités en creux
Pour son cinquième ouvrage, Mathieu Terence ose conduire une petite révolution autour d’un sujet maintes et maintes fois traité : la captivité et son négatif, l’évasion. Autour de trois personnages humains et un quatrième technologique (une prison sous terre ultra-sophistiquée), Technosmose fait un magistral pied de nez littéraires aux accros des rebondissements scénaristiques de Prison break !
16:20 Publié dans Livres , Rentrée littéraire 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Rentrée littéraire 2007, Rentrée littéraire septembre 2007, Technosmose, Mathieu Terence, Editions Gallimard, critique, Christophe Greuet
20 août 2007
Alain Fleischer, autoscopie à quatre temps
Juste un an après son auto- biographie par- tielle, L’amant en culottes courtes, que beaucoup considèrent comme son “grand œuvre”, Alain Fleischer nous revient avec deux ouvrages. Bien que très différents, Quelques obscurcissements et L’ascenseur sont peut-être dans leur ensemble l’un des meilleurs autoportraits qu’un écrivain nous ai dévoilé depuis longtemps.











