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14 avril 2009
Edie, une tragédie américaine au temps du pop art
L’exposition Andy Warhol qui se tient actuellement au Grand Palais a sûrement incité les éditions Christian Bourgois à rééditer Edie de Jean Stein et George Plimpton. Paru aux Etats-Unis en 1982 et traduit cinq ans plus tard en France, le livre n’était plus disponible depuis longtemps. Pourtant, cette biographie d’Edie Sedgwick, l’une des figures les plus emblématiques des années pop art est un des livres les plus reconnus sur le sujet, et fait depuis de nombreuses années référence dans le domaine de la biographie.
Née en Californie d’une famille bourgeoise, Edie Sedgwick grandit dans l’ombre d’un père tyrannique, qui provoque indirectement la mort de ses deux frères. A vingt ans, elle débarque à New-York, et se met à fréquenter le milieu de la nuit. Elle croise Warhol, et devient immédiatement la muse de l’artiste. Il décide d’en faire l’une des “superstar” qu’il
affectionne tant. Pourtant, Edie se perd peu à peu dans les amphétamines et les excès en tous genres, mettant son corps superbe sur un piédestal mais détruit son esprit. Edie tourne en 1967 le film Ciao! Manhattan, sa vie devenant la base d’un rôle semi-fictionnel (le film est édite en DVD chez Carlotta Films). Elle quitte l’univers Warhol pour celui de Bob Dylan. Warhol devient alors cruel avec elle, et la supprime peu à peu de son monde. Edie Sedgwik mourra en 1971 d’une overdose.
Cette année-là, Jean Stein est une journaliste reconnue écrivant pour de nombreuses publications. En 1972, elle débute avec l’auteur George Plimpton, journaliste et ami de la famille Sedgwick, la biographie Edie : an american girl. Loin des conventions du genre, Stein choisit d’en faire une “biographie orale”. Elle rencontre plus de 250 témoins ayant approché de près ou de loin Edie. On compte parmi eux John Cage, Truman Capote, de nombreux membres de la famille Sedgwick, et des figures du pop art telles que Jasper Johns ou Roy Lichtenstein.
Le résultat est un formidable kaléidoscope qui, comme l’écrit Norman Mailer, est « l’un des rares livres consacrés aux années soixante qui sache en rendre la fièvre et les passions ». Plus de vingt-cinq ans après sa publication, Edie reste une lecture essentielle.
« Edie » de Jean Stein et George Plimpton, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Durastanti, Editions Christian Bourgois, 450 pages, 20 €.
Découvrez de larges extraits du livre (en anglais) sur Google Books.
Visionnez la bande-annonce de Ciao! Manhattan :
09:00 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : edie, jean stein, george plimpton, editions christian bourgois, andy warhol, culture café























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