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10 avril 2009

Vers la douceur… et l’oubli

vers_la_douceur.jpgYann Moix a du souci à se faire, car François Bégaudeau pourrait bientôt lui voler sa place de plus mauvais écrivain français. Après un Antimanuel de littérature insupportable d’autosuffisance et de moralisme, l’enseignant-pamplétaire-éditeur-scénariste-acteur-chroniqueur-de-télé le plus en vue du moment se rappelle aujourd’hui qu’il fut surtout romancier. Et pas des pires. Mais c’était il y a longtemps et son dernier ouvrage, Vers la douceur, vient nous prouver avec éclat que ces temps de réussite littéraire sont bien révolus.


begaudeau.jpgQuitte à se remettre au roman, autant choisir tout de suite un genre bien rodé. C’est donc dans l’insupportable chronique de célibataire gaffeur vaguement teintée d’auto-fiction que se positionne Vers la douceur. Dès la première ligne, Bégaudeau donne le ton : « A trente-cinq ans, il fut temps que je sois un homme ». Maîtrise parfaite de la syntaxe, de la conjugaison et de la concordance des temps. Et vide abyssal du message. Une phrase qui annonce la consternation des 200 pages qui la suivent, chroniques de trentenaires en désastres amoureux. Le tout teinté d’un humour foireux digne des pires troisièmes mi-temps. Mais le tout en douceur, donc. Il faudra bien s’en contenter.

On referme le livre avec le sentiment d’un gâchis terrible, celui du talent d’un écrivain qui, à l’époque d’Entre les murs (le livre) ou Nous autres était l’un des espoirs des jeunes romanciers français. Et l’on ne peut que constater que l’avant-dernier roman de Bégaudeau, désastreux lui-aussi (mais cela arrive aux meilleurs), renfermait dans son titre la vision prémonitoire de la future carrière de son auteur : Fin de l’histoire.

 

« Vers la douceur » de François Bégaudeau, Editions Verticales/Phase deux, 208 pages, 16,90 €

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