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02 janvier 2009
Le top 10 et bilan cinéma 2008 de Culture Café

2008 aura définitivement été l’année des grands écarts au cinéma. Commencée sur une aberration (comment ne parler du triomphe historique des Ch’tis ?), elle se termine sur la création d’un nouveau phénomène du cinéma d’auteur avec la portée aux nues d’un film de super-héros, The dark knight. Une réaction d’autant plus incompréhensible qu’elle est en grande partie méritée… A cela, on devra ajouter le triomphe international de La môme, qui ramena la France ses premiers Oscars depuis bien longtemps. Et n’oublions pas la Palme d’Or et l’impact hors de nos frontières de ce qui apparaît ici comme un film purement franco-français, interprété par l’auteur du roman duquel il est adapté : Entre les murs.
Pourtant, ces grands écarts nous prouvent que le cinéma est en bonne santé, et encore capable de se réinventer dans la continuité. C’est une excellente nouvelle pour un Art que certains voudraient seulement nous faire croire perdu, à cause de l’augmentation du piratage sur le web dont il est la victime quotidienne…
10. The dark knight / Iron man
Film de Christopher Nolan. Sorti le 13 août.
Film de Jon Favreau. Sorti le 30 avril.
Grande année pour les super-héros au cinéma ! Même si The dark knight est très loin d’être le quatrième meilleur film de tous les temps (comme le prétend le très respecté Top 250 du site IMDB), il n’empêche que la noirceur du film de Christopher Nolan en fait l’un des meilleurs films sur les héros masqués.
A son exact opposé, le Iron man de Jon Favreau est une délicieuse surprise. Très “adulte” lui-aussi quoi qu’il paraisse, le film est rondement mené, habité de doutes tout en présentant des scènes d’action hors pair.
9. Frangins malgré eux / Tonnerre sous les tropiques
Film de Adam McKay. Sorti le 19 novembre.
Film de Ben Stiller. Sorti le 15 octobre.
Difficile également de dissocier les deux comédies les plus hilarantes de l’année, même si elles n’ont connu en France le succès mérité. Avec Frangins malgré eux, le gang de Judd Apatow prouve une fois encore qu’il peut marier avec un bonheur évident comédie régressive et film d’auteur. On ne peur que se plier en quatre face à un tel déferlement de gags, sans perdre de vue que ce Tanguy au carré est un portrait amer de la société, des adultes perdus dans leur enfance et de leurs parents exténués. Et ce malgré un happy-end inévitable pour une comédie.
Pour sa part, Tonnerre sous les tropiques est l’une des meilleures comédies jamais réalisées sur Hollywood et ses coulisses (on pense parfois à la série télé Entourage, mais évitons de comparer ce chef-d’œuvre absolu…). Le trio Black/Stiller/Downey Jr. fonctionne à merveille, sans oublier le caméo top-secret d’un certain Tom Cruise (sûrement l’une des meilleures surprises de l’année). A ne louper aucun prétexte sur iTunes (en téléchargement gratuit), le faux documentaire complément Rain of madness, parodie brillante de Heart of Darkness, qui retraçait le tournage d’Apocalypse now.
8. Speed racer
Film de Larry et Andy Wachowski. Sorti le 18 juin.
Avec pour seul tare d’être le successeur de la saga mythique Matrix, le nouveau film des frères Wachowski n’a pas reçu l’accueil qu’il méritait. Etouffée par la salve des sorties du début d’été, cette adaptation d’une série animée adorée de tous n’en reste pas moins le film le plan hallucinant de l’année sur le plan visuel. Bien sûr, le scénario ne vole pas très haut, mais quelle décharge jouissive d’adrénaline, servie par une mise en scène au poil des scènes d’action !
7. Mesrine
Films de Jean-François Richet. Sortis le 22 octobre et 19 novembre.
Avec La môme, la France donnait le coup d’envoi des “biopics”, si possible en deux volets. Contre toute attente, le diptyque de Richet sur l’ennemi public n°1 domine non seulement le phénomène (pas difficile, vous me direz), mais reste le meilleure proposition du cinéma français cette année. Au-delà de la surprise, provoquée par le marketing agressif mis en œuvre, on se rappelle quand même que la réussite n’est guère étonnante, vu le générique de haut vol du projet.
6. Wall-E
Film de Andrew Stanton. Sorti le 30 juillet.
Troisième long-métrage de Stanton après 1000 pattes et surtout Le monde de Nemo, Wall-E s’inscrit dans une tradition désormais bien établie : les films de Pixar sont géniaux. On a beau attendre, avec une certaine cruauté, que le studio se plante, ce n’était pas encore pour cette fois. Toujours bourré de références cinématographiques et d’idées hors du commun (inutile de reparler de la sublime première demie-heure, quasiment muette), Wall-E se classe naturellement au rang des meilleurs parmi les meilleurs en 2008.
5. Il divo
Film de Paolo Sorrentino. Sorti le 31 décembre.
Eclipsé par le succès de son compatriote Gomorra, Il divo n’en demeure pas moins le meilleur des deux films italiens les plus médiatisés de l’année. Avec un brio digne des plus grands, Sorrentino brosse près d’un demi-siècle d’histoire politique, à travers le destin du premier ministre Giulio Andreotti. La mise en scène est proche du lyrisme, transportant le spectateur entre les époques et les manigances avec une fluidité impressionnante. Une question quand même, au distributeur StudioCanal : pourquoi sortir un film d’une telle qualité le 31 décembre, alors que tout le monde a autre chose à faire qu’aller au cinéma ??
4. No country for old men
Film de Joel et Ethan Coen. Sorti le 23 janvier.
Transformer un film de genre en une symphonie magnifique sur la noirceur du monde d’aujourd’hui est devenu une habitude chez les frères Coen. Le trio Tommy Lee Jones/Javier Bardem/Josh Brolin porte avec une mélancolie géniale cette fresque brutale et néanmoins jouissive. Un des films majeurs de l’année.
Notre critique : « No country for old men fait partie de ses très rares films qui semblent avoir trouvé une adéquation parfaite entre réalisateurs, scénario et casting. Qui mieux que les frères Coen aurait pu adapter un roman aussi violent et mélancolique que celui de Cormac McCarthy ? Probablement personne, tant les deux frères sont ici à leur aise dans ce Texas ultraviolent qu'ils avaient dépeint lors de leur premier film, Sang pour sang. (…) » Lire la suite
3. A bord du Darjeeling Limited
Film de Wes Anderson. Sorti le 19 mars.
On découvrira en 2009 que l’Inde est désormais une destination privilégiée des réalisateurs anglo-saxons. Avec toujours un temps d’avance sur ses confrères, Wes Anderson profite du voyage pour réinventer une nouvelle fois le thème leitmotiv de son œuvre : la crise familiale en territoire inconnu. A bord du Darjeeling Limiited réussit l’impossible : surpasser La vie aquatique, que l’on a longtemps présenté comme un chef d’œuvre définitif d’Anderson.
Notre critique : « Wes Anderson, c’est un univers tout à fait baroque. L’Inde, que le cinéaste a eu envie de filmer après avoir découvert Le fleuve de Jean Renoir, offre un décor naturel en parfaite harmonie avec les images bigarrés chères au réalisateur. (…) »
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2. There will be blood
Film de Paul Thomas Anderson. Sorti le 27 février.
Avec cette époque de 2 heures 40, Paul Thomas Anderson signe le film qui manquait à son œuvre quasi-parfaite : le grand film américain par excellence, celui qui entre directement dans les dictionnaires de cinéma. Inspiré du roman rare de Upton Sinclair, le film offre une reconstitution gigantesque de la conquête du pétrole aux Etats-Unis, avec en tête un Daniel Day-Lewis en tycoon despotique et mégalomane. De nombreuses scènes restent encore gravées dans notre mémoire, à l’image de celles des plus grands chefs d’œuvre venus de chez l’oncle Sam.
1. Redacted
Film de Brian De Palma. Sorti le 20 février.
Après avoir révolutionné le domaine des effets spéciaux, le numérique fait son entrée dans la conception même d’un film. Cela crée de fait un genre, surnommé le “cinéma YouTube”, dans lequel réalisateurs s’emparent de l’esthétique des vidéos partagées en ligne pour créer des films entièrement nouveaux (on citera bien sûr Cloverfield et, à un degré de résiste bien moindre, Dairy of the dead). A peine créé, ce nouveau cinéma trouve son premier chef-d’œuvre sous l’œil de Brian De Palma. Le réalisateur s’empare de cette nouvelle grammaire cinématographique pour livrer une version passionnante de la guerre en Irak, mêlant reconstitution avec des images réelles filmées par les soldats, trouvées sur le net. Avec une force visuelle impressionnante, De Palma réinvente tout simplement le film de guerre. Il y aura tout simplement un avant et un après Redacted.
Notre critique : « De Palma a choisi de mettre en scène « une histoire fictive inspirée de faits réels ». Se basant sur une multitude de documents visuels existants, pour la plupart puisés sur Internet, il a recréé avec brio la tonalité de chacune des visions de la guerre, et choisi des acteurs inconnus pour interpréter les protagonistes. En véritable sorcier de l’image, il mêle ces centaines d’heures visionnées avec un brio inédit, dans un montage frénétique parfaitement cohérent avec le propos, enchaînant les reportages à un rythme parfois difficilement supportable pour le spectateur. » Lire la suite
Le bottom 3 de 2008
1. Teeth
Film de Mitchell Lichtenstein. Sorti le 7 mai.
On cherche encore les raisons du succès critique de ce film, dans lequel une adolescente fière de sa chasteté découvre que son sexe a des dents. Aucun humour, aucune frayeur, aucun intérêt artistique ne se dégage de ce film insipide, dont la vision fait moins d’effet qu’un verre d’eau.
2. Glory to the filmmaker !
Film de Takeshi Kitano. Sorti le 16 juillet.
Heureusement, seule une poignée de spectateurs a eu à subir en plein été ce film incompréhensible et débilitant signé par le pourtant talentueux Kitano. Même en le prenant au millième degré, on ne décèle toujours pas le but recherché par le “filmmaker” du titre.
3. Phénomènes
Film de Might M. Shymalan. Sorti le 11 juin.
A-t-on définitivement perdu Shyamalan ? La question se pose sérieusement après avoir vu Phénomènes, au titre malheureux s’il en est un. Deux ans après La jeune fille de l’eau (un sommet de la nullité au cinéma), ce nouveau long métrage est une nouvelle preuve du déclin subi par le réalisateur du Sixième sens.
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13:13 Publié dans Cinéma, Top 10 2008 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : top 10 2008, culture café
























Commentaires
Ah, "La môme", un beau film et un Oscar bien mérité !
J' aime beaucoup les chansons d' Édith Piaf, le film lui rend hommage.
Bien amicalement
Olivia-Eva
Ecrit par : Olivia-Eva | 03 janvier 2009
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