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30 août 2008
New wave, du film de Gaël Morel au livre d’Ariel Kenig
S’il est de plus en plus fréquent qu’un livre donne naissance à un film, il est plus rare qu’un scénario se transforme en livre. C’est pourtant le chemin suivi par le film de Gaël Morel, New Wave (sur Arte le 19 septembre), adapté à l’écrit par l’écrivain Ariel Kenig, sur une idée originale de l’éditeur Guillaume Robert, de chez Flammarion.
Le roman, paru le 27 août, met en scène deux adolescents que tout oppose et qui vont pourtant nouer une amitié extraordinaire. Romain est punk, il vit dans un pavillon, choyé par une mère qui le porte aux nues (jouée par Béatrice Dalle qui prête toute son ambiguïté et son charme vénéneux au
personnage – photo ci-contre), et un frère aîné adoré et sublimé. Eric, lui, est le benjamin d’une fratrie pauvre de quatre enfants : rêveur malheureux, plus renfermé que réellement timide, il est la cible de moqueries à l’école. Lorsque Romain débarque au collège avec ses cheveux en crête, ses yeux maquillés et son perfecto noir, Eric, le fils d’agriculteur, est subjugué. Un coup de foudre qui a pour nom : The Cure, the New Order et Dépêche Mode, car les deux ados vouent une passion commune à la musique New wave.
Gaël Morel a voulu faire un « film de chambre », pour décrire cette époque étrange qu’est l’adolescence où le monde se résume à cette pièce. Sous la plume d’Ariel Kenig, ce scénario, qui est sûrement le plus autobiographique du réalisateur, ressuscite un attachement ayant la même dimension qu’un premier amour. Une ode à l’adolescence, qui est aussi un triangle amoureux et incestueux entre une mère, un fils et son meilleur ami.

Nathalie Six
« New Wave » d’Ariel Kenig et Gaël Morel, Editions Flammarion, 192 pages, 16 €.
La première page de New wave
1.
La porte claqua comme un soulagement. Les murs et les ressorts de son matelas tremblaient encore, mais Éric avait eu le bon réflexe : il s'était esquivé juste à temps. Son corps ne garderait pas trace de la dispute. Dans sa chambre, la mort suspendait toute menace.
A l'autre bout de la maison, Michel, le père du jeune adolescent, se servit un dernier verre et reprit son jeu de cartes en main. Le calme réinvestit la demeure. Tandis que son coeur ralentissait, Éric pensa qu'au pire, la colère de son père ne serait bientôt plus qu'un mauvais souvenir parmi d'autres, tout aussi cruels, quand Nathalie se libéra de ses draps.
- T'es folle ou quoi ? gronda Eric.
Le garçon ralluma sa lampe de chevet, ce qui rudoya les yeux clairs de la petite fille et la retint momentanément de se lever. :
- Rendors-toi maintenant !
Nathalie ne protesta pas. Tout juste hésita-t-elle, après une minute de silence :
- Dis...
- Quoi ?
- Pourquoi tu dors habillé ? demanda Nathalie.
- Occupe-toi de tes affaires !
Éric éteignit la lumière, après quoi sa soeur se plaignit qu'on ne lui expliquait jamais rien et prétexta qu'elle ne s'était pas lavé les dents.
En vérité, elle souhaitait quitter cette chambre trop nerveuse pour qu'on y dorme.
Éric lui ordonna de ne pas bouger, de ne plus parler, de ne pas pleurer, et peut-être, même, de ne plus respirer. C'est le meilleur moyen d'échapper aux loups, la prévint-il.© Editions Flammarion, 2008
11:45 Publié dans Livres, Rentrée littéraire 2008, Télévision | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Rentrée littéraire 2008, Rentrée littéraire septembre 2008, New wave, Ariel Kenig, Gaël Morel, Editions Flammarion, critique























Commentaires
j'ai du mal à imaginer le processus ayant abouti à ce livre.
a-t-il été écrit à partir du scénario ou de la vision du film ?
Ecrit par : Ema ou La bienveillante | 30 août 2008
Tout à fait. Gaël Morel avait déjà écrit le scénario et commencé l'aventure du tournage quand il a rencontré l'éditeur Guillaume Robert qui a pensé à lui faire rencontrer Ariel Kenig. La (jolie) version voudrait que Gaël Morel avait justement lu le dernier livre de Kenig "Quitter la France" qu'il avat adoré. Comme le monde est bien fait, ils ont pu travailler ensemble sans aucun souci.
Ecrit par : N. | 01 septembre 2008
Effectivement, ce processus est assez original. Bien vu ! de plus le scénar est bon. Bonne news et un blog culturel à ne pas manquer de toute évidence...
Ecrit par : Le Pantin | 02 septembre 2008
très intéressant tout cela... cela me donne envie de lire le livre aussi... quelqu'un l'a t-il lu... vos avis
merci
christo of bordo
Ecrit par : christo | 04 septembre 2008
Je l'ai lu, et il est bon !
Ecrit par : carochet | 04 septembre 2008
J'ai lu "New Wave " aussi et j'ai trouvé l'écriture d'Ariel Kenig d'une clarté, d'une sobriété et d'une élégance rare.
Un des bons romans de cette rentrée littéraire.
Ecrit par : laurent | 07 septembre 2008
j aimerais connaitre la chanson par laquelle débute ce film, (Romain la chante dans sa chambre)
merci.
Ecrit par : Help | 14 octobre 2008
La B.O du film est réalisée par Dirty Fields, un groupe de rock parisien; en effet acheter les droits pour passer les musiques de the cure ou the smith aurait été trop couteux, c'est pourquoi Gaël Morel à fait appel à ces talentueux musiciens. Tu peux trouver leur page sur Myspace, et le titre que tu recherches est certainement Nothing Gold Can Stay ;)
Ecrit par : Audrey | 15 octobre 2008
Ce film était génial j'ai adoré et en plus de ça il a été tourné à mon collège ! =)
Ecrit par : Dana | 11 décembre 2008
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