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20 mai 2008

Culture Café à Cannes 2008

C’est officiel : le festival de Cannes a perdu cette année le peu qui lui restait du statut de “grande fête du cinéma”. Dès la veille de l’ouverture, le ton avait été donné dans les magazines professionnels : l’édition 2008 promettait d’être un enfer pour les festivaliers. Sur place, on a pu vérifier que la vérité était encore au delà des pires craintes : jamais le festival n’aura autant cloisonné ces différentes sections (sélection, marché du film, manifestations pour cinéphiles). Une sécurité digne des événements les plus sensibles, avec cerbères parfois accompagnés de chiens, écartait autant importuns que les professionnels se rendent à un rendez-vous, sans avoir vérifié qu’ils appartenaient à la bonne caste pour y entrer.


A l’origine de cela, une seule règle dictée par les organisateurs : des restrictions sans précédent sur les autorisations ouvertes par les différentes accréditions. Comme toujours, plusieurs couleurs étaient associées selon le rôle de chacun (presse, professionnels, VIP, etc). Seuls les badges blancs ouvrent encore toutes les portes, mais de moins en moins de monde peut en accrocher une à son cou. Tous les autres ont un jour ou l’autre butté sur un garde rappelant à chacun ses devoirs, les priant de rester dehors.
Le service des accréditions s’était barricadé derrière une raison officielle : l’an dernier, le soixantième anniversaire du festival avait fait exploser les demandes d’accréditions, justifiant ces mesures. La presse fut comme souvent la première touchée après le cinéphile. Les petits médias furent écartés en premier, à l’image des sites web qui furent interdits d’accès aux lieux du marché. Pas question donc e675646cedea4ad36d49f155e403b0ea.jpgd’accéder au palais et certains palaces associés, Majestic en tête (photo ci-contre). Pas question non plus pour les cinéphiles éclairés de partir en quête de futurs chefs-d’œuvre, comme c’était le cas les années précédentes. Au point de jeter le discrédit, souvent à tort, sur les sociétés domiciliées en ces forteresses, qui pouvaient bien avoir quelque chose à cacher…
Heureusement, de nombreuses sociétés prévoyantes avaient préféré fuir ces lieux exposés pour s’installer dans des appartements privés, libres de toute contrainte. Quitte à sacrifier la précieuse façade sur la Croisette pour privilégier des rues plus retirées… Parmi elles, on citera plusieurs majors aisées, dont les nouveaux “monstres“ américains de l’international Mandate (qui vendait les prochains Sam Raimi et Terry Gilliam) et QED (qui présentait la bio de Bush par Oliver Stone), ou le nouvel entrant le plus regardé de l’industrie française, Kinology, dont le catalogue présente les futurs film de Kassovitz, Gans ou la bio de Coluche. Des entreprises auxquelles s’ajoutent Gaumont, Celluloïd dreams, EuropaCorp, Wild Bunch, et d’innombrables indépendants…
En bref, ce fut un festival maussade. Un peu à l’image du clown triste sur l’affiche du prochain film de Karl Zero (photo ci-dessus), que son producteur Luc Besson avait pertinemment dévoilé sur la Croisette…

Christophe Greuet

Photos © Christophe Greuet, 2008
Reproduction interdite


Commentaires

C'est malheureusement un trait général de la société où le mixage des règles du business et des préoccupations de sécurité tuent le coté festif des évènements d'une certaine importance. Heureusemet dans la région il reste de vraies fêtes comme la fête de la Cerise à Transe en Minervois où je me suis rendu dimanche dernier , mais il est vrai que l'on aucune chance d'y croiser Angelina Jolie, Harrison Ford ou Clint Eastwood

Ecrit par : ulysse | 20 mai 2008

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