« A bord du Darjeeling Limited, folle échappée au cœur de l’Inde Page d'accueil | Warhol spirit, nouveau regard vers un artiste surmédiatisé »

25 mars 2008

Bienvenue chez les gangsters

Si, en 2007, le cinéma français de genre avait fait la part belle à la science-fiction, le film de gangsters sera, incontestablement, le genre à l’honneur en 2008. Revenue timidement l’an dernier avec Le deuxième souffle d’Alain Corneau, la figure du gangster, ainsi que de l’escroc, devrait néanmoins connaître le succès cette année. Le 26 mars, le second long métrage de Samuel Benchétrit, J’ai toujours rêvé d’être un gangster, inaugurera une vague d’au moins six films à sortir courant 2008 et début 2009.


d0a140a9ceb0e18e1bf856f251420fc6.jpgLes hasards du calendrier font que cette vague commence par un long métrage très peu conventionnel. J'ai toujours rêvé d'être un gangster est l'un des rares OVNI du cinéma français : par son genre inattendu (une comédie prenant pou anti-héros des bras cassés), son noir et blanc, sa construction en sketches mais, surtout, son casting interlope, qui fait côtoyer une top-modèle (Anna Mouglalis), des chanteurs à forte personnalité (Arno et Alain Bashung), et des "gueules" du cinéma français (Jean Rochefort, Jean-Pierre Kalfon, Edouard Baer). Pourtant, ce film est la réponse d'une véritable passion du réalisateur, Samuel Benchétrit, pour les films de gangsters. « Adolescent, je regardais beaucoup de films de voyous avec mes copains en banlieue. Nous aimions les films de gangster et les plus violents possibles. Nous voulions des histoires de gang, de règlements de compte, de vengeance » explique le réalisateur. Au point d'emprunter la première phrase de son film (« Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être un gangster ») aux célèbres Affranchis de Scorsese.
3f6d3d6496d1eaf2d59886cb7aa6bf8c.jpgLe 16 avril, c’est au tour de Jean-Paul Rouve de se glisser dans la peau d’un des plus grands gangsters du XXème siècle : Albert Spaggiari. Afin de narrer la vie incroyable de l’auteur du “casse de Nice”, Rouve s’est transformé en réalisateur. Sans arme, ni haine, ni violence (formule inspirée du message laissé par Spaggiairi aux policiers sur les coffres de la banque niçoise) promet, à l’instar du Benchétrit, de ne pas livrer un portrait traditionnel du gangster. Là encore, Rouve a choisi la comédie, tendre cette fois, pour dépeindre les deux visages d’un homme qui, s’il est pour les Français un bandit activement recherché, s’est transformé en Amérique du Sud, où il s’est enfui, en un homme généreux, fauché, et attristé de ne pas pouvoir profiter de sa gloire soudaine.
c88a59d7b15822581abdbe28c9d410c0.jpgMais bien entendu, il faudra attendre la fin de l’année (le 22 octobre précisément) pour découvrir le premier volet du film à l’origine probable de cet engouement soudain : l’adaptation au cinéma des deux tomes des mémoires de Mesrine. Après une valse des producteurs, de nombreux changements de casting et de réalisateur, c’est finalement le trio Thomas Langmann/Jean-François Richet/Vincent Cassel qui a l’honneur (et la charge) de porter à l’écran L’instinct de mort et L’ennemi public n°1 (qui sortira le 1er mars 2009). On attend avec grande impatience ces deux films, pour l’instant frappés du sceau “Top secret”.
Dans la famille du gangster, il ne faudra pas non plus oublier de demander l’arnaqueur cette année. Dans le style, on passera rapidement sur Ca$h (sortie le 23 avril), nouvelle comédie avec Jean Dujardin dont le réalisateur semble avoir trop vu la série des Ocean’s 11. Il est encore un peu tôt pour présumer de la qualité du Caméléon, nouveau film de Jean-Paul Salomé. Marc-André Grondin, découvert dans l’excellent C.R.A.Z.Y., y campe Frédéric Bourdin, un jeune délinquant qui s’est fait passer pour Nicolas Barclay, un adolescent de treize ans disparu, auprès des parents de celui-ci. Enfin, on misera beaucoup, même si son tournage ne débutera que dans plusieurs mois, sur A.K.A. de l’excellent Florent-Emilio Siri (L’ennemi intime), dans lequel Benoît Magimel devrait incarner le très médiatique Christophe Rocancourt.

20:01 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : J'ai toujours rêvé d'être un gangster, Sas arme ni haine ni violence, L’instinct de mort, L’ennemi public n°1, Culture Café

Commentaires

il est vrai que le genre "polar" a donné des chefs d'oeuvre du cinéma notamment des films comme le Faucon maltais , l'ultime razzia , le cercle rouge et tant d'autres

Ecrit par : ulysse | 26 mars 2008

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.