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15 février 2008

Ils n’ont plus peur(s) de l’animation

Etienne Robial, le légendaire graphiste responsable de l’habillage de Canal +, enchaîne les projets artistiques depuis qu’il a quitté le monde télévisuel en 2004. C’est à lui qu’a fait appel Prima Linéa Productions (heureux responsable des films animés U et Loulou et autres loups) pour diriger le projet Peur(s) du noir. Le principe est simple : six dessinateurs s’essayent à l’exercice du court-métrage animé en noir et blanc. Au final, un résultat graphique brillant, soutenu par des scénarios bien ficelés.


4856d12ec4c282a22757a3a147dda7c2.jpgEn compétition officielle des festivals de Sundance et Gerardmer 2008, le projet avait de quoi intriguer. Certains participants sont issus du monde de la bande-dessinée, à l’image des très recommandables Blutch (un des piliers de Fluide Glacial) ou Richard McGuire (auteur de Orange Book et caricaturiste récurrent du New Yorker). D’autres viennent de la publicité comme Marie Caillou, très influencée par le manga.
Le projet n’est pas tant inégal. Chaque court-métrage a ses spécificités, son genre, son style particulier. Les techniques varient aussi : Lorenzo Mattotti nous livre une animation assez traditionnelle, utilisant crayon et fusain. Marie Caillou use et abuse de l’outil informatique, et son film typé manga ressemble à une animation flash.
Malgré cette multiplicité, le thème du soft permet d’unir ces six chefs d’œuvre : la peur viscérale du noir, qui nous habitait dans l’enfance, qui nous préoccupe toujours quand nous éteignons notre lampe de chevet.
fa2af8bac07a7ffb6a85c8b14fe16109.jpgSi Richard McGuire nous plonge dans l’Angoisse absolue de l’obscurité (l’histoire d’un homme qui explore une maison hantée en pleine nuit), les autres films ne tendent pas forcément vers le suspense. Charles Burns, grand dessinateur de strip-comics dans les années 80, nous entraîne dans une histoire de monstres extraterrestre, métaphore du malaise de la solitude. Avec un graphisme inspiré de Daniel Buren, Pierre di Sciullo dissèque par l’abstrait nos angoisses quotidiennes : sur la voix fébrile de Nicole Garcia, il joue avec des formes irrationnelles.
On peut décrocher… Mais le projet se veut complet. Il y a pour tous les goûts , et chacun finit par retrouver un peu de ses terreurs enfantines dans Peur(s) du noir.


Gaël Vaillant

Film à sketches de Etienne Robial, Blutch, Marie Caillou, Pierre Di Scullo, Lorenzo Mattotti, Richard McGuire, avec les voix de Aure Atika, Arthur H., François Creton…

Visionnez la bande-annonce :

Commentaires

un univers que je découvre mais qui me semble passionnant

Ecrit par : ulysse | 17 février 2008

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