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04 février 2008
Un producteur célèbre, deux scénaristes, une comédie étonnante

Un génie, deux associés, une cloche est l’un des derniers fleurons du western parodique italien. Le film étonne par son intrigue, plutôt complexe, mais aussi par son casting hétéroclite. S’il passait souvent à la télévision dans les années 90, cette oeuvre, indispensable à tout fan de Terence Hill, reste aujourd’hui éclipsée par les succès de Mon nom est personne ou de la série des « Trinita ».
Avec plus de 500 films tournés en à peine dix ans le « western spaghetti » fut le fleuron d’un cinéma italien déjà en perte de vitesse. Les années 70 voient décliner le genre, abandonné par les grands acteurs (Clint Eastwood ou James Coburn privilégient des carrières plus hollywoodiennes). Deux trublions italiens arrivent alors à la rescousse des producteurs : avec Terence Hill et Bud Spencer, les films deviennent plus familiaux, moins sérieux. Après le succès de la série des « Trinita » (à partir de 1967), le public devient demandeur de ces westerns comiques et parodiques.
Ernesto Gastaldi, un auteur prolifique (la série des « Django » et l’un des auteurs d’Il était une fois l’Amérique de Sergio Leone), signe à son tour un scénario de comédie : Un génie, deux associés, une cloche. Il fait appel au brillant Fulvio Morsella (Et pour quelques dollars de plus, Mon nom est personne) pour affiner l’histoire. Le script mise son intrigue riche en rebondissements : les richesses des Apaches sont spoliées par des tuniques bleues sans scrupules. Le bandit Joe Mercy voit là l’occasion de voler plus cupide que lui. Il fait alors appel à son compagnon métis, Locomotive Bill, et son amie, la naïve Lucy. Ils élaborent tous les trois un plan complexe pour récupérer le butin.
Grâce à Sergio Leone, la mise en scène est confiée Damiano Damiani. Un réalisateur qui n’est pas inconnu : habitué des festivals, son film La mafia fait la loi, avec Claudia Cardinale, a remporté l’ours d’argent en 1968 (il a eu l’ours d’or en 1985 pour Pizza Connection). Pour attirer le public en salles, des acteurs de choix sont réunis : Terence Hill obtient très logiquement le rôle principal. Mais le reste du casting étonne.
Miou-Miou joue la fluette Lucy, figure anti-féministe d’un western assez macho. A cause d’un rôle très stéréotypé, sa prestation ne marque pas les mémoires. En revanche, Robert
Charlebois (c’est bien la star de la chanson populaire francophone des années 70 !) épate en Locomotive Bill, métis excessif et bouffon. Parmi les seconds rôles, il faut noter la présence de Klaus Kinski, habitué des westerns spaghetti, qui se ridiculise en tireur raté, pour le plaisir de nos zygomatiques.
Outre ce casting hasardeux (mais réussi), Un génie, deux associés, une cloche parvient à associer la parodie aux codes du western instaurés par Sergio Leone : direction d’acteurs très travaillée, quelques longs plans séquences (dont la première scène filmée par Leone lui-même), des scènes d’actions comiques, la musique de l’indispensable Ennio Morricone en fond sonore... Et même s’il se limite à la comédie, le film parvient à remplir sa mission : un divertissement rempli de gueules d’acteurs, prêtes à tout pour nous sortir de la morosité. Un spectacle bon enfant qui se noie dans la masse des « western spaghetti » mais qui fut le plus grand succès de l’année 1975 en Italie.
Gaël Vaillant
Un film de Damiano Damiani avec Terence Hill, Miou-Miou, Robert Charlebois, Klaus Kinski.
Visionnez la première scène du film :
17:51 Publié dans Lost cinema | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Un génie deux associés une cloche, Damiano Damiani, Terence Hill, critique, review, Gaël Vaillant, Culture Café






















Commentaires
Il existe une histoire assez étonnante au sujet de ce film: une partie des bobines a été dérobée avant le montage final (si j'ai bien compris) et n'a jamais retrouvée. Il a donc fallu se débrouiller avec ce qui restait et compléter avec des chutes...
Ecrit par : Stéphane Laurent | 06 février 2008
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