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21 novembre 2007

A Hollywood, les scénaristes en grève ouvrent la route au cinéma indépendant


La grève des scénaristes américains vient d’avoir une influence inattendue sur le cinéma indépendant. En effet, le mouvement de ces derniers, réclamant des droits d’auteurs sur les films qu’ils écrivent, met en péril une bonne partie du monde de l’audiovisuel et du cinéma. Après l’arrêt des tournages de la quasi-totalité des séries TV en cours, la pénurie de scénarios risque aujourd’hui de diminuer de manière significative le nombre de films à sortir l’an prochain outre-atlantique. Ainsi est né ces derniers jours un véritable rush des grands studios vers les films attendus pour le festival de Sundance 2008 (du 17 au 27 janvier prochains), qui annoncera sa sélection la semaine prochaine.


Bien sûr, le festival de Sundance, créé en 1981 par Robert Redford, attire chaque année les distributeurs en quête de “sang frais” à ajouter à leurs films de l’année (nous vous en parlions l’an dernier sur cette page). Mais jusqu’à aujourd’hui, seuls les indépendants, ou les filiales “arthouse” des majors entraient dans la danse des enchères aux droits. Des sommes astronomiques étaient ainsi payées aux producteurs, même si les studios ne savent souvent pas que faire de leurs achats ! L’an dernier, Paramount Vantage avait déboursé la somme record de huit millions de dollars pour les droits mondiaux de la comédie Son of Rambow. On attend depuis le simple annonce d’une date de sortie…
9fda61b0e26b57e5fd8f23ab4f075f44.jpgLa donne cette année est radicalement différente, car les plannings de sorties 2008 risquent d’être nettement moins chargés qu’en 2007 ! Hier dans le Hollywood Reporter, un cadre supérieur d’un grand studio déclarait : « Il y a beaucoup de films anglophones interprétés par des stars prévus cette année [à Sundance]. Et cela signifie que les enchères cette année n’auront pas seulement lieu entre indépendants, mais que les studios vont aussi donner de la voix ! ». Ainsi, les cadres des majors hollywoodiennes font déjà leurs bagages en direction des rues enneigées de Park City (Utah, photo ci-contre), pour y faire leurs emplettes en pellicule.
Mais bien entendu, ce sont d’abord et avant tout les films avec des têtes d’affiches qui seront courtisés, afin de remplacer avec un minimum d’efficacité les blockbusters potentiellement absents à l’appel. En tête des “wish lists” se trouvent ainsi trois longs métrages : The Great Buck Howard, écrit et réalisé par Sean McGinly dans lequel Tom Hanks s’oppose à son fils (Colin Hanks, fils de l’acteur) qui souhaite prendre la place d’un célèbre illusionniste sur le déclin (John Malkovich) ; What just happened ?, une comédie satirique de Barry Levinson dans laquelle Robert de Niro est un producteur hollywoodien perdu entre les desiderata multiples des protagonistes d’un film (Bruce Willis et Sean Penn jouent leurs propres rôles) ; enfin, on comptera sur Phoebe in Wonderland, une comédie familiale dans laquelle une petite fille (Elle Fanning, vue dans Babel) s’échappe des contraintes du quotidien via un monde imaginaire, y étant incitée par sa mère (Felicity Huffman, la Lynette des Desperate housewives).
be8f6d4f61bc18ee8fc426448ac70287.jpgToutefois, les grosses pointures ne feront pas le bonheur de tous, et des surprises à petit budget devraient aussi tirer leur épingle de ce jeu de gros sous. La preuve ? Focus Features, filiale de Universal, a d’ores et déjà acquis In Bruges, qui fera l’ouverture de Sundance 2008 (photo ci-contre). Colin Farrell et Brendan Gleeson interprètent dans cette comédie noire deux tueurs à gages anglais qui, en vacances en Belgique flamande, vont avoir maille à partir avec la mafia locale. Et les premières rumeurs affirment déjà que le film n’est pas exactement dans les codes politiquement corrects acceptés d’ordinaire par les superproductions américaines…

Commentaires

Oui mais si la grosse machine hollywoodienne commence à se tourner vers le cinema indépendant (ou en tous cas, celui représenté à Sundance), n'est-ce pas la fin de la liberté de celui-ci ?

Ecrit par : Kebina | 21 novembre 2007

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