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05 novembre 2007

Les laborieuses surprises des Goncourt et Renaudot 2007

Désormais, la surprise est éventée : Alabama Song de Gilles Leroy a obtenu le Goncourt 2007 tandis que Chagrin d’école de Daniel Pennac s’est vu attribuer le Renaudot. Gallimard rafle donc cette année les deux principales récompenses littéraires, puisque la maison édite Pennac, et que le Mercure de France qui édite Leroy en est une filiale à 100%. Les deux prix, toutefois, ont pris de court la profession : Leroy était loin d’être favori, et Pennac n’était même pas sur la liste du Renaudot ! Mais il faut toutefois nuancer cet enthousiasme, les deux prix ayant été remis après moult tergiversations…


8c1eda8f4f4db69f5ef11bcc514d89e0.jpgLeroy était loin d’être favori au Goncourt, donc, bien que son nom soit quelquefois apparu dans la liste des gagnants possibles, loin derrière cependant Claudel et Adam. Selon l’AFP, il aura fallu pas moins de quatorze tours pour départager Alabama song et A l’abri de rien. Le choix final s’est fait à quatre voix pour Leroy contre deux pour Adam. Le récit du destin tragique de Zelda Fitzgerald, épouse méconnue et sacrifiée de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald, a donc été préféré au poignant texte d’Adam sur une femme donnant sa vie pour les sans-abris (notons au passage qu’avec ces deux finalistes, les jurés du Goncourt ont encore montré leur grand sens du comique…). Mais si la victoire de Leroy a été plus calomnieuse que celle de Littell l’an dernier (couronné dès le premier tour), elle aura aussi été plus modeste. Présent lors de la remise du prix, l’écrivain a déclaré avoir été hier « encore dans mon jardin, en train de planter des arbres » et reconnu que c’était « peut-être (aussi) pour penser à autre chose ». Enfin, l’auteur a dédicacé son prix à l’héroïne de son roman : « Ce prix, c'est aussi pour elle, qui a été sacrifiée, pas reconnue à son juste talent ».
90ad6a68a8775f1d3ab6dabca496b443.jpgLes jurés Renaudot auront été aussi indécis que leurs confrères, puisqu’il aura fallu dix tours pour que Daniel Pennac remporte le prix avec six voix contre cinq pour Un roi sans lendemain de Christophe Donner (bien présent dans la dernière liste, lui). En attribuant le prix à un roman qu’ils n’avaient pas préalablement sélectionné, les jurés Renaudot ont renouvelé leur coup d’éclat de 2004, où ils avaient couronné à titre posthume Irène Némirovsky, décédée en 1942 à Auschwitz, pour son roman Suite française. Le livre ne faisait pas non plus partie de la dernière liste du prix, mais est-ce, au final, bien important ?
Plus curieux par contre est la volonté des jurés d’être allés vers un grand succès de librairie édité par une énorme maison (au contraire de l’exemple de Suite française, sur lequel le prix avait véritablement jeté la lumière). Nous nous étions étonné ici-même d’une certaine audace de la dernière liste, qui faisait la part belle à des livres peu médiatisés (dont le Leroy). Ne pas pousser la logique jusqu’au bout est donc décevant d’un prix aussi prestigieux, d’autant que Chagrin d’école est arrivé gagnant face au livre de Christophe Donner, qui des cinq finalistes était le moins “anonyme”.
La grande valse des prix a donc commencé en fanfare, et l’on attend avec impatience le second mouvement. Lundi 12 novembre seront remis le Fémina et le Médicis, tandis que l’Interallié sera dévoilé le lendemain, fermant ainsi la danse…

Photo d’ouverture : Didier Decoin et André Brincourt annoncent, respectivement, les prix Goncourt et Renaudot 2007 au restaurant Drouant. - Photos : © DR

Commentaires

C'est de la merde tout leur boxon. Lance-flammes direct. Une seule règle, ne jamais sortir en septembre, pour dire fuck à tous ces cons.

Ecrit par : christophe paviot | 05 novembre 2007

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