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31 octobre 2007

Max Monnehay de retour… dans Playboy

Un an après son premier roman Corpus Christine, la star des jeunes auteurs françaises fait un retour littéraire pour le moins inattendu. Max Monnehay vient en effet de publier une nouvelle érotique dans le dernier numéro du magazine Playboy, sorti hier dans les kiosques. Une aventure pour le moins surprenante pour une jeune écrivain, qui ne cède cependant rien sur la qualité littéraire du texte.


Intitulée La petite mort de Dieu, la nouvelle est le long monologue d’une jeune femme qui trouve son bonheur en se masturbant sous les tables des restaurants enfumés. De sa jouissance, elle retire une puissance telle qu’elle trouve les ressources pour persuader chacun autour de la table de se rallier à son avis. Mais la jeune femme perçoit très rapidement la terrible solitude de sa masturbation. Jusqu’au jour où elle rencontre son double…
fff23a5e053296d410b06ec3ac154144.jpgLe style saccadé et percutant qui a fait la notoriété de Max Monnehay est toujours bien présent, tout comme la teneur extrême des actes exposés. Toutefois, La petite mort de Dieu permet à l’auteur de projeter son personnage principal dans un univers narratif radicalement opposé à celui de Corpus Christine. Si ce roman suintait la souffrance à toutes les lignes, La petite mort de Dieu, elle, explore de fait celle de la jouissance solitaire, puis partagée. Si Corpus Christine était sous-tendu de relents masochistes, ce serait plutôt un plaisir un poil sadique qui s’empare de “l’héroïne” de cette nouvelle. La petite mort de Dieu est donc un changement radical dans l’œuvre de Max Monnehay, tout en conservant sa continuité.
Inutile de convaincre les fans de Max Monnehay de se procurer la nouvelle, car ils l’ont probablement déjà. Mais l’on imagine quand même le petit sourire de Max qui aura, malgré tout, fourni aux amateurs de littérature un peu coincés le meilleur alibi qui soit pour aller acheter Playboy !

« La petite mort de Dieu » de Max Monnehay, Playboy n°84 novembre 2007, 6 €

Extrait de la petite mort de Dieu


Si on y regardait de près, on pouvait voir que j’avais la main dans ma culotte. Mais un restaurant bondé, brassant vapeurs de cuisine à l’huile et nuages lourds et stagnants comme une eau mauvaise, allègrement expirés par des fumeurs d’autant plus acharnés que leur vice allait bientôt être qualifié d’affront sévère à la santé nationale, un petit établissement de surcroit, tables et chaises se lustrant la béquille dans un réel souci de convivialité, dans un autre plus réel encore de rentabilité, un endroit pareil réunissait les critères essentiels permettant une masturbation discrète mais, malgré tout, publique.

© Playboy/Max Monnehay, 2007

Photo d'ouverture : extrait du film Destricted, segment Sync. de Marco Brandilla

Commentaires

En lisant le titre de ce papier, j'ai un court instant caressé l'espoir que Max soit en page centrale... ^_^

Ecrit par : g@rp | 31 octobre 2007

Tiens, tiens, il m'arrive de faire exactement la même chose que l'héroïne, en plus discret quand même. Mais, d'expérience, je puis dire qu'il est impossible que ce genre d'activité reste alors complètement solitaire. Il y a toujours une rencontre, une fusion avec quelqu'un qui se fait.

Ecrit par : Ferraille | 11 janvier 2008

c 'est pas trop mal ce qu'elle écrit. J'aime bien mais le style est un peu lourd et pompeux ,non?

Ecrit par : morgan | 04 février 2008

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