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16 septembre 2007
Interview Takashi Miike : « Je n’aurais jamais pensé réaliser un western ! »

Hier est sorti au Japon le nouveau film de Takashi Miike, Sukiyaki Western Django, que nous avions présenté ici. Après sa projection aux festivals de Venise et de Toronto, cet hommage aux westerns spaghetti mélangé au cinéma traditionnel japonais (dans lequel Quentin Tarantino fait une apparition) a enfin été montré au public, après de longs mois d’attente.
Extraits d’une interview du réalisateur réalisée pour la présentation à la presse.
Vous ne faites pas vraiment partie de la génération des westerns spaghetti, pas vrai ?
Tout à fait, il y avait peu des “westerns macaroni” (1) au cinéma lorsque j’étais enfant. Mais la télévision en diffusait deux ou trois par semaine. Même si ma mère voulait que j’aille me coucher, je finissais toujours par les regarder avec mes parents. Mon père aimait ces films, et m’achetait des fusils et des pistolets en plastique. Donc je connais bien ce genre, même si je n’aurais jamais pensé en tourner un en tant que réalisateur !
Comment est né le projet ?
Toshiaki Nakazawa, le producteur avec qui j’avais fait The happiness of the Katakuris, m’a un jour demandé si j’avais un projet. Je lui ai répondu sans réfléchir, pourquoi pas un western sukiyaki ? Je pense que n’importe quel producteur aurait simplement rigolé, mais pas Nakazawa. Il m’a répondu être intéressé et m’a demandé d’y réfléchir. Et s’il avait dit non, je lui aurais proposé un western sushi (ries) !
Vous avez tourné le film entièrement en Anglais…
Quand vous avez autant de rôles principaux masculins et féminins, il est très difficile de donner des réponses précises à toutes leurs questions. Donc j’ai décidé de couper court et de tourner très rapidement en les laissant tout simplement s’occuper de leurs dialogues en Anglais (rires) !
La rencontre des westerns macaroni avec le cinéma de Hong Kong est plus qu’improbable. Est-ce qu’avoir tourné Masters of horror : Imprint en Anglais vous a amené à faire ce film ?
Tout à fait. Si je n’avais pas tourné Imprint, je n’aurais même pas eu l’idée de tourner un western sukiyaki. Le fait que les Américains aient accepté Imprint m’a encouragé… Même si je ne parle pas anglais moi-même, la présence de mon assistant venu d’Hollywood m’a beaucoup aidé. Mes consignes de réalisateur étaient les mêmes que d’ordinaire, mais le résultat est très différent de mes précédents films.
Cette différence est palpable. Peut-être à cause du fait que vous regardiez ces films avec votre père étant enfant…
(rires) Oui, c’est possible en effet. Mais mon objectif maintenant est de tourner une trilogie avec Sukiyaki Amazons et Sukiyaki Emmanuelle, je trouverais ça génial ! Quentin Tarantino m’a promis d’investir dedans si je lui trouvais un rôle d’esclave sexuel où il serait battu par Chiaki Kuriyama (2) (rires à nouveau) !
(1) Appellation japonaise des westerns spaghetti.
(2) Actrice japonaise, vue notamment dans The great yokai war et Kill Bill vol. 1. (dans le rôle de Gogo Yubari).
Visitez le site officiel du film (en japonais).
Ci-dessous, la version longue
de la bande-annonce du film :
14:40 Publié dans Cinéma, Rencontres autour d'un café | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sukiyaki Western Django, Takashi Miike, Quentin Tarantino, interview, Christophe Greuet, Culture café






















Commentaires
J'ai vu le film, il est excellent comme toutes les oeuvres de Miiké. Mais à la limite, ce n'est pas surprenant. Ce qui l'est un peu plus, c'est le talent de Miiké qui nous plonge dans un univers qui n'est absolument pas celui d'un western (les gens sont différents, les lieux sont différents, la façon de tourner est différente...) et arrive à nous montrer (malgré tout...) ce qu'est un western (spaghetti). Là, ce n'était vraiment pas facile ! Ce film réussit à être tout à fait personnel et je ne pense pas qu'il plaise aux amateurs du genre. En revanche, les fans de Miiké l'adoreront : c'est fou de style, d'élégance, d'esthétisme. C'est aussi une très bonne entrée en matière pour ceux qui ne connaissent pas le travail de ce monstre de cinéma parce que c'est un film facile à aborder, très "carré", agréable en tout point.
Ecrit par : Frédéric DURANTE | 30 avril 2008
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