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31 juillet 2007
Qui se souvient de David Foenkinos ?, à la recherche de l’idée perdue
La coutume mercantile poussant les éditeurs à ajouter un bandeau rouge sur les couvertures des romans a parfois des effets pervers redoutables. Dans un élan de bonne volonté, les éditions Gallimard se sont en effet senties obligées de répondre à la question-titre Qui se souvient de David Foenkinos ? par une autre interrogation malheureuse. Car ce « Peut-être vous ? » qui s’impose en lettres capitales sur fond rouge ne se contente pas de faire passer le livre pour l’auto-bio d’un participant à Perdu de vue, mais tombe totalement à coté de la plaque. Car d’évidence, tout l’intérêt de la question du titre ne réside pas dans sa réponse, mais dans le texte qui amène l’auteur à la poser…
A l’aube de la quarantaine, David Foenkinos est un auteur malheureux. Il se demandant pourquoi, après la succès international de son roman Le potentiel érotique de ma femme, ses quatre ouvrages suivants sont restés inaperçus. Commence alors une “descente aux enfers”. Ses questionnements s’accompagnent d’un angoissant syndrome de la page blanche. Ecrivain sans idée, il se coupe peu à peu du monde. Sa femme le quitte, ses amis l’ont abandonné. Il s’embarque dans une relation amoureuse compliquée, qui le fait encore plus souffrir. Seuls ses voyages Paris Genève lui apportent un peu de répit. Un jour, sur le chemin du retour, il croise une femme dans le train. Subitement, une idée géniale de roman le frappe. Mais, arrivé à son domicile, celle-ci s’est évaporée. David va dès lors se lancer dans une recherche assidue de celle-ci. Son avenir d’homme et d’auteur se trouve peut-être au bout du chemin…
David Foenkinso ayant déclaré, dans les commentaires de ce blog, que son livre était « le scénario catastrophe de mon futur. (…) Le David Foenkinos du roman est la version ratée de moi. », il est difficile de savoir à quel moment le texte glisse de l’autobiographie vers l’auto-fiction. Certes, quelques éléments factuels sont facilement décelables : l’auteur n’a pas écrit quatre romans depuis Le potentiel…, le personnage est légèrement plus vieux que le Foenkinos de la réalité, etc. Mais l’essentiel du livre n’est pas là.
Ce roman n’est pas le premier à traiter du manque d’inspiration d’un auteur. Mais Foenkinos en fait autre chose qu’une simple litanie. Il prend en effet un malin plaisir à faire surfer son monologue sur de nombreux genres littéraires. Auto-fiction donc, mais aussi comédie, roman sentimental et, encore plus surprenant, polar. La recherche de l’idée perdue, sa quête pour la retrouver, et la stupéfiante divulgation de sa nature se lisent comme un roman policier quelque peu… décalé (désolé David, c’était pour rire !).
Paradoxalement, ce passage d’un style à l’autre est aussi source de confusion. Si l’auteur prend comme fil conducteur sa vie et sa famille, il faut parfois s’accrocher pour démêler les routes multiples que poursuit l’auteur. Mais Foenkinos retombe au final sur ses pieds, lors d’un dernier paragraphe qui donne véritablement une autre dimension au texte

« Qui se souvient de David Foenkinos ? » de David Foenkinos, Ed. Gallimard, 200 pages, 16,90 €
La première page de
Qui se souvient de David Foenkinos ?
Je ne sais pas si certains d'entre vous se souviennent de moi. Il y a quelques années, j'ai publié Le potentiel érotique de ma femme. Ce roman, traduit dans de nombreuses langues, avait obtenu un réel succès. J'étais alors dans la promesse. Pourquoi les choses ont-elles si mal tourné ? Depuis ce succès qui s'efface des mémoires, j'ai publié quatre autres romans et tous sont passés inaperçus. J'ai tenté d'analyser les raisons de mes échecs, mais il est impossible de comprendre pourquoi l'on devient invisible. Serais-je devenu médiocre ? Suis-je trop allé chez le coiffeur ? Pourtant, je dois absolument m'accrocher : bientôt, une fabuleuse idée de roman va surgir en moi. Bientôt, je serai à nouveau propulsé parmi les auteurs vivants. Enfin, on va se souvenir de moi.
© Editions Gallimard, 2007






















Commentaires
Moi je me souviens ! J'attends beaucoup de celui-là et espère y retrouver un brin d'Ellis ou un soupçon de Coupland (les deux auteurs qui à mon sens font qqchose de malin avec l'autofiction maltraitée)... et j'ai beaucoup aimé, outre "le potentiel...", le truc sur le bonheur et meme le truc sur le fait d'hiver des amants sanglants (super bien ficellé). Il est fort David Foenkinos, et il ne sera pas un sous Dujardin-like, il ne fera pas de chanson boff comme Tania de Montaigne (elle aurait pu aussi devenir un ecrivain béton, elle tente une autre voie, je lui souhaite la réussite)... Il lui faut juste un gros sujet à Foenkinos... J'attends qu'il écrive sur la musique ou alors qu'il voyage...
Mais j'attaque son roman très bientot!
Ecrit par : dash | 04 août 2007
Bah, son gros sujet il l'a déjà eu dans la colelction fait divers de chez grasset, et mon dieu que c'était pathétique et à côté de la plaque. Le comparer à copland et ellis... dans le genre à côté de la plaque aussi... Jacqueline maillant, ou poiret et serraut, serait plus raisonnable...
tdc
Ecrit par : tdc | 20 août 2007
Bah, à la lecture du commentaire précédent, assez dutative quand même... Son gros sujet, il l'a déjà eu dans la collection "faits divers" de chez grasset... Et le résultat était assez faible, pour ne pas dire pathétique... Quant à comparer ce brillant freluqet à Ellis et Copland... Mais bien sûr... On peut bien sûr comparer Patrick Topaloff à Woody Allen, après tout, ils ont de grosses lunettes tous les deux... Le problème là encore, c'est qu'on est dans une petite littérature de rézo, de connivences, un article de marie-claire brillant et allongé pour faire "livre"... Peut être que ça explique aussi pourquoi la rentrée littéraire chez les français n'est plus très crédible.
Mais pas grave, il y a tellement de livres à lire.
Ecrit par : fab | 20 août 2007
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