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30 juillet 2007
Ni d’Eve ni d’Adam, found in translation
Je n’avais jamais eu jusqu’alors l’occasion de vous parler de ma relation particulière avec la littérature d’Amélie Nothomb. Ayant découvert l’auteur dans mes jeunes années, à la parution de ses premiers romans, c’est véritablement un coup de foudre littéraire que je vécus alors. Le sentiment n’a pas subi l’érosion du temps. Et, à la différence de nombreux confrères, j’ose le dire : j’attends chaque année le nouveau Nothomb comme aucun autre livre. Son dernier, Ni d’Eve ni d’Adam, n’a pas échappé à cela.
Ne tombant pas non plus dans la béatitude débile, je reconnais facilement que l’auteur avait atteint le fond avec ses deux derniers ouvrages. Les fans qui auraient pu penser que Nothomb était “finie” vont cependant pouvoir revoir leur jugement. Son nouvel opus, Ni d’Eve ni d’Adam, est peut-être le chef-d’œuvre de l’auteur belge.
Ce nouveau récit s’éloigne de la fiction qui n’avait donc pas réussi à l’auteur ces dernières années. Avec ce nouveau livre, Nothomb offre un nouveau texte se déroulant lors de sa période japonaise, entre 1989 et 1992. A son arrivée à Tokyo, Amélie décide de donner des cours de français. Son premiers client, Rinri, est un jeune homme d’une vingtaine d’années, comme elle. Au delà de la langue, va se nouer peu à peu entre les deux étrangers une relation amoureuse, qui se déroulera notamment en parallèle de l’expérience professionnelle contée dans Stupeur et tremblements.
Ce retour au pays du soleil levant est une (re)découverte de soi tant pour l’auteur que son double livresque. Alors que Nothomb y retrouve son talent des premiers jours, l’Amélie du livre va, enfin, se découvrir vraiment dans cette relation dont on ne dira rien de plus ici. Un effet miroir étonnamment palpable à la lecture, écrit par petites touches sensibles, très loin des poids lestant de nombreux récits initiatiques.
Car ce qui demeure peut-être le vrai exploit du livre devra se découvrir entre les lignes. Sur le papier, Ni d’Eve ni d’Adam peut apparaître comme une auto-fiction sentimentale de jeunesse, pseudo-genre qui a donné lieu à de maintes déroutes littéraires. Ce n’est donc pas sans une arrière-pensée craintive que l’on aborde le texte. Pourtant, les premières lignes balaient rapidement ce sentiment. Nothomb prend en effet son lecteur par la main pour l’entraîner dans une aventure tant sentimentale qu’humaine, mais aussi sensorielle et culturelle. En ce sens, Ni d’Eve ni d’Adam surpasse peut-être son compagnon Stupeur et tremblements, car, à cause de son sujet, l’auteur pousse ici encore plus loin l’imbrication du ressenti personnel d’une situation avec la description formelle de celle-ci. Et donne du coup une dimension supplémentaire à son texte.
Bien entendu, il serait fort peu probable que ce nouveau Nothomb ne se place pas directement en tête des ventes à sa parution. Espérons simplement que la critique pourra dépasser ses a-priori envers l’auteur. Et saura découvrir ici un écrivain qui se réinvente dans ce livre qui, dans un monde parfait, ne dépareillerait dans les sélections de prix littéraires d’automne…

« Ni d’Eve ni d’Adam » d’Amélie Nothomb, Ed. Albin Michel, 252 pages, 18 €
La première page de Ni d’Eve ni d’Adam
Le moyen le plus efficace d'apprendre le japonais me parut d'enseigner le français. Au supermarché, je laissai une petite annonce: « Cours particuliers de français, prix intéressant ».
Le téléphone sonna le soir même. Rendez-vous fut pris pour le lendemain, dans un café d'Omote-Sando. Je ne compris rien à son nom, lui non plus au mien. En raccrochant, je me rendis compte que je ne savais pas à quoi je le reconnaîtrais, lui non plus. Et comme je n'avais pas eu la présence d'esprit de lui demander son numéro, cela n'allait pas s'arranger. « Il me rappellera peut-être pour ce motif », pensai-je.
Il ne me rappela pas. La voix m'avait semblé jeune. Cela ne m'aiderait pas beaucoup. La jeunesse ne manquait pas à Tokyo, en 1989. A plus forte raison dans ce café d'Omote-Sando, le 26 janvier, vers quinze heures.
Je n'étais pas la seule étrangère, loin s'en fallait. Pourtant, il marcha vers moi sans hésiter.
© Editions Albin Michel, 2007
















Commentaires
Vous m'avez donné envie... Merci.
Ecrit par : A.D. | 31 juillet 2007
Je suis un lecteur assidu d'Amélie depuis de début. Elle est exceptionnelle mais en effet, ces deux derniers opus, malgré des ventes à tomber par terre, n'étaient pas à la hauteur de son et ses talents.
Si ce dernier tome surpasse "stupeur et tremblements", les lecteurs et les fans vont littéralement en trembler de joie.
Merci de nous donner encore l'envie d'avoir envie de lire Amélie
Ecrit par : Raphaël | 11 août 2007
superbe écrivain amélie .je suis l,auteur d,un essai que j,ai mis en ligne .écrit en 1996 ,les faits se passe en 1979.dans un foyer de la dass ou j,ai été placé à 16 ans j,y parle me ma vie d,ado ,le bien le mal puis de ma rencontre salvatrice avec dave ,le chanteur et patrick loiseau ,l,auteur ,à un moment douloureux de ma vie ,que j,étais le seul à partager .si vous lisez mon essai d,avance pardon pour les fautes d,ortho ,et éventuellement de frappe .
Ecrit par : royan | 13 août 2007
...amélie NOTHOMB?...je me souviens de ses prestations télévisuelles sur les "yaourts" frelatés et autres pourritures terrestres...Si c 'est ce que veut le peuple,alors laissons la littérature de côté et ouvrons les manuels potaches des étudiants de médecine,ils sont beaucoup plus droles et n'on pas la "prétention littéraire" en vue...Vide sidéral d'un japonisme sado-maso,l'essentiel tiendrait sur une capsule...de yaourt.
Ecrit par : michel REYES | 13 août 2007
Entre égocentrisme et découvertes, et malgré quelques très belles descriptions (comme celle de la peur lors de l' aventure solitaire et dangereuse en montagne), le livre se traîne jusqu’aux derniers chapitres où il devient –il était temps !- passionnant. Bon ou ennuyeux ce « Ni d'Eve ni d'Adam » ? Un livre bien écrit. Mais qui ne me donne pas envie d’aller au Japon. Ni de retourner au pays d’Amelie Nothomb.
PS J'ai peut être tort, c'est mon premier Amelie Nothomb.
Bravo pour votre blog!
Ecrit par : ecaterina | 16 août 2007
Bonjour, je me suis permis de reprendre sur mon blog un extrait de votre texte ainsi que la photo. Je vous lis toujours avec grand intérêt.
Ecrit par : desavy | 18 août 2007
J'ai lu tous les Nothomb, à part Journal d'Hirondelle : apparemment, j'ai échappé au pire. Enfin, on sent qu'Amélie revient à son meilleur niveau. Alors, véritable panne littéraire ou simple coup de pompe en 2005 et 2006 ? Difficile à dire. Bah ! Après tout, il faut bien un moins bon roman dans une oeuvre...
Ecrit par : Quentin | 24 août 2007
Amélie la jeune femme semble à la fois sympathique et flippée, ce qui la rend deux fois sympathique. Quant à Nothomb l'auteure, le dommage n'est pas lié à son existence mais à ce que devient l'idée même de littérature lorsqu'on encense de telles (japo)niaiseries. Si le produit "Amélie Nothomb" est effectivement une part de la littérature, c'est que la littérature a un sérieux problème.
Ecrit par : Gérard | 28 août 2007
J'ai promis de ne pas le lire.
Supplice terrible.
Ecrit par : Lisys | 31 août 2007
JE suis fan d'Amélie Nothomb depuis plusieurs années et j'avoue que même si elle pouvait écrire des romans que certaines personnes n'apprécient pas et qu'elles peuvent croire qu'Amélie Nothomb est "finie" je continuerai à la lire, non seulement parce que j'aime son écriture mais aus parce que j'aime sa personnalité. Elle pourrait écrire le livre le plus nul du monde (ce qui ne risque pas d'arriver) je l'aimerai tout autant. Elle est exceptionnelle.
Ce que vous avez écrit est très gentil et franchement j'apprécie...
J'espère que vous, comme de ses nombreux lecteurs, continurez à acheter ses oeuvres...
Ecrit par : Lucie | 28 février 2008
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