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15 juin 2007

Après la gueule de bois, Première se lève avec la casquette

Hélas, le nouveau slogan du magazine Première avait vu juste : “Le magazine du cinéma dans tous ses états” a atteint celui de déconfiture avec son dernier numéro. En kiosque depuis mardi, le 364ème opus du journal s’agrémente d’un ingrédient promotionnel pour le moins… surprenant, une casquette siglée Von Dutch. Cette marque de vêtements très branchée il y a quelques années était certes partenaire de Première au dernier festival de Cannes, mais son association saugrenue pour la vente du magazine est un signe plus qu’inquiétant pour la survie de ce dernier.


Rappelons-nous : depuis le mois de janvier, le groupe Lagardère, principal actionnaire de Première via sa société Hachette Filipacchi Médias, avait envisagé la suppression du titre pour cause de mauvaises ventes. Personne ne s’était trop ému de cette annonce, qui priverait pourtant la presse française d’un de ses titres les plus connus, exporté un peu partout dans le monde. Début mars, c’en était d’ailleurs terminé pour la version papier du titre aux Etats-Unis, alors que l’édition française se dotait d’une nouvelle formule “de la dernière chance”. Celle-ci, qui prétendait couvrir toutes les disciplines s’ouvrant au cinéma et cinéastes (expos, livres, disques, j’en passe et des meilleures), se révéla comme la pire des trente années d’existence du magazine.
L’adjonction d’une casquette au magazine sera, hélas, analysée par les observateurs des médias comme tout autre chose qu’un cadeau au lecteur en début d’été. Car il ne s’agit pas d’une casquette, mais de 22 modèles différents. Pas besoin d’être devin pour comprendre le but de l’éditeur, Lagardère en l’occurrence. Primo, attirer des pseudo-lecteurs qui, sans le cadeau, ne seraient jamais venus vers Première. Secundo, faire en sorte que le même lecteur se procure le journal plusieurs fois (à 2,90 € le numéro, c’est encore possible) seulement pour se y trouver différents modèles de casquette. Tout cela dans le but évident de gonfler artificiellement les ventes d’un magazine pour mieux lui reprocher, ensuite, sa chute lors un numéro sans cadeau…
Mais gardons-nous bien, surtout, de ne pas nous tromper de responsable ! Il est bien entendu ici que seul l’éditeur est responsable, et l’on se doute que la rédaction de Première n’est pas des plus enchantées de la situation. Malgré l’été, ce numéro est celui de la morosité. Outre l’édito du rédacteur en chef adjoint qui avoue attendre la fin de l’été avec impatience, on compte dans ces pages plusieurs articles plus que grisâtres. Le meilleur exemple est probablement celui du meilleur dossier du mois, consacré aux spectateurs « qui ne vont pas (ou plus) au cinéma ». Un sujet que les lecteurs réguliers doivent, peut-être, interpréter comme un message subliminal…
Quoiqu’il en soit, nous tenions ici à témoigner notre plus grande solidarité aux journalistes de Première, à une période que l’on imagine pas tous les jours facile. Quant à vous, lecteurs, vous reprendrez bien une petite casquette ?..

Commentaires

Abonné de longue date, je déplore cette descente au enfers de Première depuis plusieurs mois.

Le dernier changement de formule en date est déroutant, on a plus à faire à un magazine féminin qu'un mag sur le ciné. Et que dire du cadeau... Preuve de la (f)utilité du bonus casquette, les abonnés n'en n'ont pas reçu.

Bref, je sens que dans quelques mois je vais changer de crémerie et certainement passer directement à Positif, dernière alternative avant les Cahiers. :)

Ecrit par : Flo | 16 juin 2007

Mais oui moi aussi je suis abonné et pas l'ombre d'une casquette... Enfin quand on voit la casquette, je préfère prendre une insollation :)

Ecrit par : http://www.cinephage.com | 05 juillet 2007

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