« Au secours pardon, sanglante confession Page d'accueil | Après la gueule de bois, Première se lève avec la casquette »
14 juin 2007
Rentrée littéraire de septembre 2007 : Gallimard réinvente la Blanche
Pour notre article d’avant-première sur la rentrée de septembre prochain, nous avions volontairement omis l’éditeur Gallimard, dont les programmes n’étaient pas encore tout à fait officiels. Leur contenu a été une excellente surprise. Il semble que le premier éditeur français se soit enfin décidé à dépoussiérer son image. Probablement grâce aux succès phénoménaux de deux seconds romans récents, celui de Jonathan Littell et, plus encore, celui-ci Muriel Barbery, Gallimard semble confirmer son intention d’ouvrir de plus en plus sa prestigieuse collection Blanche à de auteurs jeunes, abordant des sujets souvent peu conventionnels.
Bien sûr, de nombreux “éléphants” de la littérature française sont au programme. Richard Millet, un des éditeurs phares de Gallimard, se contente cette année d’un essai, Désenchantement de la littérature, sur la place de l’écrivain dans la démocratie. Mais de nombreux autres noms publient leurs nouveaux romans dans la Blanche : Eric Fottorino (Baisers de cinéma), Pierre Assouline (Le portrait), Pierre Péju (Cœur de pierre) ou encore Colette Fellous (Plein été) sont de ceux-là.
Cependant, de nouveaux univers et de nouvelles écritures semblant pointer leur nez dans la pourtant très fermée collection Blanche. Certes, les auteurs n’en sont pour la plupart pas à leurs coups d’essai. Mais l’on compte quand même un premier roman dans les parutions de septembre : L’armée des chenilles de Pierre Vinclair, professeur de philosophie de 25 ans.
Ainsi, l’événement de la rentrée Gallimard pourrait venir du troisième roman de Grégoire Polet, 29 ans. Après Madrid ne dort pas et Excusez les fautes du copiste, l’auteur promet avec Leurs vies éclatantes un roman très ambitieux (480 pages). Il y fait se croiser à Paris, en plein été caniculaire, une vingtaine de personnages, lors d’un mariage et d’un enterrement à l’église Saint-Sulpice.
Autre texte qui promet de des sentiers battus, La chaussure sur le toit de Vincent Delecroix (Ce qui est perdu). Jugez-en par le début du résumé donné par son auteur : « Il y a foule dans ce roman, mais il est réalité question d’un seul personnage, une chaussure qui, comme le titre l’indique, a la particularité d’être sur un toit face à mon appartement. (…) Qu’est-ce qu’une chaussure peut bien faire dans un endroit pareil ? » !
Toutefois, le “roman” le plus surprenant de cette rentrée est probablement l’autobiographie angoissée de David Foenkinos (photo ci-dessus), dont le très remarqué Potentiel érotique de ma femme, fut "l'arbre" qui dissimula quatre autres ouvrages passés inaperçus. Dans ce nouveau livre, titré Qui se souvient de David Foenkinos ?, l’auteur s’interroge sur sa disparition soudaine du paysage médiatique et, du même coup, de la mémoire des lecteurs. Cette plongée dans la vie d’un jeune écrivain (33 ans) promet également un portrait sans concession du paysage littéraire d’aujourd’hui.
Enfin, le domaine étranger de la NRF, la collection Du monde entier, trouvera elle aussi sa place dans cette nouvelle configuration. On pourra ainsi lire la traduction du premier roman de Marisha Pessl, La physique des catastrophes. Cette jeune américaine de 27 ans a démarré sa carrière en trombe, ce premier ouvrage ayant fait sensation outre-Atlantique. On y suivra une adolescente banale qui, après le décès de sa mère, suit d’université en université son père, un intellectuel exubérant.
Tous ces livres sont autant de promesses pour le renouveau de la littérature française, mais surtout pour une collection devenue une véritable institution de la littérature française.
17:15 Publié dans Livres , Rentrée littéraire 2007 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Rentrée littéraire 2007, Rentrée littéraire septembre 2007, Editions Gallimard, Grégoire Polet, David Foenkinos, Culture Café
Commentaires
Ah bon ils sont passés inaperçus les romans suivants de D. Foenkinos ?
On les a pourtant régulièrement vus dans la presse... Il me semblait qu'En cas de bonheur avait bien marché.
Ecrit par : Alexandra | 19 juin 2007
Tu sais très bien que "vu dans la presse" n'est pas équivalent à "succès public"... Et puis cette affirmation est faite par l'auteur lui-même dans la quatrième de couverture. Quoi qu'il en soit, il n'a pas tort : cite son nom à dix personnes dans la rue (en évitant le Vè et VIè arrondissement de Paris, il va sans dire) et tu verras combien de gens te diront avec exactitude qui il est !
Ecrit par : Christophe Greuet | 19 juin 2007
OK, je disais cela par rapport à la mention de sa « disparition soudaine du paysage médiatique » qui me surprenait parce que je n’avais pas l’impression qu’il ait disparu.
Effectivement je ne pense pas que son nom soit connu du grand public. Il en va de même d’un Houellebecq tu me diras !
Ecrit par : Alexandra | 20 juin 2007
Oui, enfin dire que Houellebecq est inconnu du grand public est sûrement plus exagéré que soutenir la "disparition du paysage médiatique" de Foenkinos !
Ecrit par : Christophe Greuet | 20 juin 2007
En fait, mon roman est le scénario catastrophe de mon futur. J'anticipe mes futurs échecs(!) puisque je n'ai pas écrit quatre romans depuis "le potentiel érotique de ma femme" (ils ne peuvent donc pas être passés inaperçus!). Mais cela va peut-être arriver maintenant, car Gallimard ne l'a toujours pas imprimé ! Le David Foenkinos du roman est la version ratée de moi (merci Alexandra de soutenir mes succès que je transforme en échecs)... oh que ça semble compliqué! Amitiés, David.
Ecrit par : Foenkinos | 07 juillet 2007
En effet David, impossible d'obtenir des épreuves de votre roman ces jours-ci : mais il n'y en aurait plus, parait-il, ce qui peut être un bon signe ? ! En tout cas, je l'attends avec impatience.
Ecrit par : Christophe Greuet | 07 juillet 2007
ayant découvert ce site , je me permets ce commentaire
Pourquoi dès qu'un roman français dépasse les 300 pages , on dit de lui que c'est un roman ambitieux, que c'est un "pavé"?
Je sis consterné quand je visite une librairie de constater que la plupart des romans français dépassent rarement les deux cents pages alors que les romans étrangers et notamment anglo saxon depassent régulièrment les 500 pages
Même si le nombre de pages d'un roman ne conditionne pas la qualité d'un livre, pourquoi le roman français reste t'il toujours aussi modeste, pauvre et peu ambitieux, écrit à la va vite?
Ecrit par : ERIC | 29 juillet 2007
Cher ERIC,
votre remarque est très pertinente, mais votre question contient aussi sa réponse : c'est justement parce que peu de romans français dépassent les 250 pages que, lorsque l'un d'eux est beaucoup plus gros, on parle de roman ambitieux !
Concernant les américains, plusieurs explications sont possibles. A priori, il existe à peu près autant de romans de moins de 400 pages aux USA, mais les éditeurs français préfèrent traduire les "pavés". Peut-être pour compenser la littérature française ?? Tout est question de marché : un livre américain a déjà fait ses preuves, il est donc plus facilement vendable en France. Tandis que, par exemple, il vaut mieux publier quatre premiers romans français de 200 pages qu'un seul de 800. Le risque d'échec est moindre : un seul peut rattraper les pertes des trois autres...
Mais effectivement, gros livre ne peut veut pas dire chef-d'oeuvre. On pourra d'ailleurs s'en rendre compte dès cette rentrée...
Ecrit par : Christophe Greuet | 29 juillet 2007
merci pour cet article qui me permet de piocher deux trois titres pour la rentrée littéraire !
j'aime beaucoup ce site, je pense être déjà passé. si vous souhaitez passer par mon blog consacré aux livres, je serai ravi de vous y accueillir
@ bientôt.
http://lireplus.mabulle.com
Ecrit par : lireplus | 08 août 2007
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.










