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28 mai 2007

Cannes 2007 en direct : un palmarès attendu mais culotté


Certes, presque aucun des favoris de Culture Café ne s’est retrouvé, hier soir, au palmarès du 60ème festival de Cannes. Mais le jury de Stephen Frears a prononcé son verdict, et il est inutile de jouer les grincheux. Car la liste des films récompensés a tout de même de quoi nous satisfaire, même si elle fut tout sauf une surprise.


medium_4mois.jpgEn distribuant les prix la quasi-totalité des prix aux favoris des critiques et du public de Cannes, le jury a du même coup écarté l’audace qu’aurait provoqué la présence au palmarès de films commerciaux mais très appréciés comme Death proof,La nuit nous appartient, ou No country for old men. Une distinction de David Fincher, plus pour l’ensemble de sa carrière que son dernier opus, Zodiac, s’est également envolée. Mais de telles hypothèses ont-elles un jour été vraiment envisagées, même par leurs défenseurs les plus acharnés, au vu de leur incongruité dans le festival 2007 ?
medium_mourning.jpgLe palmarès de Frears n’en reste pas moins audacieux. En donnant les deux prix suprêmes à deux réalisateurs de moins de 40 ans, le jury a, enfin, brisé la logique de récompenser des réalisateurs confirmés. Il faut ainsi remonter à 1994 pour retrouver un cinéaste palmé pour son second film : Quentin Tarantino, justement, et son désormais mythique Pulp fiction. En distinguant ainsi la jeunesse et les talents prometteurs, Frears et son jury ont su répondre présents à la volonté de renouveau annoncée par les organisateurs du festival l’an dernier, mais que la jury avait “concrétisé” en offrant la Palme à Ken Loach et ses 70 ans bien sonnés…
medium_persepolis.jpgLe palmarès 2007 célèbre également l’émergence de talents cinématographiques venant de “nouveaux pays”. Ainsi, 4 mois 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu confirme les espoirs portés, l’an dernier, dans le cinéma roumain, avec la Caméra d’or remise à 12h08 à l'est de Bucarest. Une tendance confirmée par le Grand prix offert à La forêt de Mogari, qui distingue la révèle du cinéma japonais. De même, le prix du jury au délicieux dessin animé Persepolis aura eu le courage de briser les liens douteux entretenus par Cannes avec l’animation, présente depuis longtemps via la logique financière des présentations des grosses machines signées Dreamworks.
medium_paranoid.2.jpgEnfin, cette tendance est renforcée par le Prix du soixantième anniversaire, remis Gus Van Sant, certes déjà palmé pour Elephant. Mais l’on sait que ce réalisateur a construit son œuvre autour de la jeunesse, tendance confirmée par son nouveau film, Paranoid park, dont le sujet (le monde du skate) et les méthodes de casting (via MySpace) sont autant de premières au Festival de Cannes.
Frears et son jury ont donc livré un palmarès qui, s’il fera inévitablement des déçus, n’en demeure pas moins l’un des plus courageux depuis longtemps.

Commentaires

Il me semble que la palme qui avait le plus de valeur pour lui, ce soir là, c'est celle-ci :
http://blogs.aol.fr/imageur/Cannes2007/

Ecrit par : Guy Kinziger | 01 juin 2007

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