« Concours La guerre des étoiles : gagnez trois exemplaires du livre “Il était une fois La guerre des étoiles, la Galaxie George Lucas” ! | Page d'accueil | Marché du Film 2007 : Tavernier dans les brumes électriques de la Louisiane »

05 mai 2007

A la veille du second tour, le journal WAH ! remet en perspective les présidentielles

Face au tsunami d’ouvrages politiques qui a déferlé ses dernières semaines le marché de l’édition, il fallait bien que les écrivains, les vrais, investissent à leur tour le champ de l’élection présidentielle. Faute de réels combattants dans le roman traditionnel, c’est sous une forme inattendue qu’un petit groupe d’auteurs a fait entendre sa voix. Menée par Eric Arlix, le comité de rédaction du journal gratuit WAH ! s’est emparé du sujet le plus brûlant du moment, dans quatre pages fulgurantes de textes et photos.


Fondé en janvier 2006 à l’initiative de la galerie d’art parisienne MyCroft et des éditions è®e, très actives dans la littérature expérimentale, WAH !, se définit comme “le journal du monde qui va bien”. A la croisée du gratuit à parution occasionnelle et du tract, ce support est rédigé par un collectif d’auteurs parmi les plus pointus du moment. Outre Arlix, fondateur des éditions è®e et auteur du Monde jou (Ed. Verticales), on retrouve au comité de rédaction de ce numéro spécial Présidentielles Hugues Jallon, Dominiq Jenvrey, le dessinateur Jérôme Mulot, sans oublier l’excellent Philippe Vasset, auquel l’on doit notamment l’un des meilleurs livres de 2006, Bandes alternées (Ed. Fayard).
medium_Wah2.jpgDistribué hier gratuitement au métro République, ce sixième opus de WAH ! est également publié dans le numéro 35 du magazine Chronic’art, ou peut être téléchargé librement sur le blog officiel du journal.
Bien loin des textes partisans qui ont déferlés ici et là, WAH ! préfère nous interpeller sur les possibles lendemains du second tour et lés véritables motivations d’électeurs affamés de débat politique. Dans son texte introductif, Eric Arlix affirme que « la démocratie hélas n’a plus rien à voir avec la politique, ou si peu » et que ses principes fondateurs sauvegardés par l’élection ne seraient que « La Liberté (d’acheter un écran plat à crédit), l’Égalité (simulée en permanence) et la Fraternité (des voisins de palier qui se détestent) ». Plus loin, Philippe Vasset fustige une “Grande quinzaine électorale” au cours de laquelle des électeurs consuméristes adorent un droit de vote qui serait « comme un petit pécule, une carte blanche pour un shopping interminable » et seraient enchantés d’être « l’objet de toute cette attention mal exprimée, de voir ces efforts qui tombaient à plat et ces mises en scène ridicules ». Enfin, Dominiq Jenvrey propose aux candidats de « mettre au cœur du dispositif de cohésion sociale les créateurs artistiques » en créant « le statut d’écrivain(journaliste, en remplacement de celui de journaliste tout court. »
Il est évident que cette initiative, ces textes aussi radicaux, feront dresser les cheveux sur la tête de beaucoup à la veille d’une échéance capitale. Mais n’est-elle pas une des meilleures manières de ré-interpeller le ou la futur(e) élu(e) sur le rôle des intellectuels dans le débat public, trop souvent balayée par une surmédicalisation des peoples engagés ?

Commentaires

51% des français sont pour la démocratie.

Ecrit par : Gumbi | 05 mai 2007

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.