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17 avril 2007

Les oubliés de Cannes 1982

medium_b_oublies1982.jpgLa trente-cinquième édition du festival de Cannes se déroule du 14 au 28 mai 1982. C’est Giorgio Strelher, directeur de théâtre à Milan, qui préside la jury, composé notamment de l’écrivain Gabriel Garcia Marquez, des réalisateurs Jean-Jacques Annaud, Sidney Lumet, et de la comédienne Géraldine Chaplin.
Hors compétition, deux films mythiques sont présentés en première mondiale : E.T. de Steven Spielberg, et Pink Floyd The wall d’Alan Parker. Ce même réalisateur est également en compétition avec Shoot the moon, aux cotés de Jean-Luc Godard (Passion), Wim Wenders (Hammett) ou Lindsay Anderson (Britannia hospital). Deux films politiques se partageront la Palme : Missing de Costa Gavras, et Yol de Yilmaz Guney et Serif Goren.
A noter par ailleurs qu’en décembre 82 fut inauguré le nouveau palais des festivals, utilisé pour la première fois par le festival de Cannes en 1983.
Nous allons remettre dans la lumière deux films français hors normes : A toute allure de Robert Kramer, présenté en compétition, et L’ange de Patrick Bokanowski, projeté à la Semaine de la critique.


A TOUTE ALLURE de Robert Kramer (France – Sélection officielle en compétition)
medium_a_toute_allure.pngMême vingt-cinq ans après sa projection, A toute allure demeure toujours l’un des OVNI de la sélection officielle. Le choix du comité de sélection à son propos avait d’ailleurs, à son époque, provoqué pas mal de remous. Représentée uniquement par deux autres longs métrages (Passion de Jean-Luc Godard et Invitation au voyage de Peter Del Monte), la France fut déclarée par les professionnels comme handicapée au moment du palmarès. Et ce, en grande partie à cause d’un film aussi incongru que A toute allure.
Il faut dire que le film de Robert Kramer cumule les particularités. D’une durée de toute juste une heure et une minute, A toute allure suit en temps réel un couple de jeunes patineurs qui rêve de se produire à la compétition internationale de Chicago. Lorsqu’ils rencontrent, à Pars, un producteur américain, les deux jeunes gens croient que le destin leur sourit enfin. Mais ils déchantent vite quand l’homme soumet sa décision à des relations sexuelles…
Le film n’est jamais en sorti en salle dans aucun pays, et demeure toujours un mystère !

L’ANGE de Patrick Bokanowski (France – Semaine de la critique)
medium_ange.jpgAutre film de courte durée (une heure dix), L’ange est un conte fantastique signé du réalisateur expérimental Patrick Bokanowski. Très poétique, le scénario est articulé autour d’un gigantesque escalier, dont chaque nouveau palier nous permet de découvrir des personnages étranges, entre humains et automates.
Mêlant prives de vues réelles et animation, le film est l’unique long métrage de son réalisateur, qui a beaucoup œuvré dans le court expérimental. Bénéficiant d’un budget très restreint, Bokanowski mit cinq ans à terminer L’ange, avec l’aide de son épouse, Michèle, qui signa quelques morceaux électroacoustiques de la bande-originale. Parmi les acteurs au générique, on retrouve Maurice Baquet (Roulez jeunesse !) et Martine Couture.
Bien qu’unanimement salué par la critique, L’ange ne connut qu’une carrière confidentielle dans les salles d’art et essai lors de sa sortie, en juin 1982.

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