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14 avril 2007
Les éditions Verticales fêtent leur dixième anniversaire
« C'est en mars 1997 que sont arrivés en librairie Livre XIX de Claro et Prières d'exhumer d'Yves Pagès, les deux premiers textes publiés par les éditions Verticales. En mars 2007, et selon une loi implacable, cela fera dix ans que nous existons. Pour l'occasion, nous avons demandé aux auteurs Verticaux d'exercer leur style au sujet de cette interrogation : Qui est vivant ? Publiées dans ce recueil, leurs réponses esquissent une manière de catalogue en chantier, en vigueur, en mouvement. »
C’est en ces mots que Jeanne Guyon, Yves Pagès et Bernard Wallet, co-fondateurs des éditions Verticales, présentent l’ouvrage qu’ils éditent, dans leur collection Minimales, pour fêter le dixième anniversaire de l’éditeur.
Probablement l’une des maisons d’édition les plus exigeantes en France, Verticales défend depuis dix ans une littérature hors normes, privilégiant toujours la qualité d’écriture au potentiel de succès public. Rebaptisées brièvement Phase deux lors de leur rachat en 2005 par Gallimard, les éditions Verticales ont toutefois retrouvé très vite leur identité originelle.
On retrouve dans le recueil Qui est vivant ? tous les auteurs talentueux relevés ou confirmés par les éditions. Parmi eux se comptent évidemment Claro (Live XIX, Chair électrique), Régis Jauffret (Univers, univers, L’Enfance est un rêve d’enfant), Chloé Delaume (Certainement pas, J’habite dans la télévision), François Bégaudeau (Dans la diagonale, Entre les murs), Armand Cathrine (Sweet home, La disparition de Richard Taylor) ou Mathias Enard (Bréviaire des artificiers).
Autant d’univers littéraires qui sont à l’origine, pour Qui est vivant ? de textes à leur image. Les réponses respectives des auteurs à la question posée varient autant dans leur longueur que dans leur teneur. Du simple « Je ne sais plus. » de Jean-Louis Magnan (Anti-Liban) aux douze pages de Pierre Senges (Sort l'assassin, entre le spectre) titrées Falstaff : son apothéose, les textes publiés sont tous de petites merveilles, à l’image de beaucoup de livres parus chez Verticales.
Il vous faudra cependant être rapide pour vous procurer le recueil Qui est vivant ?, que l’auteur a voulu hors commerce. Après avoir été distribué aux journalistes et sur le stand de l’éditeur au Salon du livre, l’ouvrage est aujourd’hui diffusé dans toutes les bonnes librairies, mais uniquement dans la limite des stocks disponibles. Mais que diable faites-vous encore là ?!
Extrait de Qui est vivant ?
Chloé Delaume, La chair est à l'ennemi
Le tambourin du pouls il ne faut pas s'y fier, c'est juste pour le folklore. La chair est à l'ennemi, ça fait longtemps déjà. Vous pouvez vérifier : le dandinement de vos artères n'empêche pas la putréfaction. Vous pensez que vous ères debout quand en fait vous n'êtes plus que droit, très droit, infiniment. Et pourtant pas tellement d'aplomb. C'est à cause des vers blancs, ils ne savent plus se tenir dès lors que sous la peau tout est leur territoire. Vous avancez, c'est évident. Et vous criez à la bonne soupe. Durant de grands banquets la fringale ne s'apaise qu'orée autophagie. Vous êtes nombreux, vous avancez. La démarche n'est pas élégante, mais c'est si difficile quand on est une enveloppe toute remplie de vers blancs, la station verticale.
© Editions Verticales et l’auteur
14:05 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Editions Verticales, Chloé Delaume, Régis Jauffret, Christophe Claro, Claro, François Bégaudeau, Culture Café























Commentaires
A l’occasion de ce petit opuscule, je me permets de vous signaler un ouvrage d’une centaine de pages, paru en janvier chez Verticales, « Tuez-moi » de Lionel Marek. C’est un court roman qui laisse le lecteur sans souffle, une sorte de soliloque à suspense qui se lit d’une traite. L’histoire d’une vieille fille juive (cela a son importance), aigre et agressive face à celui qui prétend avoir tué la sœur qu’elle aimait. Cela donne un huis clos percutant, voire dérangeant. L’écriture est magnifique.
Ecrit par : expression | 18 avril 2007
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