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05 avril 2007

Joy Sorman tague la Blanche

medium_du_bruit.jpgAvec Du bruit, son second roman, Joy Sorman vient peut-être de créer le premier véritable événement éditorial de l’année. Grâce à un petit opus, elle fait en effet entrer, entre le Goncourt de Littell et le livre-monde de Jauffret, son amour pour le rap et NTM dans la collection Blanche des éditions Gallimard. Et décoincer un peu, du même coup, une institution littéraire très prestigieuse, mais un peu guindée. Un tour de force éditorial, donc, qui ne s’est malheureusement pas transformé en événement littéraire, le contenu du livre n’étant pas à la hauteur de ses ambitions.


Un roman peu abouti…
medium_ntm.jpgTout, pourtant, commence pour le mieux. Les premières pages de Du bruit se reçoivent comme un coup de poing dans le plexus. Ouvrant son texte par la phrase « Avec lesquelles j’exerçais dans l’ombre », extraite de l’album Paris sous les bombes, Sorman fait une véritable déclaration d’amour au groupe NTM de Joey Starr et Kool Shen. Quelques lignes d’une force incontestable dont on se dit qu’elles augurent du meilleur. Mais, si elle ne se départit jamais de son talent certain d’écriture, l’auteur de Boys boys boys ne concrétise pas dans la suite du texte son ambition littéraire. On sent bien que Sorman a été ici tentée par l’exercice périlleux d’une auto-fiction novatrice, dans laquelle sa passion viscérale pour le groupe éclairerait sa vie.

… mais un auteur à suivre
medium_joy_sorman.jpgUn projet que Sorman ne fait qu’effleurer dans la suite du texte. Bien sûr, quelques fulgurances passionnées éclairent régulièrement l’ouvrage, mais l’ensemble laisse son lecteur sur une impression plus que mitigée. De récits de concerts en longues tirades enflammées, l’auteur se répète, radote même parfois. Une déception d’autant plus grande que l’on garde en mémoire la force des premières pages…
Ces réserves ne doivent cependant pas être confondues avec les jugements lapidaires de certains magazines culturels. Le livre est imparfait, inabouti, mais est tout de même le messager d’une écriture à suivre. En outre, il ne faut pas oublier que ce livre est le second roman de Sorman, une étape crainte par tous les écrivains car attendus les poings tout faits par les critiques. Un défi d’autant plus important pour quelqu’un qui a obtenu le prix de Flore pour son premier ouvrage, Boys boys boys en l’occurrence.
Si le livre n’est pas à la hauteur de ses ambitions, il n’en reste pas moins supérieur aux lamentables auto-fictions de nombreux trentenaires largué(e)s, chômeurs, anorexiques… Car exprimer la passion, musicale et générationnelle en l’occurrence, est toujours un exercice plus périlleux que se répandre sur ses petits tracas !

Du bruit de Joy Sorman, Ed. Gallimard, 150 pages, 12 €

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Commentaires

hi. nice blog . thanks.

Ecrit par : robert | 24 septembre 2007

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