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09 mars 2007

Tronic Café : The short films of David Lynch (2002)

medium_lynch_1.jpgAlors que vient d’ouvrir à la Fondation Cartier l’exposition The air if on fire (*), entièrement consacrée à l’univers créatif de David Lynch, nous vous proposons aujourd’hui de découvrir l’uns des versants les plus méconnus de la carrière du réalisateur, ses courts-métrages. En 2002, le créateur de Twin Peaks, Blue velvet ou du récent INLAND EMPIRE réunissait six d’entre eux dans un long métrage. Réalisés entre 1966 et 1996, les six courts présentés ici couvrent donc une très large partie de la carrière de Lynch, qu’il commente avec de nombreux détails.


medium_lynch_2.jpgLe film débute par Six Men Getting Sick, tourné en 1966. Alors étudiant à l’université des arts de Pennsylvania, Lynch n’a qu’un regret : ne pas pouvoir faire bouger ses tableaux. Lynch décide donc de donner forme à son souhait en tournant ce court de six minutes, pour un budget de 200 dollars. Il s’agit de six répétitions d’une séquence d’une minute, dans laquelle on découvre six hommes aux corps transparents en train de vomir. Diffusé au son des sirènes de voitures de police, le film connaîtra un grand succès dans les galeries d’art et attirera un mécène, H. Barton Wasserman, qui souhaite un film de Lynch pour sa collection. L’homme offre ainsi 1000 dollars au jeune étudiant.
medium_lynch_3.2.jpgC’est ainsi que Lynch peut acquérir sa première caméra, une Bolex, qui coûtait 500 dollars en occasion. Après un premier film raté par le développement de la pellicule, Lynch tourne, en 1968, The alphabet, dont le résultat revient à Wasserman. Ce court de quatre minutes, mêlant animation et images réelles, est une allégorie autour de la place de l’alphabet dans l’enfance et l’âge adulte.
medium_lynch_4.jpgCe court permet au réalisateur d’intégrer le prestigieux American Film Institute. Il y conçoit le film central de son début de carrière (et du DVD) : The grandmother, tourné en 1970 grâce à une bourse de 5000 dollars. D’une durée de 34 minutes, ce moyen métrage magnifique est le véritable premier pas de ce que sera la carrière du cinéaste. Muet et d’une ambiance très sombre, le film est accompagné de la musique d’un groupe local, Tractor. Le film raconte le quotidien d’un enfant abusé par ses parents, qui ne trouve de réconfort qu’en la présence de sa grand-mère.
medium_lynch_5.jpgVient ensuite The amputee, tourné en 1974 alors que le tournage d’Eraserhead est stoppé faute de financement. Afin de tester deux pellicules noir et blanc pour le compte de l’AFI, Lynch écrit en une nuit ce très dérangeant plan séquence de quatre minutes, dans lequel une femme amputée des deux jambes écrit une longue lettre de rupture. Pendant ce temps, un infirmier, interprété par Lynch lui-même, vient changer les bandages de la femme. Mais soudainement, le sang se met à couler abondamment de l’un d’eux, et l’infirmier s’enfuit, pris de panique.
medium_lynch_6.jpgLes deux derniers films nous font faire un bond en avant dans la carrière de Lynch, alors que celui-ci est déjà un réalisateur reconnu. En 1988, Lynch est contacté par Daniel Toscan du Plantier pour participer au film collectif Les Français vus par… . Sa contribution, The cowboy and the Frenchman, est une petite merveille d’humour absurde. Dans un ranch de l’ouest, un cow-boy sourd (Harry Dean Stanton) et ses deux acolytes voient arriver un gentleman français (Frédéric Golchan) poursuivi par un indien. Après une altercation, les quatre hommes deviennent amis…
medium_lynch_7.jpgEnfin, Premonitions Following an Evil Deed est une mini fiction de 55 secondes. Réalisé en 1995 pour le centenaire du cinéma, le film fut tourné sans dialogues et en lumière naturelle avec la caméra utilisée par Louis Lumière, et utilisé ensuite dans le film collectif Lumière et compagnie.
Vendu sur le site Internet davidlynch.com et certains sites américains de commerce en ligne, le DVD The short films of David Lynch est un must pour les fans du cinéaste, et un document passionnant pour tous les autres…

(*)
medium_lynch_8.jpgExposition The air is on fire à la Fondation Cartier (Paris), du 3 mars eu 27 mai 2007
Présentation par les organisateurs : « The Air is on Fire est la plus importante exposition jamais consacrée à l’œuvre de David Lynch en tant qu’artiste plasticien. Explorant les multiples facettes de son art, elle rassemble un grand nombre de peintures, photographies, dessins, films expérimentaux et créations sonores, réalisées entre 1960 et aujourd’hui. Une occasion exceptionnelle de découvrir et de revisiter l’art de David Lynch à la lumière d’œuvres inédites, mises en scène par l’artiste lui-même. Cette exposition-événement est accompagnée d’une programmation de concerts et de projections conçue par David Lynch pour les Soirées Nomades. »
Toutes les informations pratiques et la consultation du catalogue sont sur le site Internet de la Fondation Cartier.

 

Visionnez un extrait de Six men getting sick :

 

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