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13 octobre 2006

Tronic Café : Superstar: The Karen Carpenter story

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Pour fêter dignement le grand retour sur ce site de la rubrique “le film de la semaine”, il fallait une œuvre digne de ce nom. J’ai donc choisi aujourd’hui de vous parler d’un des films les plus mystérieux de ces dernières années, puisqu’il fut totalement interdit de distribution. Il s’agit également d’un film très innovent dans sa forme. Superstar: The Karen Carpenter story, premier moyen métrage tourné par le réalisateur Toddy Haynes (devenu célèbre depuis avec des œuvres telles que Velvet goldmine et Loin du paradis) est intégralement interprété par… des poupées Barbie !


medium_superstar_2.jpgNée en Californie dans une famille heureuse, Karen Carpenter est la sœur de Richard. Passionné par la musique, celui-ci propose à ses parents de former un duo avec sa sœur. C’est en 1966, et la maison familiale voit la création du groupe The Carpenters. Trois ans plus tard, frère et sœur signent un contrat avec la maison de disques A&M. Quelques mois après, leur premier single est un immense succès. Commence alors une fantastique carrière internationale pour le groupe, qui les conduit à jouer à la Maison Blanche, invités par le Président Nixon. Mais la vie privée de Karen devient chaque jour un peu plus infernale. Obsédée par son poids, Karen plonge dans une violente forme d’anorexie, et développe une addiction aux laxatifs. Elle fait plusieurs malaises sur scène. Après avoir tenté de se soigner à New York, Karen Carpenter revient chez ses parents, où elle devient boulimique. Et décèdera d’un arrêt cardiaque en 1983, à trente deux ans.
A l’heure où les “biopics” plus ou moins réussis fleurissent sur nos écrans, Superstar… apparaît comme un véritable tour de force cinématographique. Tourné en 1987, le film mélange images d’archives, panoramiques sur le quartier où vit la famille avec les scènes biographiques dans lesquelles apparaissent les personnages, incarnés par des poupées Barbie. En seulement 43 minutes, Todd Haynes, qui prouvera tout au long de sa carrière sa passion pour la musique, réussit à brosser un portrait quasiment sans fautes de la cauchemardesque vie de Karen Carpenter. Débutant sur la découverte du corps de la jeune femme par sa mère, le film plonge dans un flash back qui nous ramène en 1966, date à laquelle Richard propose Karen de se lancer dans une carrière musicale.
medium_superstar_3.2.jpgAyant fait un certain bruit dans le milieu du cinéma art et essai américain lors de sa sortie, en 1988, Superstar… disparut de la circulation seulement quelques mois plus tard. Alors qu’il produit pour la télévision la biographie “officielle” de Karen Carpenter (également intitulée The Karen Carpenter story), son frère Richard lance une violente procédure judiciaire contre Todd Haynes afin de faire interdire le film. Soutenu par les disques A&M, Richard Carpenter fait valoir l’utilisation illégale des nombreuses chansons dans le moyen métrage (Haynes n’avait en effet payé aucun droit à la maison de disques). Pire encore, Mattel, producteur des poupées Barbie, montre les dents contre cette utilisation plus qu’embarrassante de ses jouets. Dès lors, le film est interdit de diffusion, même dans les hôpitaux dans lesquels Haynes souhaitait projeter son film pour prévenir des dangers de l’anorexie. Mais bien vite, des copies illégales se mettent à circuler, faisant du film une véritable œuvre culte chez les cinéphiles.
Et aujourd’hui, le net nous permet de redécouvrir Superstar… Vous trouverez ci-dessous le film dans son intégralité (en Anglais), récemment posté sur YouTube par un fan espagnol des Carpenters. Bon visionnage !


Un film de Todd Haynes avec les voix de Rob LaBelle, Bruce Tuthill et Gwen Kraus

12:30 Publié dans Cinéma , Critiques cinéma , Tronic café | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Superstar: The Karen Carpenter story, Todd Haynes, critique, review, Christophe Greuet, Culture Café

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