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26 septembre 2006
Hard candy, dur à avaler !

Demain sort sur les écrans français le “dernier né” du studio Lionsgate, désormais marque de fabrique inévitable du cinéma d’horreur et de suspense. Après des succès publics et artistiques tels que ceux de la trilogie Saw, The descent, Hostel ou The devil’s rejects, chaque nouvel opus de la compagnie est attendu par un réseau de fans excités comme une nouvelle date du genre. Hard candy n’a pas loupé de provoquer aux Etats-Unis l’accueil dithyrambique attendu, malgré une sortie confidentielle. Comme quoi, le marketing viral a encore de beaux jours devant lui…
Hayley (Ellen Page, vue dans X-Men 3) est une adolescente de 14 ans férue d’Internet. Sur un chat, elle rencontre Jeff (Patrick Wilson, dont on se rappelle la magnifique prestation dans la mini-série Angels in America), un photographe d’une trentaine d’années à la recherche de modèles féminins adolescents. Elle lui donne rendez-vous dans un café, puis se rend chez lui pour une première séance de prise de vue. Mais la rencontre va rapidement se transformer en cauchemar. Contre toute attente, c’est Hayley qui, persuadée que l’homme est un pédophile, va faire subir à son hôte une séquestration cruelle. Est-il ou non coupable des faits qui lui sont reprochés ?
On reconnaîtra bien volontiers au scénariste, Brian Nelson, une certaine originalité dans le point de départ de son “pitch”. Telle idée pouvait en effet ouvrir tout un panel de réflexions sur les dangers de l’Internet, la véritable identité des pédophiles, ou encore la représentation violente du monde par les adolescents. Mais non. Nelson a manifestement vendu un “pitch”, soit quelques phrases de résumé de son histoire, et ne tient pas à en faire plus que le minimum syndical. Hard candy est donc un film linéaire, souvent ennuyeux, toujours roublard, qui part d’un pas grand chose assez réussi pour en arriver à un presque rien raté.
Du coté de la réalisation, David Slade, ancien clippeur aux commandes de son premier long métrage, fait bien ce qu’il peut, ou plutôt ce à quoi on peut s’attendre de lui : de l’esthétisme. Profitant du statut d’artiste du personnage de l’adulte, Slade dresse un décor design, aux lignes épurés, dont les murs rouges rappellent évidemment le sang. L’image est encore accentuée par le sweat-shirt rouge de la petite fille, vague référence à un petit chaperon rouge maléfique. Peut-être Salde est-il également cinéphile. Certaines scènes sont relativement bien menées, faisant naître une ambiance malsaine entre adolescente et adulte, qui rappelle de loin le Funny games de Haneke. Car ce qui glaçait le sang dans le film du réalisateur de Caché ne dépasse pas ici, au mieux, le sourire crispé.
Mais tout ceci n’aurait pas été très si grave, finalement, si Hard candy n’était pas un film aussi sûr de lui. Sûr de son message, sûr de son esthétique, sûr de son statut de nouvelle date dans l’histoire du cinéma de terreur. Une suffisance visible dès les premières secondes du film : son générique de début, en effet, se la joue déjà Saul Bass du XXIème siècle qui va vous en mettre plein la vue avec un talent mesuré mais bien réel. Cette belle prélude n'est hélas pas suffisante, car ces graphismes épurés nous annoncent déjà une entourloupe à décourager les plus valeureux spectateurs.

Un film de David Slade avec Patrick Wilson, Ellen Page, Sandra Oh
Découvrez la bande-annonce du film :
11:45 Publié dans Cinéma, Critiques cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : critique, review, Hard candy, Lionsgate, Christophe Greuet, Culture Café























Commentaires
Je ne comprends pas comment on peut être catégorique avec un film qui est réalisé avec une manière de penser propre à son créateur , ça peut donc ne pas passionner tout le monde mais Hard candy a plu à beaucoup de gens .
Votre pensée n'est pas universelle et vous l'affichez comme une vérité .
Hard candy n'en a pas moins était fait pour s'afficher comme un film d'horreur que comme un film à suspence . Personne n'a peur pour se que va devenir le trentenaire , et personne n'a peur pour la fillette car on voit bien qu'elle a plus de ressources que necessaire , étant toujours en position de force .
Le film représente un certain ideal de l'auteur de se que devrait être reservé à ce genre de personne .
Je pense moi , que ce n'est ni plus ni moins .
Ecrit par : Lucille | 17 avril 2007
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