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27 août 2006

Supplément au roman national, tiède brûlot

medium_rl06_supplement.jpgC’était prévisible, et ça n’a pas manqué : les émeutes des banlieues et, dans une moindre mesure, la course aux présidentielles de 2007 sont au cœur des fictions de cette rentrée littéraire. Avec des bonheurs variables, les écrivains ont souvent glissé des personnages fictionnels dans leurs œuvres. Dans ce contexte, il fallait un livre dévastant tout sur son passage. Supplément au roman national serait donc celui-ci, en annonçant la couleur dès son titre : un livre froid, tirant à vue sur les personnages publics, les politiques, et s’installant dans le vide qui les séparent des « invisibles », auquel ce « roman d’amour » est dédié.


Jean-Eric Boulin articule son livre autour de trois personnages incarnant son propos. Deux enfants des banlieues populaires, Kamel Barek et Yann Guillois, rêvent chacun à leur manière de fédérer les « invisibles » pour combattre politiques, hommes de médias, et institutionnels de la culture. Le premier se perdra dans un Islamisme extrême, l’autre tentera d’organiser la révolte, en militant auprès des salariés exploités par les multinationales et des chômeurs. En vain. Car Barek et Guillois se rendent chacun compte que les belles paroles des politiques, incarnés ici par l’enfant de Neuilly-sur-Seine François Hollande, ont fini par endormir les masses dans un consensus mou. Entre la France d’en haut et celle d’en bas, on ne trouve que des citoyens désorientés, ne parvenant à définir une identité commune entre le recul des traditions françaises et la persistance des coutumes des immigrés.
medium_boulin.jpgLe portrait de cette France désincarnée se passe des postures de la fiction. Boulin, dont c’est le premier roman à 28 ans, construit son texte autour de portraits lapidaires, de ses personnages d’abord, puis de l’état de son pays. Pour terminer sur un chapitre voyant la France aux prises à de terribles attentats, à quelques semaines des présidentielles de 2007. Pas de dialogues, pas de monologues, juste des affirmations brutes de la première à la dernière ligne, assenées dans une langue violente, cynique, qui ne laisse aucun répit au lecteur.
Le livre fait donc tomber, au sens propre, les têtes. Celle de Guillaume Durand dans un attentant, et celle de Thierry Ardisson sur son propre plateau télévisé. Celle du lecteur, surtout, qui à chaque page est indirectement invectivé pour sa passion de la littérature qui lui masque les yeux face aux véritables enjeux de son pays. Supplément au roman national est un livre-attentat, qui prétend se passer de jugement pour délivrer celui de son auteur.
Pourtant, Jean-Eric Boulin n’échappera pas au verdict de ses lecteurs. En soi, le livre pourrait être un tour de force littéraire. L’auteur tient son écriture du début à la fin. Mais son propos a, comme tant d’autres, ses limites. Le trait est volontairement grossi derrière des énumérations cinglantes, qui n’appellent pas la réplique. Mais bien vite, ce qui devrait faire froid dans le dos dérape dans uns caricature qui prête parfois à rire. On en arrive à se poser la question sur les finalités réelles de l’auteur. N’est pas grand auteur nihiliste qui veut…

"Supplément au roman national" de Jean-Eric Boulin, Ed. Stock, 154 pages, 15 €

 Commander le livre sur Amazon.fr 

Commentaires

j'ai cotoyé pendant un certain temps l'auteur et franchement qu'il ai eu le culot d'écrire ce livre me scie; je m'explique, ce type ne conniat pas de maghrébins ou si un ou deux , dont un qu'il a essayé de faire discuter avec un turc sous pretexte je cite " que les langues ne devaient pas être si éloignées!! passe encore pour le côté communauté maghrébine totalement méconnu.

l'auteur de ce livre est le premier à mépriser le travailleur laborieux, je l'ai vu personnellement se moquer des femmes de ménage ou appariteur à la fac.
par ailleurs son délire c'est plutôt le marais , saint germain des pré et le canal saint martin, pas vraiment populaire comme coins....

le fait qu'il utilise les émeutes m'écoeurent , car il s'en sert juste pour son besoin de célébrité, besoin qu'il a toujours eu, il a voulu s'essayer au théatre , à la pub etc....
ce qui l'interesse c'est juste de faire partie de ces nantis qu'il décrie tant
parce que si je me rapelle bien son rêve c'est de s'habiller chez paul smith , de ne pas avoir à travailler et mener la vie de bohème!!

par ailleurs scandaleusement misogyne et homophobe, les premières sont des putes superficielles et écervelées et les seconds sont je cite " des invertis, des erreurs de la nature" je me demande bien quel genre de texte il a pu écrire, quand on porte autant de haine et de mépris à autrui!

pour l'avoir cotoyer pendant mes études, son roman me dégoute par avance, car loin de la pseudo " déclaration d'amour aux invisibles" il les utilise un peu plus et leur chie un peu plus à la gueule en s'en servant de marchepied pour atteindre l'échelon social qu'il convoite depuis si longtemps!!

bravo jean éric les loosers de ton espèce arrive à prendre le genre humain pour des cons.... en leur faisant croire en plus qu'il les sert belle performance!!!!

ps: il a volé le vécu, les anecdotes, les expressions littérales de son meilleur ami pour écrire ce livre...... sachant que son ami est aspirant écrivain... belle démonstration de noblesse et d'entraide!!!

voila bonne lecture à tous et frissonez bien avec ce brulot de pacotille!!

Ecrit par : carolina | 29 août 2006

Merci Carolina de nous avoir donné votre opinion.

Il est bien entendu que je vous laisse la responsabilité de vos propos : je faisais juste ici une critique du livre, en aucun cas une attaque personnelle à l'auteur. S'il le souhaite, les commentaires lui sont bien entendus ouverts.

Bien à vous,

Christophe Greuet

Ecrit par : Christophe Greuet | 30 août 2006

Je ne connais pas l'auteur, mais à la lecture de ce livre, il semble que le monsieur a connu quelques frustrations notamment sexuelles desquelles il a du mal à se remettre. La féerie dure au plus 4 ou 5 pages, mais le mepris, la prétention, et le ton outrageusement choquant du livre laisse vite entrevoir la cuisine.

Et l'on se pose une question, à quoi sert ce livre, qui se place résolumment au dela de la littérature?
- Un marchepied pour l'auteur ?
- Un pamphlet politique, ok, mais quelle politique? Et l'on relit ce torchon et l'on frémit. Certaines critiques citent Barrès ( Le nouvel Obs. ) et on est pas très loin, le style en moins, la perversité en plus.
Oui, ce livre servira les desseins noirs du parti d'extrème droite. Oui, ce livre nie la société humaine pour n'y voir que cynisme et manigance. Oui, ce livre, à l'instar de doc Gyneco dans une sauterie de l'UMP, vomit banlieue et banlieusards.

J'ai vécu 15 ans en banlieue, et jamais je n'y ai tant connu mes voisins. La vision de Boulin est fausse, car tronquée, car instrumentalisée.

Ecrit par : JB Robert | 06 septembre 2006

mais bien évidemment que je prends l'entière responsabilité de mon commentaire!!!la moindre des choses quand justement on dénigre le manque d'honneteté!!!!

voilà !!

ps: la qualité d'une personne bonifie la qualité de son oeuvre et j'avais un avis déjà sur l'auteur , et maintenant je trouve que son oeuvre corrobore sa médiocrité

tout avis est subjectif bien évidemment et je prends l'entière responsabilité du mien

cordialement

Carolina

Ecrit par : carolina | 06 septembre 2006

J'ai connu Jean-Eric Boulin à Sciences Po.J'étais délegué d'une conférence d'économie où il figurait et nous avons souvent échangé quelques dialogues autour d'une cigarettes.
Cependant,nous ne nous appréciions guère et je me suis permis de relater sur mon blog le sentiment que m'inspire ce jeune auteur,qui mon âge.
Rien de personnel mais de témoigner le sentiment d'extrême-froideur et d'impassabilité.Je me souviens qu'il m'a évité pendant plus de deux ans et jetait parfois sur moi des regards d'une extrême froideur(j'avoue être très "sensible").Il ne me serait plus la main,par exemple(ce qui est son droit,s'entend!!)
Aucun jugement de ma part sur une oeuvre dont je n'ai eu écho que par un article promotionnel(purement promotionnel) de Jérome Garcin dans le Nouvel Obs'.
Bien à vous!

Ecrit par : Julien Tolédano | 10 septembre 2006

Juge-t-on ici l’homme, mauvais camarade de classe, aspirant nanti ou l’auteur ? La question est loin d’être anodine. L’œuvre doit-elle être assujettie à son auteur ? Si tel était le cas, les anciens camarades de classe de Moix, Beigbeider, Levy et même Sulitzer( !), doivent descendre dans la rue et tout brûler sur leur passage.
On sent dans les critiques (littéraires) de Carolina et Julien Toledano, l’amertume et la frustration. Mais que ce serait-il passé s’ils n’avaient pas connu Jean-Eric? Carolina n’aurait certainement pas lu le livre et Julien l’aurait peut-être lu. Et même, il aurait pu reconnaître une certaine verve indéniable, un talent insolent à ce jeune auteur. Et secrètement, il aurait peut-être nourri un désir d’écrire une pareille œuvre brillante et subversive.

Carolina accuse Jean-Eric de ne rien connaître à ce qu’il défend et de vouloir devenir ceux qu’il accuse. En aucun cas, Jean-Eric prétend avoir écrit une autobiographie. En tant qu’auteur (oui, il faudra se faire au mot, Boulin est un auteur), n’a-t-il pas le droit d’écrire sur ce qu’il n’a pas vécu, sur ce qu’il ne connaît pas ? N’a-t-il pas le droit au travail d’investigation, à l’enquête ? Doit-il se cantonner à Marseille, sa mer, ses clichés ? Son livre devait-il louer le chant des cigales et sentir la Provence ? Non, heureusement pour nous son livre sent bon le goudron parisien. Quand on écrit si bien sur ce que l’on ne connaît pas et bien tant pis s’il mange notre pain, ravalons nos amertumes et accordons lui le talent qu’il mérite.

Rassurez-vous, tous ceux qui connaissent Jean-Eric ne le descendent pas sur la place publique. Certains aiment l’homme, son œuvre. Sûre pour cela qu’« aux invisibles » résonnera bientôt comme un chant de victoire.
Aux invisibles !!!

Sarah Llopis Llorca

Ecrit par : sarah llopis llorca | 15 septembre 2006

Alors moi, je suis franchement navrée mais je ne connais pas l'auteur. Je fais mes études dans les métiers du livre et on nous demande de lire un roman de la rentrée pour en faire la critique. J'ai choisi ce livre car ma libraire me l'aconseillé comme étant "hors norme", et pi aussi paske l'auteur avait une belle tronche...ben ouais je suis jeune et frivole

Bref voila j'en suis déja aux trois quarts et franchement je m'ennuie à crever. C'est vrai qu'a la lecture des 5 premières pages on reste un peu quoit. Mais le style ne tient pas la longeur, on sépuise avec des phrases allambiquées qui de vulgarités en vulgarités perdent leur sens. Peut etre ne suis-je pas une fan des auteur new-generation...mais franchement je trouve qu'on ne prend aucun plaisir à lire ce bouquin, il ne fait aucun effet à part justement l'effet de vouloir en faire (on me suit?).
Contrairement aux critiques je trouve qu'il ne stimule pas la réflexion, je le trouve généliste et clichétiste (ouhla jinvente des mots)...on sort pas de lhabituel clivage noir/blanc/arabe...pourtant nous en aurions bien besoin!

Ecrit par : Fanny | 15 septembre 2006

nous sommes ici pour critiquer le livre et non pas l'auteur ou le camarade de "classe"

Ecrit par : basma | 29 septembre 2006

Quelqu'un pourrait-il m'éclairer sur les valeurs et les contre-valeurs de ce livre?

Ecrit par : Léa | 05 octobre 2006

heu salut jean éric alias Sarah Llopis Llorca, parce que c'est bien toi non?
tu es en plus suffisament médiocre pour te cacher derrière un pseudo!!!

en ce qui me concerne je te concédais un certain talent littéraire .......avant que tu ne publies ce torchon.... parce que la volonté de se démarquer et d'attirer la lumière en soi ne fait pas l'écrivain.

donc je concède que tu écrit des pseudos pamphlet .......;mais que tu sois un écrivain désolée non!

quand aux gens qui aiment jean éric disons qu'ils se résument ...........;à sa mère!!!!

on se demande d'ou vienne tous ses problèmes de frustration sexuelle..........et de soucis non négligeable de ce côté là!!!

un looser reste un looser c'est sa nature profonde quoi qu'il fasse.........et à fortiori quand il fait de la merde mise sous presse!!

quand à l'amertume et l'aigreur je te laisse tes compagnes chéries pour toi tout seul: être écrivain ou sous les feux de la rampe ne m'a jamais interessée et je fais exactement ce à quoi j'aspirais mais tu as toujours eu le tord de croire l'humanité aussi emplie de voracité et d'amertume rance que toi!!!

à bon entendeur...............et si par malheur tu reprends ta plume sois gentil relève au moins un peu le niveau!!

Ecrit par : carolina | 08 octobre 2006

Non Carolina, je ne suis pas Boulin. Je suis une de ses amies, j'ai lu son livre, j'ai aimé. Je regrette de constater qu'on puisse le critiquer sur ce qu'il est ou ce qu'il fut et non sur ce qu'il a écrit.
Par ailleurs, ton acharnement contre lui n'atteint que toi. Je comprend aisément ton ressentiment envers Boulin mais ne confond pas tout. Tu ne peux pas émettre une critique de son livre en te basant sur votre rupture. ce qui reviendrait à dire que seuls ceux qui couchent avec les auteurs sont à même de critiquer leurs oeuvres!
Tourne la page!
Sarah Llopis Llorca

Ecrit par : sarah llopis llorca | 12 octobre 2006

Et moi qui ne connais pas l’auteur, qui viens sur cette page après l’écoute d’une émission de Finkielkraut à laquelle il était invité, je dirais en toute partialité que le point de vue de « Carolina » me semble très conforme à la réalité du personnage : tout à fait odieux.

Ecrit par : Rémi | 12 octobre 2006

heu mais là y'a un gros pétage de plomb j'ai jamais couché avec

--- SUPPRIME PAR L'ADMINISTRATEUR ---

avant tout j'ai lu son livre sans a priori ( vraiment!) car justement je lui concédai un talent littéraire et c'était bien la seule chose que je concédai à cet odieux personnage et c'est après la lecture que j'ai trouvé que c'était une mascarade , mascarade d'engagement mascarade quant à la sincérité et que au final c'était juste un moyen de se faire remarquer de braquer l'attention sur soi
donc désolée mais ça me dégoute!!!!!!!!!!

--- SUPPRIME PAR L'ADMINISTRATEUR ---

je pense que tu as dis si juste pour minimiser un témoignage qui ne va pas dans le sens de la campagne de com'.

je prétends juste avoir cotoyer l'auteur suffisament pour savoir que les pauvres le dégoutent et qu'il envie à en crever ceux qu'il apelle les nantis.

jean éric je suis sure que c'est toi sou ce pseudo , ça te ressemble particulièrement d'essayer de salir les femems par des allusions sexuelles!!!!!!!!!!!!!!!

heu sophia si tu n'es pas JEB tu lui ressemble à s'y méprendre.........;

JEB n'a pas d'amiES , voyons les femmes sont trop superficielles , frivoles et ecervelées pour se compromettre avec comment tu dis déjà ah oui " ces pétasses sans cervelles qui ne servent qu'a une chose!!!!!!!!!!!!!!!!!

jean éric assume au moins

Ecrit par : carolina | 16 octobre 2006

Carolina, j'ai supprimé certains passages de votre commentaire. Vous pouvez exprimer votre point de vue sans forcément tomber dans les insultes...

Ecrit par : Christophe Greuet | 16 octobre 2006

désolée d'avoir débordée!

que "sarah" insinuait des liens avec l'auteur que je n'ai aucunement entretenus, afin de décridibiliser mon avis et témoignage, donc je me suis laissée débordée!

désolée encore, c'est vrai les insultes n'ont aucune raison d'être quelle que soit la raison.

Ecrit par : carolina | 20 octobre 2006

C'est pas grave. Ca arrive à tout le monde de s'emporter...

Ecrit par : Christophe Greuet | 20 octobre 2006

Une intervention audio de l'auteur sur ses ralations avec les librairies : http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-25205-supplement-au-roman-national.htm#44340

Ecrit par : Nicolas Cauchy | 02 novembre 2006

Un concours d'ouverture des portes ouvertes cette intervention. Effectivement, JEB ne doit pas tout à fait fréquenter les lieux populaires et il faut vite l'informer des mines d'or que l'on peut trouver dans les maisons de la culture de la banlieue ex-rouge, et les libraires bon marché du quartier latin. Tout ce discours sent la sauce auto promo mon petit monsieur... JEB essaie de tenir son créneau et en devient caricatural.

Ecrit par : jb robert | 03 novembre 2006

Mesdames Messieurs bonsoir.

Le dernier moteur de la fusée stock pour décrocher un prix littéraire, ces récompenses puériles pour agent litteraire du 6e arrdt, vient de s'éteindre. "supplement au Roman national" vient en effet d'exploser en vol dans le Goncourt. Ce sombre echec frappe durement JEB après la déroute aux prix renaudot, interallié, et surtout du prix l'Académie Fr.
Dérouté, l'auteur erre comme une ame en peine, apeuré par les invisibles qu'il verrait partout. Heureusement, il semblerait que le livre connaisse une seconde vie au magasin fourfouille de Franconville ( 95) où il est présenté comme un pastiche de la vie littéraire parisienne. L'histoire, avec un grand H, est parfois cruelle.

Ici Cap canaveral, à vous les studios.

http://www.e-novateur.org/detail_article.php?VARid=1309

http://www.zone-litteraire.com/actu.php?art_id=1125

Ecrit par : jb robert | 07 novembre 2006

Cher jb, en fait Boulin serait devenu pizziolo devant une grande librairie... Il vendrait des suppléments pepperoni au roman national !

Ecrit par : Christophe Greuet | 08 novembre 2006

Bonjour!

Je passe souvent sur ce blog, uniquement pour lire le fil de cette discussion que je trouve vraiment hilarante: un pur réglement de comptes, qui à bien des égards me semble légitime: Internet sert également à ça non?
Je ne connais pas l'auteur personnellement et vu les remarques qui sont faites à son égard, j'espère ne jamais le rencontrer. Cela dit, je voudrais simplement revenir au bouquin dont il est question ici et que j'ai connu par l'article promotionnel du Nouvel Obs.
Sur le coup, tout ça m'avait paru brillant: un petit jeunot (j'ai que 24 ans) qui fait un constat à l'acide sur la société française en plein déclinisme. Brillant, je le répète parce que c'est ce qui m'avait semblé sur l'instant.
Je me suis même tentée à regarder son passage dans la première de Guillaume Durand (qu'il voulait faire tuer dans son bouquin) et là, je dois avouer que tout s'est effondré comme un chateau de cartes!
De brillant Boulin était devenu pathétique: diction pitoyable (bon, c'était une première seulement), il est une caricature du jeune blanc des classes moyennes qui vise les étoiles. La seule chose que j'ai apprécié c'est qu'il ait fait fermer son caquet à Schneider (que j'apprécie quant il se tait).
Mais voila, le personnage de petit Bossuet des temps modernes s'est autodétruit lui-même. Mais je me suis dit, un passage à la TV, surtout un premier, est-ce que ça compte vraiment?
Je me suis prise par la main pour simplement me faire une idée autrement que par le personnage: j'ai commencé à le lire. Une page, difficilement, deux pages, pitoyablement et enfin trois pages, inhumainement.
De la torture: le bouquin (je n'utilise pas le mot de livre) est un brulot glacial, paradoxal non? Je n'ai pas trouvé dans le bouquin ce qui expliquait l'article du nouvel obs et l'excitation qui en découlait.
Rien.
Ce bouquin n'est qu'un patchwork de tristes frustrations personnelles de l'auteur, crachant sur une élite culturelle dans laquelle il n'a pas sa place et dont pourtant, il veut faire partie. C'est le bouquin du type totalement arriviste qui vomi qur ce qu'il vise. C'est une sorte d'approche de séduction dans son bouquin: je te rejette parce que je t'admire. Boulin veut être VIP, people et tout ce qui suit il voudrait s'installer dans le 5ème, déjeuner avec Beigbeder et diner à l'Elysée.
Ce livre, n'est pas le livre d'amour comme il essaie de nous le faire croire: c'est un bouquin propagande, celui de sa propre personne, un type raté qui a essayé l'ENA deux fois ( vu dans un article du figaro) qui a à chaque fois échoué et par frustration nous dépeint les énarques comme une caste intouchable et arrogante.

J'avoue avoir été totalement écoeurée par ce bouquin, tissus de mensonge exploitant un filon manichéen à outrance: les invisibles dont il se proclame porte parole, et les nantis. On croirait du Khan, mais en fait c'est tout le contraire!
Donc, j'ai le sentiment de m'être fait avoir et j'avoue que pour mon plus grand plaisir, je me délecte des anecdotes que vous dissipez ici, juste pour prendre ma petite revanche de lectrice déçue.

Bonne continuation pour ce blog, je continuerais de jeter un oeil de temps à autre!

Bien à vous.

julie delaunay

Ecrit par : julie delaunay | 08 novembre 2006

ravie de te faire marrer julie !!
c'est au moins ça
heu pour l'ENA c'est pas 2 fois en fait c'est 3 ...donc plus aucune chance de le repasser ( mais il dit que 2 pour sa campagne de com'car c'est les 2 fois il a atteint le grand oral avant élimination!)


voilà !

ben en tant que lectrice tu as exactement cerné le personnage!!

Ecrit par : carolina | 08 novembre 2006

Lu ce matin dans Les échos, dans un article sur le Goncourt des lycéens : Boulin aurait profondément exaspéré les élèves assistant à une discussion sur les écrivains, à Paris. Il a déclaré devant la salle entière qu'il a écrit le livre "pour épater sa copine". Même les plus jeunes n'ont pas été dupes de la profondeur de ses motivations...

Ecrit par : Christophe Greuet | 10 novembre 2006

L'ENA trois fois raté! C'est même plus un naufrage, c'est le Titanic! ça explique alors la frustration du personnage.
Je suis en train de passer le CRFPA, si j'échoue les trois fois, j'espère ne pas me changer en Boulin! Que mes proches m'en préservent en tout cas!je leur demanderai de me surveiller de près...
Merci pour cette rectification Carolina, il ne faut pas se fier aux campagnes promo...
Si même les lycéens ne le supportent pas, c'est qu'il y a une raison. C'est un type vide, une simple coquille vide qui tente de percer, il n'est rien d'autre qu'un être pédant, ça se voit dans les rondeurs de l'écrit, et dans ses interventions.
Alors ses motivations sont à son image à mon avis. il n'écrit pas pour dénoncer mais pour se mettre en avant sous les feux des projecteurs. Rien que dans sa façon d'écrire, on sent la frustration, la rancoeur, la pédanterie. Je ne crois pas qu'il fasse long feu en fait, il s'est lui-même tiré une balle dans le pied: taper sur ce qu'il veut en insultant les "élites" culturelles ( qui sont moins élitistes qu'il ne parait) auquelles il veut adhérer. Et d'autre part, son style est décevant.
Bref, je n'avais pas de parti pris au début ( je ne sais qu'à peine à quoi il ressemble, vu que je suppose que la photo est retouchée) mais c'est un atroce personnage qu'il a lui-même construit. C'est pathétique de voir ça!
Sinon (une méchante vanne quant même pour une fois) "épater sa copine", je me demande quel genre de spécimen peut se retrouver avec Boulin! Qui se ressemble s'assemble parait-il...

Bien à vous.
Julie

Ecrit par : Julie Delaunay | 10 novembre 2006

Plein de défauts (périmé avant même parution ; parti pris anti-Blanc participant du mépris extrême-gauchiste académique ; dénouement archi-neuneu.), le roman de Boulin pointe dans un style généralement vif, odieux et accusateur que la société française est morte, qu’elle est devenue une machine à produire des ratés ivres de haine comme de vengeance, et qu’il va falloir en payer le prix.
Si c’est un message que d’aucuns refusent d’entendre, je leur conseillerais bien la lecture de la presse. Pas sûr qu’elle soit moins anxiogène, même si une plume du Monde a plus de rondeurs.

Que la complaisance du narrateur pour le terrorisme indigne et inquiète, a fortiori le parisien qui prend le métro à proximité d’échéances électorales majeures, c’est compréhensible. Mais lorsque sont racontées les exactions d’un tueur en série, le public n’est pas boudeur d’être traîné de viols en éviscérations... Le terroriste gêne encore, ne fait toujours pas partie de la famille. Ça s’arrangera.
J’en prends le pari : la geste terroriste deviendra un genre littéraire comme un autre.

Quand Carolina écrit, que Boulin prend les gens « pour des cons.... en leur faisant croire en plus qu'il les sert », je serai d’autant plus porté à l'admettre que je l’ai plusieurs fois ressenti… La jouer à la Céline –la méthode paye régulièrement.
Cela étant, que l’auteur soit une fripouille, un aigri cynique, égoïste, poseur, dissimulateur, truqueur, etc., c’est un reproche fait à à peu près tous les écrivains depuis Hugo, au moins.

Personnellement, j’aime assez les gens odieux. Au moins ceux-là ne cherchent pas à séduire, ne débordent pas de sourires putassiers et n’ont pas la langue tartinée de miel. Dans la France de Ségolène, c’est exotique.

Ecrit par : Heautontimoroumenos | 22 novembre 2006

A Heautontimoroumenos ,

Vous pouvez prendre les paris que vous souhaitez concernant les styles littéraires, j'ai encore suffisamment d'humanité pour vomir la presse d'extrème droite.
Ce livre se cache, tente d'apparaitre comme un roman, mais cet essai torturé sur une situation politique non moins torturée ne servira que JM Le Pen, qui, malheureusement, n'aura pas besoin de celà.

Que vous aimiez les gens odieux vous regarde. Moi, j'aime bien les gens qui aime leur prochain.

Que la société soit en crise est une chose. Mais veuillez concevoir quand même que l'on puisse refuser cet effondrement des valeurs humaines et dénoncer ce torchon.

L'homme n'est pas obligé de se résigner; Se résigner, c'est déjà mourrir un peu.
Sortez un peu le nez de Baudelaire et grandissez un peu....

Ecrit par : jb.robert | 22 novembre 2006

Robert,

Humaniste, vous pouvez d’autant moins prétendre à l’être que vous suintez le robespierrisme : dans vos bafouilles, vous ne parlez pas de littérature mais caractérisez autrui comme scélérat.

Quand je lis un livre, c’est sa valeur littéraire que j’apprécie : style, rhétorique, construction, propos, etc. Je me fous de la personnalité de l’auteur : ma chambre n’a pas besoin de poster. Si la vogue du ‘people’ n’a pas déferlé jusqu’à moi, je ne m’en excuse pas.

C'est prêter beaucoup de pouvoir à l'art que d'imaginer qu’un roman influera un vote. Ce n’est pas très humaniste, non. C’est prendre les gens pour des imbéciles.
Vous voulez que les Français ne plébiscitent pas le borgne. C’est vertueux. Mais ce ne sont pas les incantations qui y aideront, au contraire.

Quand bien même Boulin serait un petit pourri, son roman je pourrais le conseiller. Aux antipodes, on trouve un livre bien meilleur, peut-être le meilleur de la rentrée et le plus humaniste : "Extrêmement fort et incroyablement près" de Jonathan Safran Foer.
Évitez de me ranger dans des petites cases : vous perdriez à coup sûr.

Vous me recommandez d’en finir avec le venin baudelairien. Je ne suis pas contre. Je ne demande qu’à progresser. Vos conseils de lecture, ce serait quoi ?

Puisque vous me traînez sur le terrain de la ‘polis’, pendant des années, j’ai fait violence à mon naturel pessimiste, en disant à qui voulait l’entendre, que si les gens étaient égoïstes, indifférents, prédateurs, c’est parce que le système les avait voulus tels, et que raisonner ainsi, condamnait à n’en pas sortir, que c’était rendre service à Bill Gates et George Bush qui ont exactement besoin de ce genre de mentalité pour la prospérité de leurs affaires.
Cette foi un peu forcée, je l’ai perdue. Au cours des dernières années, l’humanité ne m’a pas donné beaucoup de raisons de croire en elle.

Post scriptum et rien à voir. Êtes-vous ce Charles Marx avec qui j’ai croisé le fer ailleurs ? Je vous avais répondu –plutôt conciliant d’ailleurs. Mais la censure a récidivé.

Hasta la vista

Ecrit par : Heautontimoroumenos | 23 novembre 2006

cher Heautontimoroumenos

Je suis mort de rire à la lecture de votre commentaire.

1 Je suis bien Jean-Baptiste Robert et ne me cache pas sous 36 pseudos dans les forums. Je ne suis donc pas le seul de vos contradicteurs.
2 Pour parler de la qualité littéraire intrinsèque du livre de JEB, il est mauvais, et n'a d'interet que par le fond du propos.
3 Ce fond du propos me fait vomir. Et d'expliquer pourquoi.

--
JB Robert

Ecrit par : jb.robert | 23 novembre 2006

C’est donc que le clonage humain a commencé.
Même fond, même forme. Vous êtes seulement plus inconsistant.
Marteler quatre fois la même chose –ce n’est plus un débat, c’est un spot publicitaire.
Comprenez que je zappe.

Ecrit par : Heautontimoroumenos | 24 novembre 2006

A la lecture de vos commentaires, je ne peux pas m’enlever de la tête l’idée tenace que ce n’est pas du livre dont vous êtes en train de parler, mais bien de l’auteur. Or, quels sont réellement les reproches qui viennent sur le tapis ? Pêle-mêle, ses échecs à l’ENA, ses soit-disant (je cite) « frustration sexuelle, homophobie, misogynie,… », son « ambition démesurée ». Cette liste n’est pas exhaustive, et après lecture de tous vos messages, rien de constructif ni de réellement pertinent sur la teneur du livre. En lisant vos commentaires, j’ai l’impression que je suis en train de lire une critique de la biographie de Jean-Eric Boulin.

Heureusement, il y a aussi des messages qui s’efforcent de donner un avis pertinent, en s’écartant de toute facilité qui viserait à relier automatiquement la personnalité d’un auteur à son œuvre.

J’ai lu ce roman, pas une page pas deux pages, mais tout le roman.

Juste pour me situer : j’aime lire et les écrivains que j’affectionne particulièrement sont Russel Banks et Paul Auster. Autant dire que ce n’est pas du tout le style de JEB.

Et pourtant j’ai vraiment apprécié Supplément au roman national. Je ne suis pas hyper cultivée, et même si j’aime beaucoup lire je ne suis vraiment pas calée en littérature. Comme la plupart d’entre nous je suis issue de l’école « républicaine » où l’on nous apprend à lire et à écrire, que la France est la nation des droits de l’Homme, que les classes sociales n’existent plus, etc … mais où l’on ne nous apprend pas l’originalité, car le formatage est tellement plus facile à contrôler, et où l’on nous apprend très peu à réfléchir par nous même.

Il me semble que l’ouvrage de JEB est une fiction, présentée en tant que telle, même si elle s’ancre dans une réalité bien contemporaine avec des personnages (François Hollande) réels. Je ne veux pas entrer dans le débat selon lequel il y a forcément une connexion entre le vécu, l’expérience d’un auteur et les livres qu’il écrit. Faut-il être immaculé, vierge de tout défaut ou encore de toute appartenance politique pour avoir le droit d’écrire un pamphlet sur la société actuelle ? Y-a-t-il d’ailleurs un quelconque droit à écrire un livre ? C’est pourtant ce que je suis porté à penser en lisant certains de ces commentaires, et en vérité, cela m’attriste.

Les critiques sur sa manière d’écrire, son style, sont valables à la condition qu’elles ne servent pas à attaquer en creux l’auteur lui-même. La question est déjà éculée, je me souviens des mêmes critiques portées à l’encontre de Michel Houellebecq.



JEB parle de la banlieue, du monde politique, de la gauche socialiste. Certain disent que ce roman fait le jeu de l’extrême droite, je ne vois pas ce qui les fait dire ca. J’ai plutôt l’impression (bien sur je peux me tromper) que ce jeune écrivain est de gauche, et que c’est parce qu’il est déçu et dégouté de cette « droite » gauche qu’il la critique.

Je ne peux dire ni même être convaincue de savoir ce que JEB est, comment il pense mais je peux parler en mon nom :

Pour me situer :

- Non je n’ai pas grandi dans une cité, j’ai un nom bien français, viens de province et ai la peau blanche.

- Oui depuis mon enfance j’ai des amis de tous les horizons, et ai constaté toutes sortes d’injustices.

- Adulte j’ai rencontré le père de mon enfant : il était clandestin, il fuyait la « guerre civile » ivoirienne, et nous avons vécu des tas d’injustices (surtout lui) à en être écœurés : le racisme, la peur des autres par manque de bienveillante indifférence.

On lui reproche son « amertume », aussi le propos de son livre serait donc forcément coloré, biaisé par ce cynisme que lui attribuent des personnes qui ne le connaissent même pas. Le raccourci est alors facile, d’une œuvre sincère et portée par une réelle envie de faire bouger les choses et d’amener les gens à réfléchir, le roman de JEB est alors présenté comme l’expression du mépris, de la déception (pour reprendre ça et là des mots de ce forum) de l’auteur. Une nouvelle forme de censure en somme. Une façon de désamorcer toute la portée du roman.

Ce que j’ai vécu m’a forgé et je pense que ce que décrit JEB est la vérité, en tout cas celle que je vois.

Je souhaite le remercier de montrer tout cela à sa manière parce que je suis de son avis :

- les classes sociales existent,
- les intouchables existent,
- les INVISIBLES existent.


Peut-être qu’il vaut mieux s’attarder sur le bon qu’il y a à retirer de ce roman, car il en regorge, et mettre de côté les querelles stériles, non ? Que nous reste t-il dans le pays des droits de l’homme : baiser avec nos frères et sœurs « jaunes », « noirs », « blanc », « rouges », « métisses », se mélanger.

Merci JEB pour ce livre d’amour.

Ecrit par : M.A | 06 décembre 2006

Mort de rire.
Ce livre pue la haine, et je parle bien du livre pour lequel j'ai sorti 15 euros detrop. J'ai le meme sentiment après cette lecture qu'après celle de voyage au bout de la nuit, sauf que le style littéraire de jeb est illisible.

Oui, ce livre est d'extrème droite, parce qu'il substitue ou réduit les classes sociales au verni médiatique. Il sert l'extrème droite car il transpire la haine, dépeint les "invisibles" comme des gueux près à fomenter des attentats.
oui, ce livre est d'extrème droite car il vomit la République.

Que son auteur soit en plus ambivalent ne sert pas le livre.
Livre d'amour ?On croit rever ?C'est aujourd'hui la ligne de défense de jeb ( vu sur je ne sais plus quelle emission littéraire) qui se rend bien compte qu'il a été trop loin, plus loin qu'il ne le pensait dans la mediatico-outrance!

Ecrit par : jb.R | 27 décembre 2006

Comment peut-on descendre ce chef-d'oeuvre avec tant de haine, de mauvaise foi et, certainement, de jalousie ?
Ce pamphlet est d'une efficacité époustouflante, je ne savais pas qu'un auteur contemporain pouvait encore sortir un bouquin pareil : l'écriture est d'une beauté ravageuse, le contenu, quoique peut-être un tantinet exagéré vers la fin, est édifiant sur la France d'aujourd'hui...

Ensuite, le caractère de l'auteur importe peu : il pourrait être néo-nazi, pédophile, tueur en série ou je ne sais quoi, que son livre ne perdrait pas une seule de ses qualités.

A lire d'urgence pour les sceptiques : ce mec est un génie pur, et j'espère franchement, pour la littérature française, qu'il s'empressera de rédiger un autre roman, pamphlet ou autre, peu importe, mais ce style est délicieusement jouissif, l'écriture jubilatoire, un bouquin coup de poing, brut de pomme, à conseiller à tous ceux qui sont lassés de la production française du moment.

Ecrit par : B.H. | 02 janvier 2007

le probleme n'est pas l'auteur, mais bien ce livre, qui distille la haine .

Les eleves de Columbine ont commencé par faire ce genre de redaction avant decommettre une fusillade. Lesmots ne sont pasinnocents.

Ecrit par : rachid bourem | 07 janvier 2007

Moi j'ai lu le livre. En entier mais en plusieurs fois. Bon, dans le style ça m'a rappelé Sartre : le sursis (le deuxième tome des chemins de liberté), très haché, des phrases courtes percutantes. Un style qui déconcerte, mais celui de Sartre m'avait beaucoup gêné alors que celui de Boulin est tellement percutant avec des images violentes qu'il pousse le lecteur (peut-être malgré lui) en avant dans le livre pour savoir comment l'histoire finit.
C'est un roman, incontestablement, avec des itinéraires individuels croisés. Il réinvente le destin de plusieurs personnages d'après celui d'auteurs de faits divers qui ont marqué l'actualité (Khaled Kelkal, Richard Durn), François Hollande va à lui seul représenter le corps des élites, naturellement désignés pour représenter la nation.
La structure du livre est importante : il faut observer que les chapitres ne sont pas écrits tous de la même manière : ceux qui livrent les clés des personnages sont écrits de manière traditionnelle. Une histoire est racontée, le lecteur peut plus ou moins la suivre.
À partir du chapitre le peuple, les choses se corsent, le style emprunte souvent des images qu’il faut décoder, cela commence dès la première phrase, et même si l’explication suit derrière, cela n’est pas très clair. Il faut beaucoup de connaissances ou d’expérience pour savoir de quoi l’auteur, qui est cultivé, parle. La fin du chapitre bouscule encore plus le lecteur : chaque paragraphe est relié à un thème avec une accumulation de phrases types, que l’on entend chez les élites, dans les média, c’est très souvent le langage du pouvoir qui est tourné en ridicule : regardez l’avant dernier paragraphe, c’est à se tordre de rire.
Et la dernière partie (continuer en 2007) poursuit cette cavalcade infernale, mais c’est dans celle-ci que l’on peut savoir ce que veut vraiment dire l’auteur.
Justement, il est bien possible que ce livre qui à mon avis dénonce le système de strates sociales qui pèsent sur le pays, révèle énormément sur celui qui le commentera. Bourgeois installé, il n’aimera pas cette violente satire sociale. Peureux et beauf, il ne l’aimera pas non plus, les noirs, les arabes ne veulent pas rester à leur place.
La confrontation de la page 137 par exemple qui décrit les batailles de rue avec perte et reprise par les « insurgés » de leur batiment d’habitation, et de la page 142, où le nouveau président élu françois hollande devient l’homme de la situation en promettant ce qu’il faut de promesses pour que tout continue comme avant, tout cela est très conforme aux réalités que certains arrivent à voir en ce moment-même dans notre pays.

Moi j’y vois un roman puissant car il est très évocateur de notre réalité sociale, même si le sens général est délicat à déceler (il faut relire la fin).
J’invite donc les jeunes (dont il est souvent question d’ailleurs) à le lire, même si c’est difficile et d’apprécier ensuite les critiques qui lui seront faites.

Ecrit par : laurent m | 07 février 2007

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