Midilibre.com
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Voter pour ce Blog | Créer un Blog


« Tronic Café : Mirrormask | Page d'accueil | Rangement… »

14 août 2006

Brick, un film de campus un peu trop ambitieux

medium_brick1.jpg

S’il fallait trouver un film récent qui puisse parfaitement illustrer l’expression « film de jeunesse », nul doute que Brick (qui sort mercredi en France) serait un choix évident. Premier long métrage de Rian Johnson, 33 ans, le film réunit un casting dont la quai-totalité des membres ont tout juste vint ans. Et pour cause : l’ambition du réalisateur était de croiser le film de campus avec l’enquête criminelle, en y ajoutant un zeste de film sur la mafia. Louables ambitions qui, hélas, ne se révèlent pas toujours aussi fracassantes que le réalisateur l’a sûrement souhaité.


medium_brick2.jpgLycéen surdoué, Brendan Frye (Joseph Gordon-Levitt, déjà vu dans Mysterious skin) reçoit un coup de fil mystérieux de son ex-petite amie, Emily. Lorsque celle-ci disparaît subitement, Brendan n’a de cesse de la retrouver. Il en appelle alors à un débrouillard de génie, le « cerveau » (Matt O’Leary). Mais l’enquête va mener les adolescents dans des situations qu’il n’auraient même pas osé imaginer. Pour retrouver Emily, Brendan suit Laura (Nora Zehetner), une jeune femme raffinée mais mystérieuse, qui le mène jusqu’au Pin (Lukas Haas, dans son meilleur rôle depuis Witness et Last days), jeune baron local de la drogue et du crime organisé.
On ne pourra que saluer l’ambition de Rian Johnson pour ce premier film. Réalisé avec seulement un demi-million de dollars de budget dans le lycée où il fit ses études et en faisant appel aux talents de plusieurs membres de sa famille, Brick n’ambitionne pas moins de révolutionner le film de campus, genre anglo-saxon par excellence qui a déjà engendré plusieurs chefs-d’œuvre. Outre les comédies à l’humour douteux, de nombreux cinéastes se sont déjà emparés du genre pour le métamorphoser. On citera bien sûr Elephant, mais aussi Napoleon dynamite, Les lois de l’attraction, Heathers, et, comme il se doit, Donnie Darko qui fit de son réalisateur, Richard Kelly, un cinéaste culte dès ce premier film.
L’étrangeté de Brick, son style visuel ample et hors normes, et la maîtrise certaine de son réalisateur suffirent largement pour que Rian Johnson soit proclamé comme « le nouveau Richard Kelly ». Tout commence au festival de Sundance, où le réalisateur reçoit en 2005 le prix spécial du jury pour « l’originalité de sa vision ». Un prix qui déchaîne une certaine presse cinéma assoiffée de nouveaux talents. Le buzz autour de Brick est lancé, et lui créé une réputation honorifique plus que bénéfique pour sa sortie européenne.
medium_brick4.jpgHélas, mille fois hélas, ce n’est pas cette fois-ci que Rian Johnson entrera dans le cercle très fermé formé par ses aînés. Brick ne manque pas de qualités, certes : sa mise en scène, nous l’avons vu, son ambiance mystérieuse, et ses personnages tordant le cou aux stéréotypes du genre (servis d’ailleurs par une distribution quasi-parfaite). Mais, sur la durée, le film ne tient pas ses promesses, et le concept même du film tourne parfois au ridicule, au décor de carton pâte voire même, pour certains scènes, au petit théâtre de Guignol. Lukas Haas est peut-être parfait dans son rôle de patron de la pègre locale, qui croirait que son quartier général n’est autre qu’un local attenant à sa chambre à coucher ? C’est peut-être le plus gros défaut de Brick : en effaçant scrupuleusement la quasi-totalité des personnages d’adultes, le réalisateur a privé son film d’une nécessaire crédibilité.
On pardonnera toutefois à Rian Johnson d’avoir eu pour ce premier film « les yeux plus gros que le ventre ». Il est en effet quasiment certain que son talent de réalisateur fera bientôt des merveilles, peut-être pour le compte d’un scénariste plus expérimenté.

Un film de Rian Johnson avec Joseph Gordon-Levitt, Lukas Haas, Matt O'Leary, Nora Zehetner…

 

Commentaires

Je ne sais s'il est déjà sorti en France mais dans ce registre, on ne peut qu'applaudir le premier bon Bruce Willis depuis quelques années : Levin's number. Vraiment bien foutu, à mi chemin entre USUAL SUSPECT et LE PARRAIN ;-))

Ecrit par : MiKE | 15 août 2006

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.