« World Trade angels, l’évocation française d’une tragédie new-yorkaise | Page d'accueil | Brick, un film de campus un peu trop ambitieux »

12 août 2006

Tronic Café : Mirrormask

medium_mirrormask.jpg

Si les adaptations au cinéma de bandes-dessinées sont aujourd’hui légion, il est par contre beaucoup plus rare que des artistes de B.D. passent derrière la caméra pour mettre en images des créations originales. Mirrormask fait partie de ce cercle très fermé de films, puisque l’on retrouve à ses commandes un des duos les plus créatifs de ses dernières années : le scénariste Neil Gaiman et le dessinateur Dave McKean, qui pour l’occasion passe à la réalisation. Sans grande surprise, le film est une véritable odyssée visuelle, qui plonge le spectateur dans un monde enchanteur aux décors et personnages inédits.


medium_mm1.jpgHelena (Stephanie Leonidas) est une adolescente vivant sur les routes avec sa famille, propriétaire d’un cirque très apprécié par le public. Artiste née, elle se réfugie dans le dessin, et recouvre les murs de sa chambre de croquis fantastiques. Mais la jeune fille, très sollicitée sous le chapiteau, en a assez de la vie qui lui imposée, et rêve de voler de ses propres ailes. Alors qu’elle se dispute à ce sujet avec sa mère Johanne (Gina McKee), cette dernière lui affirme qu’elle ne pourrait mener une vie normale toute seule. Dans un moment de colère, la jeune fille souhaite alors voir sa mère morte. Le même soir, lors de son numéro, Johanne s’écroule sur la scène, et doit être transportée à l’hôpital le plus proche pour une opération. Dans son sommeil, Helena est alors transporté dans un monde merveilleux mais sombre, peuplé de créatures qu’elle a dessinées. Elle y découvre la reine de la lumière, le double de sa mère, qu’un mystérieux coup du sort a laissée inconsciente. Flanquée de Valentine (Jason Barry), une étrange créature, Helena doit partir à la recherche d’un mystérieux Mirrormask, qui ramènera la reine de la lumière à la vie…
Mirrormask fait partie de ces films qui mettent au défi ceux qui tentent de les résumer avec des mots. Il s’agit, nous l’avons dit, d’une véritable expérience visuelle, dans laquelle on retrouve tout le génie d’illustrateur de Dave McKean, qui a conçu et réalisé la majorité des storyboards et décors. Les tons pastels et ocres, parfois proches du noir et blanc, qui sont la « griffe » du dessinateur se retrouvent tous dans cet univers onirique, tout aussi foisonnant que les dessins statiques qui emplissaient les pages des romans graphiques portant son signature. Pour les amateurs de McKean, dont je fais incontestablement partie, Mirrormask est donc plus qu’un enchantement : un véritable miracle, qui met en mouvement de véritables chefs d’œuvres de bande-dessinée.
medium_mm2.jpgMais cette prédominance de l’univers visuel peut, on le sait, se révéler à la longue être un handicap lourd pour une œuvre cinématographique. Car, sans scénario ou presque, pas de film. Il est clair que ce déséquilibre est l’un des seuls points faibles de Mirrormask. Beaucoup n’ont d’ailleurs pas manqué de constaté que son script se rapproche au plus près de celui de Labyrinth, fable signée en 1986 par le grand Jim Henson et interprétée par David Bowie et Jennifer Connelly. Mirrormask étant également produit par The Jim Henson Company, certains esprits cupides ont même supposé que le film signé Gaiman et McKean n’était qu’un produit dérivé du film originel, destiné à relancer pour un jeune public un scénario ayant si bien marché avec leurs parents (depuis sa sortie, il y a vingt ans, les ventes de DVD de Labyrinth n’ont jamais faibli).
Face aux similitudes de scénario et d’univers, on ne peut que se poser des questions face à une théorie aussi cynique, et reconnaître qu’il n’y a pas probablement pas de fumée sans feu ! Sauf que la majorité des remakes déguisés se contentent de recycler l’univers de leur modèle. Mirrormask, lui, en crée un radicalement nouveau, et ô combien original… Ayant été produit pour seulement 4 millions de dollars, Mirrormask donne ainsi à l’écran l’impression d’en avoir coûté dix fois plus. Certes, l’importance d’un budget n’a jamais été synonyme d’une qualité proportionnelle, mais dans le cas présent, il est important de noter l’effort fait par les créatifs pour masquer les imbroglios financiers des coulisses du film.
Tourné en 2003, puis présenté au festival de Sundance en janvier 2005, Mirrormask se dévoila finalement au grand public qu’en ce début 2006, directement en DVD dans la majorité des pays, (à l’exception de l’Angleterre). Ce sera également le cas en France, Sony annonçant la disponibilité du disque pour le 3 octobre prochain. Les plus impatients peuvent toutefois se procurer le DVD anglais, également en zone 2, pour moins de 15 euros sur Internet.

Un film de Dave McKean avec Jason Barry, Stephanie Leonidas, Rob Brydon, Gina McKee…

Commentaires

Vraiment un bon film, les décors sont impressionnants, cela donne une ambiance… inoubliable, le style est vraiment particulier. Peut être que certains penseront que le scénario est léger, mais je l’ai appréciée, car l’histoire est ainsi pleine de mystère et l’on se pose plein de question à la fin du film, "quelle était la portée implicite de ce film ? (assez focalisée sur les relations mères/fille)y en avait-il une d’abord ?" … ce film est intriguant et magnifique

Ecrit par : Juliette | 28 octobre 2008

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.