« Nouvel album de Quantic “An Anouncement To Answer” | Page d'accueil | Lectures d’été, livres de rentrée »
03 août 2006
Trilogie Pusher : brutale plongée dans le monde de la drogue

Cette semaine sort en France la trilogie Pusher, réalisée entre 1994 et 2005 par le cinéaste danois Nicolas Winding Refn. Les films ne sont projetés pour l’instant que sur le seul écran parisien du cinéma Ciné Cité Les Halles, car le distributeur a eu une idée lumineuse, quoique difficilement exploitable à échelle nationale : sortir les trois films le même jour. Cette initiative est probablement l’une des meilleures de l’année en matière de diffusion cinéma, tant les trois films sont interdépendants entre eux, formant un ensemble d’une cohérence rarement atteinte au cinéma.
La trilogie Pusher est dominée par trois « professionnels » de la drogue à Copenhague. Chacun d’entre eux est au centre d’un des trois films, selon une règle stricte : le personnage principal d’un épisode n’apparaît plus dans le ou les suivants. Le premier Pusher est centré sur Frank, un petit dealer se fournissant chez Milo, un des gros bonnets de la ville. Toujours flanqué de son ami Tony, Frank doit beaucoup d’argent à Milo, qui commence à se faire menaçant. Frank convainc Tony de faire un gros coup lui permettant de rembourser. Mais les deux hommes se font prendre, et Tony dénonce Frank à la Police. De rage, Frank s’en prend violemment à Tony, et le roue de coups. Désormais en fuite, Frank convainc sa petite amie de quitter le pays avec lui…
Dans Pusher II, sous-titré Blood on my hands, on retrouve le personnage de Tony, à sa sortie de prison. Décidé à trouver du travail, il va voir son père, surnommé « Le duc », avec qui il entretient des relations houleuses. Ce dernier accepte cependant d’embaucher Tony dans son garage, qui couvre une importante activité de revente de voitures volées. Alors que les relations entre les deux hommes se détériorent chaque jour, Tony apprend qu’il le père de l’enfant d’une prostituée. Cette découverte va profondément modifier la vision de Tony sur sa propre vie…
Enfin, Pusher III : I’m the angel of death raconte 24 heures de la vie de Milo, le dealer des dealers (et unique personnage présent dans chaque épisode de la trilogie). Son age avançant, celui-ci débute une thérapie pour se désintoxiquer de l’héroïne. Toutefois, Milo n’est pas prêt à abandonner son business dans la drogue. Alors que ce « bon père de famille » doit préparer le repas pour la fête du 25ème anniversaire de sa fille, Milo est confronté à plusieurs imprévus. Attendant une livraison de cocaïne, il reçoit 10000 pilules d’ecstasy. Milo charge un de ses hommes de les vendre. Mais l’affaire va obliger Milo à retrouver certaines vieilles connaissances, qui vont mettre à l’épreuve ses bonnes intentions de désaccoutumance…
Tourné avec un budget minuscule et en 16mm, le premier Pusher est un semi-documentaire, tourné dans la rue, selon des consignes très strictes (par exemple, les bruitages correspondent à ce qu’entend le personnage principal). L’ambiance et le style très percutants du film font de Pusher un immense succès international. Mais le réalisateur attend néanmoins près de dix ans avant d’en tourner une suite : « D’abord, l’idée m’a révolté. J’avais peur de l’échec artistique. Je pensais seulement le produire. » explique Nicolas Winding Refn, qui a entre temps réalisé le thriller hollywoodien Inside job, avec John Turturro. « Puis en cours d’écriture, l’idée de faire le troisième est arrivée. On pouvait envisager l’ensemble comme une série. »
Ce qui fait la réussite de la trilogie, nous l’avons dit, c’est sa cohérence en tous points – ce qui l’éloigne définitivement d’une simple idée commerciale. Sur le plan du scénario d’abord, qui garde le spectateur dans un univers qu’il connaît, sans pour autant avoir recours aux traditionnelles « ficelles » des numéros 2 et 3. L’ambiance ensuite, applique à chaque personnage le même traitement qu’à son précédent : immersion dans le décor, cruauté des situations, dilemmes psychologiques. Mais la trilogie Pusher donne finalement l’impression de représenter les trois facettes d’une même problématique, posant les bonnes questions dans chaque angle. Toutefois, Winding Refn n’est pas là pour apporter des jugements, et encore moins des solutions. Ses films sont seulement des tranches de vie les plus réalistes possibles, qui s’achèvent brutalement, sans donner au spectateur plus d’indication sur le devenir des personnages.
Certes, les trois épisodes n’ont pas tous la même qualité artistique. Comme souvent, le second est le parent pauvre de la famille, à cause d’un scénario plus convenu, hanté par le personnage du père et des questions sur la filiation. Le premier opus est finalement moins réussi que le troisième, probablement le chef-d’œuvre du lot, qui présente le quotidien d’un dealer sous un angle jamais vu au cinéma.
Il n’empêche que le réalisateur, qui voulait à l’origine tourner exclusivement avec de vrais gangsters (il y en a eu d’ailleurs beaucoup qui se sont mélangés aux acteurs professionnels) a réussi son pari. Celui d’un film multiple, passionnant, révoltant, brutal. Et qui a déjà gagné haut la main une place de choix dans la listes 2006 des meilleurs films de l’année.
Pusher : 
Pusher II : 
Pusher III : 
Trois films de Nicolas Winding Refn avec Kim Bodnia (Pusher), Mads Mikkelsen (Pusher et Pusher II) et Zlatko Buric (les trios episodes)
Découvrez les bandes-annonces des trios films sur le site official de la trilogie.
15:28 Publié dans Critiques cinéma, Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
















Commentaires
Je possède la trilogie en divx depuis quelques temps etje la reguarde toujours avec plaisir car elle décrit un univers dont je suis proche et de façon très réaliste. Sans vraiment ètre moraliste, elle permet a chacun de ce faire son opinion sur l'univer de le la drogue. Mais pour moi les 2 premiers surplombe largement le troisième qui pourtant fini la trilogie de la meilleur des manières. "quoi qu'on est fait, ca fini toujours par nous rattraper !"
Ecrit par : trent31 | 29 avril 2008
FRANCHEMENT C FILM DE TUEUR LA VeRITé
Ecrit par : SIMON | 06 octobre 2008
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.