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13 juin 2006
Cars dérape et les financiers vont dans le mur

Sorti vendredi 9 juin aux Etats-Unis, Cars, le nouveau dessin-animé signé Pixar a réalisé 60,1 millions de dollars de recettes pour son premier week-end. Un score que la majorité des longs métrages n’atteignent jamais avant d’être retirés de l’affiche. Et pourtant, ce chiffre a été considéré par les businessmen d’Hollywood comme une contre-performance, au point de faire baisser le prix de l’action de Disney en bourse.
Ce genre de considérations purement financières n’intéressent que très rarement le grand public. Mais celle-ci est pourtant l’occasion pour nous de faire un portrait assez éloquent de ce que peuvent être les préoccupations des « insiders » de la capitale américaine du cinéma. En avant, donc, pour une plongée dans les entrailles des névrosés du box-office.
Deux préalables doivent être précisés afin de bien décrire le contexte. En premier, Disney a acquis l’an dernier Pixar, entreprise emblématique de l’animation, pour un montant de 7,1 milliards de dollars. Cette somme, légèrement surévaluée, est principalement due aux succès répétés de tous les films estampillés Pixar. Ce qui nous amène au second point : Monstres & Cie, Le monde de Nemo et Les indestructibles avaient tous dépassé les 70 millions de1 dollars de recette lors de leur premier week-end aux Etats-Unis. Les analystes prédisaient donc pour Cars une recette de 75 à 80 millions pour sa sortie, en partie à cause du fait que le film voyait le retour à la réalisation de John Lasseter, fondateur de Pixar et réalisateur des Toy story.
La chute de plus de dix millions de dollars qu’accusent les recettes de Cars par rapport à ses prédécesseurs est donc plus qu’une déception pour Disney. Dès lundi, les marchés financiers ne tardent pas à sanctionner l’entreprise aux grandes oreilles. L’action de la multinationale, cotée aux alentours de 29 dollars, commence par chuter de plus de 3% en cours de journée, avant de se revigorer un peu pour terminer la journée à une baisse de 1,5%. Une chute considérée par beaucoup comme une mini-catastrophe, en grande partie à cause du fait que la cotation de l’action Disney a augmenté de plus de 20% depuis le 1er janvier 2006.
Dès hier soir, les rubriques économiques des quotidiens s’enflamment, sortant pour l’occasion des titres dignes d’un tsunami économique. « Cars fait perdre son éclat à Disney » (Variety), « Cars laisse Disney sur le bord de la route » (Hollywood reporter)… Pour sa part, le site pro ShowBiz data se contente d’un plus modéré « départ (quelque peu) enrayé pour Cars », tout en citant un passage du Los Angeles times, dans lequel Anthony Valencia, analyste financier pour la société californienne TCW, fait peut-être l’analyse la plus censée de tout ce cirque. Pour lui « Pixar est un peu dans la position d’un parent habitué à ce que son enfant soit premier de la classe et qui, un jour, voit ce dernier revenir avec une note moins brillante ».
C’est sur ces bonnes paroles (enfin sensées) que s’achève notre plongée dans le monde merveilleux des financiers d’Hollywood. Deux choses tout à fait « annexes » en passant : Cars sortira en France demain, et il est considéré par de nombreux critiques comme le meilleur film réalisé par Pixar. Mais on se doute bien que ce genre de considérations n’a, malheureusement, aucune influence sur les marchés boursiers.

15:29 Publié dans Cinéma, Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cars, Disney, Pixar, John Lasseter, marchés financiers, Culture Café























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