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12 juin 2006
Les trouble-fêtes du Cinéma

L’été approche et, avec lui, les traditionnelles fêtes made in JackLan(g)d, c’est à dire celles de la musique et du cinéma. Cette dernière, qui se déroulera du dimanche 25 au mardi 27 juin prochains, est celle qui nous intéresse aujourd’hui. En effet, dès mercredi commenceront à sortir les films qui empliront les salles au cours de l’événement.
Au cas où certains journalistes aient déjà mis leur conscience professionnelle en vacances, le dossier de presse rappelle clairement ce qu’est la Fête du cinéma : « Moisson de films pour les uns, séances de rattrapage pour les autres, découvertes de nouvelles cinématographies ou d'autres salles : La Fête du Cinéma est un événement à vivre sans modération ! ». Comme d’ordinaire, l’achat d’un ticket à plein tarif vous permet d’accéder à autant de séances que vous le souhaitez, chacune d’entre elles ne vous coûtant que deux euros.
Les « nouvelles cinématographies » annoncées dans la présentation ne représentant pas, et de loin, la majorité des entrées, il faut donc se tourner vers les grosses machines pour savoir ce qui, cette année, va remplir les salles du pays. Les blockbusters américains seront, une fois encore, au devant de la scène. Parmi les nouveautés, on peut annoncer sans briser le suspense que Cars, Poséidon, La malédiction, American dreamz, Scary movie 4 et La rupture vont afficher complet dans les multiplexes. Quelques retardataires permettront aussi au Da Vinci code, Marie-Antoinette, Volver et Camping de faire de même.
Et la France, dans tout ça, me direz-vous ? Et oui, la présence de notre cinématographie nationale dans la fête est toujours le même problème. Car il semblerait bien que les producteurs choisissent l’événement pour lancer dans l’arène plusieurs films pour lesquels le démarrage aurait été plus qu’incertain à une autre période de l’année. Le fameux dossier de presse de la Fête du cinéma précise d’ailleurs que celle-ci « permet notamment aux films de bénéficier d'un fort démarrage et de créer un bouche à oreille rapide leur ouvrant la voie à une carrière estivale. » En d’autres termes, créer pour ces films plusieurs milliers d’entrées « factices », en grandes dues au fait que les spectateurs qui ne peuvent accéder aux salles combles des grosses machines choisissent, à contre cœur, de se rabattre sur autre chose…
Vous voulez des exemples ? En voici. Dès le 7 juin, La maison du bonheur, premier chef-d’œuvre réalisé et interprété par Dany Boon, a ouvert le bal. Dès mercredi, ce sera au tour des Irréductibles (avec Kad Merad) et d’On va s’aimer, avec Alexandra Lamy. Le 21 juin, enfin, suivront L’entente cordiale avec Clavier et Auteuil et un teen-movie français, Mes copines. Soient cinq longs métrages contre lesquels devra résister, dans une combinaison de salles beaucoup plus faible, le très original Paris, je t’aime.
Rappelons pour renforcer la démonstration que, l’an dernier à la même époque, des films aussi inoubliables que Le démon de midi, L’amour aux trousses et Le courage d’aimer (de Lelouch) s’étaient retrouvés dans la course face à Batman returns, Madagascar et, malgré tout, un « hit » national, Les poupées russes.
Et si la morale de l’histoire était tout simplement qu’il vaut mieux s’offrir une séance à plein tarif pour le film qu’on a VRAIMENT envie de voir, plutôt qu’une projection à prix bradé d’un navet sitôt vu, sitôt oublié ?
16:48 Publié dans Cinéma, Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fête du cinéma 2006, Les irréductibles, On va s'aimer, La maison du bonheur, L'entente cordiale, Mes copines, Culture Café
















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