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05 juin 2006

Claude Lelouch, version 2.0

medium_lelouch.jpg


Je n’avais pas eu l’occasion jusqu’à aujourd’hui d’exprimer sur ce blog la « passion » fougueuse que j’ai pour le cinéma de Claude Lelouch. Le réalisateur de films aussi inoubliables de Viva la vie et La belle histoire m’en donne enfin l’occasion.
Tout a commencé lors du dernier festival de Cannes, pendant lequel Les films 13, société de production de l’auguste personnage, ont acheté un prétentieux encart publicitaire sur papier glacé inséré dans le quotidien professionnel Le film Français. L’objectif ? Annoncer que Lelouch était de retour aux affaires, nous qui croyions avec naïveté que l’homme avait pu prendre une pré-retraite bien méritée, après l’avortement de sa trilogie Le genre humain.


medium_terriens.jpgEt bien non. Lelouch est plus que jamais en forme, et annonce trois projets en tant que producteur et l’un en tant que réalisateur. Quatre films donc, dont au moins trois d’entre eux peuvent nous faire penser que notre Claude national a suivi un stage intensif auprès de Marc Dorcel, pape du cinéma X français.
Le premier d’entre eux, Nos amis les terriens, que l’on devrait découvrir cet été, ose un partenariat qui personnellement me fait froid : Lelouch à la production, et l’écrivain Bernard Werber à la réalisation. Le concept du film est simple : il s’agit d’un docu-fiction commenté par des extra-terrestres sur les us et coutumes de la race humaine. Les premières images, dévoilées ce matin sur Allociné et sur le site officiel du film, se terminent par un très gros plan de fornication d’un homme et d’une femme, filmé à travers une caméra de type rayon X. Une scène sexuelle dans un film estampillé Lelouch ? Diantre ! Ne reste-t-il donc aucune valeur stable dans ce pays ?
medium_adultes.gifMais ce n’est pas tout, loin de là. Le deuxième projet, réalisé par Stéphane Brizé (à qui l’on doit Je ne suis pas là pour être aimé), se titre tout bonnement Entre adultes, Son synopsis reste vague : « 6 hommes et 6 femmes, 12 adultes (NDR : il y a bien le compte) s’aiment, se mentent, se manipulent, se trompent, se confient et se quittent. La vie… ». Mais la vision de la bande-annonce, qui s’ouvre quasiment sur la phrase « Toi avec Camille, tu la sodomises ? » en dit plus long sur la suite : ce sont deux minutes exclusivement dédiées aux coucheries, tromperies, dans un dialogue aussi éloigné que possible des bluettes Lelouchiennes.
medium_bzz.jpgMais ceci ne sont, au bout du compte, que des productions. Là où tout devient intéressant, c’est le fameux projet de Lelouch lui-même, titré Bzz… (le réalisateur aurait-il écouté ses spectateurs dans les salles ? ). Sur l’affiche, deux insectes en pleine copulation, et la phrase « librement adapté du roman de Guillaume Cochin ». Une rapide recherche sur Amazon nous informe du synopsis du livre, à notre grande stupéfaction. Jugez plutôt : « Sur le visage de Serge, aucune souffrance, les traits paisibles d'un homme qui dort, un homme qui rêve, rêve de pénétrer tout entier dans le sexe d'une femme, assise cuisses légèrement entrouvertes, dans un train de banlieue entre Mantes-la-Jolie et Paris. Un homme mouche qui salive devant une culotte, aussi grande que la grand-voile d'un navire et gonflée par le mont de Vénus. Une mouche posée, comme un grain de beauté, à l'entrée de la vie. »
Un résumé qui se passe de tout commentaire. Et comme aurait pu dire l’autre : Good night, and good fuck.

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