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02 juin 2006
Rentrée littéraire 2006 : les premières rumeurs

Evénement culturel par excellence, la rentrée littéraire de Septembre est toujours l’objet de nombreuses rumeurs et chroniques emportées. Si aucun mastodonte à la Houellebecq n’est attendu, de belles surprises pourraient apparaître cette année, surtout en littérature étrangère. Avant les interminables pronostics sur les prix littéraires, voici quelques pistes sur les romans à paraître en août et septembre prochain.
La France, d’abord. Le traditionnel Amélie Nothomb sera bien présent à l’appel, intitulé cette année Journal d’hirondelle. Toujours chez Albin Michel, on retrouvera Maurice G. Dantec, non pas avec le très polémique American black box, mais un mystérieux Grande Jonction, nom de la ville dans laquelle se déroulait déjà Cosmos Incorporated. Toujours du coté des poids lourds, Flammarion nous promet un trio de « joyeux » drilles. Tout d’abord le nouveau Christine Angot, sobrement titré Rendez-vous. Serge Joncour, lui, tentera de renouveler « l’exploit » littéraire de L’idole avec un roman au titre prometteur : Que la paix soit avec vous. Enfin, et ce n’est pas une petite nouvelle, Florian Zeller (La fascination du pire) sortira de son silence avec Julien Parme. Toutes les bonnes choses ont une fin…
Pas encore remis de Partouz ? Il va bien falloir, pourtant, Grasset nous annonçant un nouveau Yann Moix, tout simplement titré Panthéon.
Mais arrêtons-nous plutôt sur les parutions plus intéressantes. L’Olivier nous annonce un nouveau Jean-Hubert Gaillot, au titre plus que prometteur : Bambi Frankenstein. Au Seuil, Alain Fleischer revient à nouveau avec L’amant en culottes courtes. Enfin, Julliard publiera, un an pile après L’attentat, un nouveau Yasmina Khadra, Les sirènes de Bagdad. Une nouvelle occasion pour l’auteur de tenter sa chance dans la course aux prix ?
Nous n’avons jamais caché ici notre préférence pour la littérature étrangère. Et le moins que l’on puisse dire est que de grandes traductions nous attendent cette année. L’événement toutes catégories viendra de la publication, chez Grasset, d’un inédit de Truman Capote, plus que jamais à la mode depuis la sortie du film portant son nom. La traversée de l’été (Summer crossing), un manuscrit que l’auteur a longtemps prétendu détruit, sera donc disponible en langue française.
Rick Moody fera à l’olivier son grand retour, deux ans après A la recherche du voile noir. Son nouveau et épais roman, Le script (The diviners) nous promet une plongée dans le monde cruel de la télévision américaine. A rater sous aucun prétexte.
Toujours à l’Olivier, le nouveau roman de Jonathan Safran Foer. Extrêmement fort et incroyablement près (Extremely Loud and Incredibly Close) est une suite directe, sur fond du 11 septembre, de Tout est illuminé (récemment adapté à l’écran).
Autre auteur très attendu ici, Dennis Cooper, duquel P.O.L. publiera le nouveau livre, Dieu Junior (God Jr.). L’histoire de la rédemption d’un homme après qu’il ait accidentellement tué son fils dans un accident de voiture, alors qu’il était sous l’emprise de la drogue.
Deux autres auteurs sur lesquels on compte beaucoup : Chuck Palahniuk avec A l’estomac (Haunted, qui avait fait l’événement l’an dernier aux Etats-Unis) chez Denoël, et William T. Wollman (La famille royale), qui revient sous la traduction de Claro avec Les fusils (The rifles), premier tome d’une saga de six tomes sur l’histoire des Etats-Unis.
Désordres publiera un troisième roman de Kathy Acker (Sang et stupre au lycée). L’auteur devrait à nouveau de choquer les bonnes âmes avec Grandes espérances (Great expectations), qui tend à démontrer la domination masculine sur le monde.
Et pour finir, un jeune auteur à surveiller, Rob Roberge, dont Gallimard publiera le premier roman, Panne sèche (Drive), qui nous plonge dans le quotidien sordide d’une équipe américaine de basket.
Bien entendu, je vous tiendrai informé des parutions et des livres au fur et à mesure que les éditeurs divulgueront informations et premiers manuscrits.
18:05 Publié dans Livres , Loisirs/Culture , Rentrée littéraire 2006 | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Rentrée littéraire 2006, Avant-première de la Rentrée littéraire 2006, Aout Septembre, Rick Moody, Truman Capote, Jonathan Safran Foer, Yann Moix
Commentaires
Comme toujours, de grands bouquins étrangers (surtout ricains) et de petites choses francophonechouillardes. Une volonté délibérée de sabordage de la littérature française de la part de décideurs qui trouvent plus payant d'acheter des droits de best-sellers étrangers ? Why not.
Ecrit par : marc galan, non-écrivain officiel | 18 juin 2006
A propos du prochain roman de Yasmina Khadra. Pourquoi faut-il associer son travail avec "course après un prix" ? Je trouce ce raccourci décevant, scandaleux pour un auteur salué dans le monde entier et pris de haut chez nous. Au fait, l'avez-vous seulement lu ?
Ecrit par : Benjamin 75 | 28 juin 2006
A Benjamin 75 : Et moi je trouve scandaleux que vous puissiez remettre en question le travail (en m'accusant à mots couverts de ne pas avoir lu un auteur) de quelqu'un qui a tout simplement émis un avis avec lequel vous n'êtes pas d'accord.
Tout celà n'est pas très cohérent avec la grandeur d'âme du grand lettré dont vous prenez la posture...
Ecrit par : Christophe Greuet | 28 juin 2006
Je n'ai voulu offenser personne. J'ai horreur des polémiques et des malentendus. J'ai seulement exprimé ma peine de lecteur assidu de cet écrivain. Je trouve que ce n'est pas correct de croire qu'un auteur, en particulier M. Khadra, est forcément obsédé par les prix littéraires. C'est d'ailleurs, à ma connaissance, la seule fois où il a été sélectionné, avec l'Attentat, pour les Grands prix, et pourtant, d'autres de ses textes méritaient autant d'égards, comme les inoubliables "Hirondelles de Kaboul", "Les Agneaux du Seigneur" et "A quoi rêvent les loups". Les romans de Yasmina Khadra nous apportent plus que ce que nous leur offrons. Nous lui devons un minimum de considération.
Benjamin
Ecrit par : Benjamin 75 | 29 juin 2006
A Benjamin : Rassurez-vous, je ne suis pas offensé ni même fâché. Ne partageant pas votre enthousiasme pour les livres de Yasmina Khadra, je pense malgré tout que cette nouvelle parution sera présentée, celà me parait inévitable, comme un nouveau prix potentiel pour l'auteur. Ce n'est d'ailleurs par forcément un mal : si ce genre de "buzz" finissait par avoir de l'influence, peut-être votre auteur favori sera t'il récompensé. Est-ce que vous n'en seriez pas heureux pour lui ?
Mais vous avez en partie raison : il y a des amalgames dont les journalistes devraient pouvoir se débarrasser. La course aux prix, en critique littéraire, en fait évidement partie.
Bien à vous,
Christophe G.
Ecrit par : Christophe Greuet | 29 juin 2006
Je m'appelle Saïd, universitaire, et je vous écris d'Oran.
Yasmina Khadra est un grand monsieur et un grand écrivain. Il est notre fierté et n'a pas besoin de votre enthousiasme. Il a toujours été seul, lâché par tous, et pourtant, de tous les écrivains de nos deux rives, il est celui qui rayonne le plus à l'échelle internationale.
M. Benjamin a raison de s'indigner du peu d'égards que certains accordent à l'énorme travail humaniste et philosophique fourni par Y. Khadra. Il est la seule conscience du monde aujourd'hui, celui qui a le mieux compris son époque. Et votre arrogance ne vous élève aucunement dans l'estime de ceux qui l'ont lu .
Ecrit par : Said Houlallah | 27 juillet 2006
A Said :
si quelque chose vous laisse penser que je tente de m'élever dans l'esprit de mes lecteurs (et encore plus dans celui des lecteurs de Yasmina Khadra), vous vous trompez. Il est clair que je n'ai pas cette prétention.
J'attends de voir si vous aurez la même ouverture d'esprit dont a fait preuve Benjamin dans ses réponses concernant l'opinion des autres.
Car je ne suis pas sûr d'être le plus arrogant de nous deux...
Ecrit par : Christophe Greuet | 27 juillet 2006
Je trouve Saïd trop impulsif, comme tous les Algériens, hélas!... J'adore Yasmina Khadra, et je ne trouve rien de choquant à ce qu'il ne suscite pas le même engouement chez les autres. Chacun est libre d'aimer ou de ne pas aimer tel ou tel écrivain, Saïd. Je comprends ta colère, mais ne l'approuve pas. Et M. Khadra non plus. J'ai eu la chance de le rencontrer. Et de le connaître. Il est d'une humilité et d'une générosité extraordinaires. Il sait que beaucoup ne l'aiment pas à cause des stéréotypes et des a priori, et il sait aussi que d'autres, honnêtes et sans arrière-pensées, ne l'apprécient pas dans le texte. Donc, Saïd, si M. Khadra ne s'en offusque pas, n'offensez personne. Et puisque tu es Algérien comme moi, je m'autorise à présenter les excuses que tu as omis de présenter. Vive la littérature, et vive la tolérance. N'est-ce pas le combat de Khadra ?
Ecrit par : belkaid abbas | 04 août 2006
Cher belkaid abbas,
merci beaucoup de votre intervention ! Je ne comprennais pas la colère de certains posteurs à mon égard sur ce sujet. Heureusement que tous les fans d'artistes dont on n'apprécie peu ou pas le travail ne font pas la même chose !
Concernant Yasmina Khadra, je trouve seulement que certains de ces livres sont en dessous de leurs ambitions d'origine, par ailleurs hautement respectables. Son nouveau roman sortira donc à la rentrée, et je le lirai avec intérêt.
En vous remerciant à nouveau,
CG
Ecrit par : Christophe Greuet | 04 août 2006
Pour M. Christophe Greuet: Pouvez-vous nous citer les romans de Y. Khadra que vous trouvez en dessous de leur ambition d'origine ? Morituri, qui a rendu ses lettres de noblesse au polar?... Les Agneaux Du Seigneur, le grand roman de la tragédie intégriste algérienne ? Les Hirondelles de Kaboul, que les plus grandes plumes du monde ont salué, notamment le prix Nobel Coetzee, et l'écrivain grec le plus traduit Petros Markaris qui a élevé ce roman au rang d'Antigone ? Cousine K, qui est à deux doigts de la perfection ? L'Attentat, dont l'humanité a crevé les yeux des envieux ?... Non, monsieur. Toutes les oeuvres de Khadra sont de grands livres, de grands moments de littérature. Il se trouve des gens qui, au lieu d'accéder à une oeuvre, la ramène à leur inconsistance. C'est Khadra qui le dit. Il s'agit de racisme intellectuel qui empêche certains de reconnaître les mérites, encore moins le génie, d'un écrivain fabuleux qui a le tort d'être Algérien. A Alger, Khadra a raconté ceci : "Lorsque mon éditeur israélien avait annoncé à des proches, journalistes et intellos, qu'il allait me traduire à Tel Aviv, on lui a rétorqué, outrés: mais c'est un Algérien!... Comprendre par "Algérien", menu fretin, personne sans intérêt; negligeable...".
Pour ma part, j'ai longtemps enseigné dans différentes universités, à l'étranger d'abord puis dans mon pays l'Algérie. Je ne suis pas raciste. Mais je sais reconnaître le racisme, le vrai, le plus dangereux: le racisme intellectuel. Et ne pas voir la grandeur de Khadra en est l'expression la plus criarde.
Ceci dit, M. Greuet, je ne pense pas que vous êtes un raciste. Vous êtes seulement la preuve que les mentalités, par endroits, refusent de s'émanciper. A l'usure, et à votre corps défendant, vous devenez raciste par défaut.
Merci.
Signé:
Une Algérienne qui défend la plus grande chance de son pays : le talent, incarné aujourd'hui par un fils du désert, Khadra, l'Arabe musulman qui a osé se donner un prénom de femme, audace qui lui vaut, à elle seule, tous les respects de la terre. Car il faut le faire!!!!!
Amicalement.
Souad Benmohammedi.
Ecrit par : Souad Benmohammedi | 06 août 2006
My god!
On aura décidément tout lu: ''Je ne suis pas raciste. Mais je sais reconnaître le racisme, le vrai, le plus dangereux: le racisme intellectuel. Et ne pas voir la grandeur de Khadra en est l'expression la plus criarde''.
Faut-il en rire ou en pleurer ? On ne peut plus critiquer un écrivain sous le prétexte de sa nationalité. Affligeant!
Ecrit par : Travis | 08 août 2006
Tout à fait d'accord avec vous Travis (et merci de votre soutien). A ceux qui souhaitent juger à tout prix, je rappelle la référence exacte à Khadra dans mon texte : "Enfin, Julliard publiera, un an pile après L’attentat, un nouveau Yasmina Khadra, Les sirènes de Bagdad. Une nouvelle occasion pour l’auteur de tenter sa chance dans la course aux prix ?". C'est un peu juste pour être taxé de "racisme intellectuel", non ?
Que devraient dire les amateurs de Florian Zeller, sur lequel j'ai écrit : "Enfin, et ce n’est pas une petite nouvelle, Florian Zeller (La fascination du pire) sortira de son silence avec Julien Parme. Toutes les bonnes choses ont une fin…"
Et pourtant, je n'ai eu aucun commentaire de leur part...
Ecrit par : Christophe Greuet | 09 août 2006
A l'attention de Madame Souad :Je crois qu'il y a fausse donne, à propos de Khadra. Personnellement, je n'ai rien trouvé de déplorable dans l'article consacré à la rumeur de la rentrée. Bien au contraire, je l'ai trouvé sympa, et enthousiasmant. La réactions des Algériens est un peu agaçante... Mais il faut NOUS comprendre, amis Français. Khadra a tellement fait pour nous, Algériens. Il nous a donné du courage là où nous en manquions, durant le règne de la barbarie cannibalesque des GIA, nous a aidés à voir clair dans notre tourmente, à nous reprendre en main. Il nous a élevés dans l'estime des autres, a porté notre littérature haut et partout jusqu'en Inde, jusqu'à Hollywood. Pour vous, c'est peu de choses. Pour nous, c'est énorme. Khadra est la preuve que nous pouvons intéresser sans passer par des attentats. Je vous demande de comprendre cela, amis Français. C'est tellement rare, chez nous, presque inespéré. D'où la réaction passionnée de certains compatriotes. Nous n'avons pas, comme vous Français, des Khadra à la pelle, et bien plus. Nous n'en avons qu'un seul, et nous y tenons. Nous sommes heureux quand vous le saluez, nous sommes affligés quand vous le dépréciez. C'est aussi simple que cela. Toutefois, je voudrais dire à Madame Souad qu'il ne faut pas exagérer. Il n'y a rien de raciste dans l'attitude de Monsieur Greuet. Et il est dans son droit absolu de ne pas partager la vénération que nous sommes nombreux à vouer à notre écrivain NATIONAL, notre fierté. Encore une chose, et là c'est Khadra lui-même qui le dit, le plus gros lectorat de Khadra est occidental. Il a vendu plus de 2 millions de livres dans le monde, et combien chez lui? Dans le monde arabe, on ne veut même pas le connaître. En France, il est vanté, honoré, consacré, soutenu alors que chez lui, il est interdit d'antenne, on ne le voit nulle part, ni à la télé ni à une conférence. Il a reçu la plus haute distinction littéraire au Koweit, des prix partout, et pas un ticket de restaurant à Alger... Où est le racisme ? Il vend cent fois plus de livres à Berlin, New York, Turin qu' à Alger. Soyons raisonnables. Lorsque Khadra parle de racisme intellectuel, il le situe dans certaines chapelles, et non chez le commun des lecteurs. Et puis, défendre mal un aussi merveilleux auteur, n'est-ce pas le défigurer ?
Modérons nos propos, frères et soeurs Algériens. Khadra est assez grand pour se défendre sans nos maladresses.
Sans rancune.
Et toutes mes excuses à M. Greuet.
Bouchareb Mourad, retraité et passionné de littérature.
Ecrit par : Bouchareb Mourad | 09 août 2006
Alors là, chapeau bas M. Bouchareb. Vous avez tout dit, avec modération et finesse. Respect!
Ecrit par : Travis | 11 août 2006
Yasmina Khadra essaye d'éclairer sur la réalité du problème moyen-orientale , il essaye de faire la part des choses entre terrorisme et résistance populaire , est-ce -que Jean Moulin et les autres résistants français durant l'occupation nazzi de la France étaient terroristes ? ou étaient-ils des hommes et des femmes qui défendaient leur terre ?
Se faire sauter au milieu d'un supermarché ou dans une station de bus est doublement condanmable en islam , vu que le suicide est interdit et tuer des innoncants l'est encore plus . Appeler les autres terroristes c'est déjà les mettre dans la faute .
Ahmed.
Ecrit par : Sid Ahmed | 23 août 2006
Pour ma part je conseillerais Lunatic asylum, le premier roman d’un auteur au talent inquiétant. Pour en savoir plus, allez sur : http://lunaticasylum-2006.spaces.live.com
Ecrit par : Aurélien | 26 août 2006
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