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28 mai 2006
Cannes 2006, journal du dimanche 21 mai : EuropaCorp, TF1 et UGC jouent les grandes muettes

Après le Carlton et le Riviera, hauts lieux du marchés du film, il me reste aujourd’hui à visiter les sociétés disséminées sur la Croisette. En effet, certains producteurs et distributeurs préfèrent au tumulte épuisant de ces endroits l’ambiance feutrée de palaces peu fréquentés ou, mieux encore, d’appartements loués à des particuliers. Ces visites ont toujours quelque chose d’un peu spécial, chacune d’entre elles nous faisant un peu pénétrer dans la sphère privée des dits-propriétaires, que bien entendu nous ne les croisions jamais. Les appartements en question étant souvent très luxueux, c’est aussi une manière de rêver un peu, tout en continuant à discuter cinéma…
Premier arrêt au 55 Croisette, immeuble rsidentiel qui abrite un des stands les plus intéressants de Cannes 2006 : la Scandinavian terrasse. Comme son nom l’indique, le lieu regroupe plusieurs pays nordiques, parmi lesquels la Scandinavie et la Norvège, qui présentent plusieurs des films les plus intéressants du festival : Princess, Free Jimmy et Red road. Dans un immense loft avec terrasse donnant sur la mer, une véritable ruche s’active dans tous les coins, des professionnels et journalistes discutent dans une ambiance très sympathique et ouverte. Sur la terrasse, des plats locaux et des boissons sont offerts aux invités. Une convivialité qui, on va le voir, faut cruellement défaut à certaines sociétés françaises...
Dans le même immeuble, je passe chez Gaumont, qui présente aussi de nombreux films passionnants. Celui qui m’attire le plus (et pas seulement à cause de affiche – voir photo !), Cashback, est l’adaptation en long métrage d’un court présenté aux Oscars l’an dernier. On en reparlera bientôt sur ce site. L’une des plus grosses sociétés françaises est aussi l’une de celles qui sait le mieux recevoir…

Changement de discours chez deux autres « majors » nationales. EuropaCorp et UGC. Celles-ci me réservent en effet un accueil glacial, leurs hôtesses n’ayant manifestement qu’une très vague notion de la politesse élémentaire – sous le prétexte du « secret » que ces entreprises tiennent à garder autour de leurs « produits » (déjà parler de produits pour désigner des œuvres d’art, ça en dit long sur la politique maison !). Le même discours m’a à peu près été servi la veille au Riviera, chez un autre Français de poids, TF1 International. Pourtant, ces trois sociétés mènent des campagnes d’affichage écrasantes sur la Croisette, exhortant les festivaliers accrédités à passer les voir. Mais en ce qui concerne Europa et UGC, leurs affiches contiennent, je m’en rendrai compte plus tard, un message quasi-subliminal. La première a loué en effet un gigantesque panneau au dessus du Grand Hôtel pour le film de Guillaume Canet, Ne le dis à personne (Tell no one en anglais – photo ci-dessus). Quant à UGC, c’est une affiche toute aussi imposante pour le prochain Claude Miller, Un secret, qui surplombe le Majestic. Des titres qui tout à coup renvoient à la politique de communication de leurs producteurs pendant le festival… Curieux, non ?
On est beaucoup plus ouvert chez les deux plus grosses « mini-majors » françaises que sont Wild bunch et Celluloïd dreams. Si le grand public ne connaît probablement pas le nom de ces sociétés, ce sont néanmoins les représentants internationaux de très nombreux films passionnants, et elles « pèsent » chaque année un peu plus que l’année précédente. La première a Southland tales, Le labyrinthe de Pan, Electroma, et de très nombreux autres projets très excitants cette année (comme le Molière de Laurent Tirard - photo). Seul bémol : l’ascenseur de leur immeuble est en panne, pas facile donc pour accéder à leurs bureaux, qui sont au quatrième étage… Pour Celluloïd dreams, l’un des responsables n’hésite pas à interrompre son rendrez-vous pour m’expliquer en quoi consiste l’un de leurs projets, Son of Rambow, dont je reparlerai bientôt ici. A ces deux très sympathiques et passionnantes sociétés, j’adresse tous mes modestes remerciements et félicitations pour leur travail !

Juste avant de partir, dernier petit détour par le Martinez, qui se trouve tout à l’opposé du Palais et marque la fin du festival sur la Croisette (plus personne tout d’un coup sur les trottoirs… très étrange et c’est comme ça depuis longtemps). Fief de Canal+, l’hôtel, qui vient d’être refait, est aussi le plus prestigieux du boulevard. Je suis là pour aller voir la Weinstein Company, nouvelle société des fondateurs de Miramax, dont c’est le véritable premier marché du film. En choisissant le Martinez, les découvreurs de Tarantino ont voulu frapper fort, et montrer qu’il ne jouaient pas dans la même cour que les autres compagnies. Accueil dans le hall, gardes de la suite, sublime stand extrêmement bien décoré, etc. Alors que j’attends près de l’ascenseur le feu vert pour monter (eh oui…), je vois une magnifique fille brune en robe rouge qui s’approche de moi, entouré de quelques gardes… La foule déchaînée étant contenue en dehors de l’hôtel, c’est dans le plus grand calme que je vois à un mètre de moi… PENELOPE CRUZ !! Sûrement amusée par ma tête déconfite, elle me fait un grand sourire et me dit un « hello » très aimable.
C’est tout sourire que je peux maintenant quitter le festival. See you next year, Cannes !!
18:19 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2006, Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Festival de Cannes 2006, Christophe Greuet, Culture Café























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