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23 mai 2006
Cannes 2006, journal du samedi 20 mai : plongée dans le marché du film

Après une nuit de sommeil bien méritée, nous voici de retour sur la Croisette, mes parents et moi. Objectif du jour : une visite prolongée du Riviera, qui est le vrai centre névralgique du marché du film. Ouverte en 2000, cette extension du Palais des festivals est un gigantesque hall d’exposition du cinéma mondial. Sur plus de 6000 m² en bord de plage, le lieu accueille chaque année plusieurs centaines de sociétés de cinéma, qui présentent chacune leurs nouvelles productions et projets à venir. C’est un rares endroits où l’on peut avoir une photographie complète du cinéma mondial de l’année. Une journée de visite vous donne en effet accès à des dizaines de producteurs, et offre toute aux professionnels du cinéma une occasion rêvée de nouer des contacts et découvrir de nouveaux longs métrages.
Le Riviera est probablement l’un des lieux les plus secrets du festival. Il faut passer trois filtrages avant d’y pénétrer, chacun d’entre eux donnant l’occasion à des gardes de vérifier votre accréditation (la plupart des badges de festivaliers n’autorisent pas l’accès au lieu). Une fois dedans, une véritable ruche vous attend. Si ce hall a l’avantage de la concentration des professionnels, il en offre aussi le revers de la médaille : une chaleur étouffante, un bruit aux limites du supportable, une impression d’enfermement à décourager les moins claustrophobes. Autant de paramètres qui mettent à l’épreuve la résistance des exposants, plusieurs d’entre eux ayant déjà « craqué » au bout de quelques jours.

Sur la façade cette année s’expose une gigantesque affiche des Bronzés 3, dont le titre a été traduit pour l’occasion en un simple Friends forever, la mention des Bronzés, très franco-française, n’étant reléguée qu’en petits caractères. A l’intérieur, le Riviera ressemble toujours à un hypermarché du cinéma, dans lequel les « marques » internationales côtoient les petits producteurs du commerce équitable. Dès l’entrée, les grosses sociétés qui n’ont plus d’indépendantes que le nom écrasent les visiteurs avec de gigantesques stands. StudioCanal présente les posters surdimensionnés des prochains Wong Kar Wai et Jean-Jacques Annaud (des fois qu’on les aient loupés sur la Croisette…), TF1 International annonce la sortie, en 2007, de la biographie sur Piaf, La môme (titré La vie en rose pour les acheteurs étrangers), et Lionsgate se fait très discret, protégeant son stand derrière d’immenses panneaux noirs.
Mais ces sociétés ne sont pas là pour la publicité, et de toutes façons leurs films, qui connaîtront une carrière internationale, ne sont pas ceux qui m’intéressent. Je me dirige donc plus volontiers vers les pays moins médiatisés, comme l’Inde, la Corée du sud, la Thaïlande et les contrées européennes peu distribuées en France, comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Ces deux derniers pays ont d’ailleurs réservé des allées entières du lieu, afin de permettre à leurs producteurs d’avoir une visibilité beaucoup plus importante que s’ils étaient éparpillés dans tout le Riviera. Une excellente initiative, qui permet de découvrir beaucoup de films en même temps.
Les producteurs de séries Z sont, bien sûr, toujours très nombreux au Riviera. Certains ont au fil des ans constitué un catalogue de plusieurs centaines de films, et les plus grosses sociétés ont, pour toute décoration de leurs stands, des murs entiers tapissés d’affiches improbables, au format A4 ou même carte postale !! On passe vite, les films de qualité sont déjà bien assez nombreux…

Au détour d’une allée, je découvre justement le stand de la société Troma, où je me rends chaque année pour discuter le coup avec Lloyd Kaufman, son président, que je connais depuis mes premiers festivals de Cannes. Malheureusement, Lloyd a dû rester aux Etats-Unis encore quelques jours, mais Lisa, sa très sympathique assistante française, en profite pour me donner son nouveau livre basé sur Toxic Avenger (dont j’avais déjà parlé ici), ainsi que les DVD des derniers films de la société. Le dernier film de Lloyd, Poultrygeist (dont j’ai aussi longuement parlé sur Culture Café) n’a finalement pas pu être présenté au Marché comme prévu, car il manque deux mois de post-production. Mais pour consoler les fans, Troma a porté sur son stand le véritable moulage en caoutchouc du poulet mutant. J’en profite pour faire quelques photos avec !!

Après une journée véritablement épuisante, nous croisons sur le chemin du retour les « pingouins » se rendant à la projection officielle du soir, prêts à monter les marches (on pourrait presque appeler ça Les marches des empereurs, mais bon…). Certains, de peur de se faire piquer la place, piquent un vrai sprint devant les bureaux de Canal+, juste à coté du Palais (voir photo). Heureusement la joyeuse troupe de Troma répond toujours à l’appel pour venir décoincer les situations (photo de l’ouverture d’article)…
En remontant sur la Croisette, nous croisons un véritable attroupement déchaîné autour d’une personnalité. A priori, rien de bien surprenant, ce phénomène ayant lieu à peu près tous les cinquante mètres. Ici, il s’agit de Jack Lang, en jeans et baskets, qui signe des autographes et prend des photos avec ses fans. Une pré-campagne au festival de Cannes ? Ma foi…
Nous voici arrivés à la voiture. Il est temps de rentrer se reposer un peu à l’hôtel avant les émotions de demain…
Photos : Christophe Greuet
16:05 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2006, Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Festival de Cannes 2006 en direct, Christophe Greuet, Culture Café






















Commentaires
Un autre regard sur l'actualité cinématographique et son entourage ... à suivre
Ecrit par : NOEL | 23 juin 2007
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