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05 mai 2006
Quinzaine des réalisateurs 2006 : un savant dosage entre grands maîtres et nouveaux talents

On s’en doutait déjà un peu, c’est désormais officiel : la Quinzaine des réalisateurs 2006 sera la section du festival de Cannes présentant la meilleure sélection, bien devant la compétition officielle. Un « phénomène » inédit dans l’histoire du festival, en partie dût à la nomination contestée de Thierry Frémaux à la sélection officielle, qui a fait des choix plutôt malheureux.
Dès l’an dernier, Olivier Père, directeur artistique de la Quinzaine avait fait des choix judicieux avec notamment les présentations de Wolf creek, Keane et Be with me. Une audace renouvelée cette année, Père ayant osé tous les risques que Fremaux aurait dû prendre : véritables nouveaux talents, réalisateurs confirmés, films loin d’être consensuels. Le tout réuni derrière une superbe affiche signé Roland Topor, dont l’illustration souligne encore le peu de conformisme de la sélection 2006.
En dehors des films Princess, Azur et Asmar, Daft Punk’s Electroma, The host et On ne devrait pas exister, dont nous avons plus ou moins déjà largement parlé ici, la Quinzaine permet à deux maîtres sulfureux du cinéma de revenir sur le devant de la scène : William Friedkin et Jean-Claude Brisseau. Et le moins que l’on puisse dire est que leurs films n’ont pas fini de faire parler.

Concernant Friedkin, ses deux derniers films, Traqué et L’enfer du devoir, n’ont pas vraiment convaincu, loin de là. Mais avec sa nouvelle réalisation, on peut parier que le réalisateur de L’exorciste et French connection va retrouver le genre de films qu’il sait faire le mieux, à savoir celui qui vous remue les boyaux de la tête ! Jugez plutôt : Bug (photo ci-dessus) suit le parcours de Agnes (Ashley Judd), une jeune femme vivant dans une chambre de motel avec son ex-mari (Harry Connick Jr.), un homme violent qui vient d’être libéré de prison. Elle croit s’être sortie de cette spirale infernale lorsqu’elle démarre une histoire d’amour avec Peter (Michael Shannon), un vétéran de guerre excentrique. Mais bientôt, Peter va sombrer dans une paranoïa aiguë, voyant partout des insectes sui l’attaquent…
Adapté d’une pièce de théâtre signée par le trio des scénaristes de X-men 2 (le réalisateur Bryan Singer et les scénaristes Michael Dougherty et Dan Harris), Bug promet d’être un film passionnant, pour lequel on espère que Friedkin n’a pas perdu le mordant qui a fait toute sa réputation. Un signe avant-coureur est néanmoins encourageant : le studio Lionsgate, qui distribue le film, a planifié sa sortie américaine en décembre prochain, période généralement propice aux candidats aux Oscars.

Dans un tout autre style, le Français Jean-Claude Brisseau fera, à coup sûr, beaucoup parler. Cédant à la mode franco-française de l’auto-fiction, le réalisateur de Noce Blanche et de Choses Secrètes revient indirectement dans Les anges exterminateurs (photo ci-dessus) sur le conflit judiciaire qui l’avait opposé à plusieurs des actrices de ce dernier film. Accusé d’avoir obligé ses comédiennes à se masturber dans un lieu public lors des essais avant le tournage, le réalisateur avait été condamné en novembre dernier à deux ans de prison avec sursis. La présentation de son nouveau film sur la Croisette est une sorte de revanche pour Brisseau, puisque Les anges…, dont le tournage a débuté avant le procès, raconte comment François, un réalisateur attiré par les femmes, va se brûler les ailes en tournant avec une actrice adeptes des jeux libertins. A noter que François est interprété par Frédéric Van Den Driessche, qui est le prêtre Louis Page himself sur France 2. Il y a des castings…

Au delà de ces deux gros morceaux, la Quinzaine présentera également beaucoup de nouveaux talents. En premier lieu, Anche libero va bene, premier long métrage de l’acteur italien Kim Rossi Stuart (Romanzo criminale), sur la vie d’un père et ses deux enfants après le départ inexpliqué de la mère ; Day Night Day Night (photo ci-dessus), premier long métrage de fiction de l’artiste américaine Julia Lotkev, sur les dernières heures d’une jeune femme de 19 ans avant son attentat-suicide à la bombe. Enfin, Yureru de la jeune japonaise Miwa Nishikawa, sur le troublant retour d’un photographe dans sa ville natale, qui va réveiller l’attirance qu’une de ses plus anciennes amies a pour lui.






















Commentaires
salut, content de t'avoir rencontré
Ecrit par : pierrot le zygo | 06 mai 2006
Salut, moi aussi Pierrot. Et encore merci pour hier soir !
Ecrit par : Christophe Greuet | 06 mai 2006
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