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10 avril 2006

Tronic Café : Killer tattoo

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Après Citizen dog il y a quelques semaines, je vais vous présenter aujourd’hui un nouveau spécimen du nouveau cinéma venu de Thaïlande : Killer tattoo. Premier long métrage du réalisateur Yuthlert Sippapak, le film est sorti dans son pays d’origine en 2001, et fait partie des premiers représentants du « nouveau cinéma thaï », véritable geyser d’originalité et de talent qui nous donna notamment Citizen dog, dog, mais aussi de gros budgets comme Ong bak, ainsi que de très nombreux autres films à découvrir.


A sa sortie de prison, Dog badbomb (Perttary Wongkamlao), un des principaux caïds du pays, est embauché par de mystérieux commanditaires pour assassiner un super-flic. Devant former une équipe pour la mission, il recrute une improbable bande composée de Ghost Rifle (Sornsutha Klunmalee), un impayable tireur d’élite, Pae Buffgun (Suthep Po-ngam), un drogué à l’ecstasy et son protégé Elvis M-16 (Pongsak Pongsuwan), un autre super-tueur qui, après une explosion, est devenu amnésique, se medium_killtat01.jpgprenant aujourd’hui pour Elvis et refusant de parler thaï. Mais en pleine d’opération, la tuerie tourne en boucherie avec l’apparition d’un nouveau tueur, le jeune Kid Silencer. Tout ce petit monde se retrouve donc en fuite, après que les commanditaires de l’assassinat aient décidé d’éliminer tous leurs « employés ». Mais au cours de leur fuite, le passé de chacun refait surface et transforme la cavale en une expérience très intime…
Killer tattoo est un film extrêmement étrange et foisonnant, passant de la comédie au drame, de la violence extrême aux flash-backs sur la vie de chaque personnage. Ce style hétéroclite est le vœu du réalisateur, qui voulait mêler en un seul film de nombreux genres, afin de se démarquer des productions américaines trop catégorisées. Le résultat se base sur une trame de western, mais est aussi un véritable film thaï, dans lequel le bouddhisme tient une place prédominante.
Véritable virtuose de l’image avec un budget minuscule, Yuthlert Sippapak nous offre un long métrage époustouflant, parfois complexe, mais toujours excitant. Mené à 200 à l’heure, Killer tattoo s’offre malgré tout le luxe de donner une véritable épaisseur à ses personnages, à travers les flash-backs cités plus haut, sans jamais rien céder à son ambition d’innover sur son style.
medium_killtat05.jpgLa très forte identité thaïlandaise du film, qui lui a coûté une véritable carrière internationale pourtant méritée, est probablement ce qui offre à Killer tattoo sa différence fondamentale avec un autre film d’action asiatique. Cet élément est la vraie grandeur du scénario, qui fait le film en entier dépasse soudain la somme de tous ses éléments positifs, qui sont pourtant nombreux.
Au final, Killer tattoo est un film à découvrir absolument, puisqu’il est le premier long métrage d’un réalisateur qui, depuis, nous a de nombreuses fois étonnés en livrant à chaque film un travail tout à fait différent du précédent. Pour une fois parmi nos films de la semaine, Killer tattoo est très facilement accessible aux spectateurs français. Le film est en effet édité par Fox Pathé Europa dans l’excellente collection Asian star dirigée par Jean-Pierre Dionnet.


Un film de Yuthlert Sippapak avec Suthep Po-ngam, Sornsutha Klunmalee, Somchai Kemglad, …

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