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03 avril 2006

Du livre au film : Romanzo criminale

Ouverture aujourd’hui d’une nouvelle rubrique sur Culture Café : « Du livre au film ». Afin de mettre en perspective les deux sujets principaux de ce blog, le cinéma et la littérature, vous pourrez découvrir au fur et à mesure des sorties des « critiques comparatives » entre un livre et son adaptation à l’écran.

medium_romanzo_livre.jpgParu en janvier dernier, le roman du juge italien Giancarlo de Cataldo, Romanzo criminale, fait partie déjà partie à coup sûr du palmarès très fermé des meilleurs romans de l’année. Il retrace la saga du Libanais, du Froid et du Dandy, trois malfrats voulant « s’offrir Rome » en s’appropriant tous les commerces illégaux de la ville (drogue, jeu, prostitution, etc.). Des années 70 à la fin des années 90, l’histoire du gang offre à l’auteur un superbe prétexte pour brosser à la fois la récente histoire de l’Italie, mais aussi (et peut-être surtout) développer les caractères des trois hommes, du commissaire Scialoja qui est à leurs trousses, et d’une bonne vingtaine de collaborateurs, ennemis, et autres prostituées évoluant en périphérie du groupe. Au final, Romanzo criminale – le livre est un pavé de près de 600 pages, dont chaque ligne compte, et qui a souvent été comparé, avec raison, à l’équivalent italien d’Il était une fois en Amérique de Sergio Leone. Un parallèle qui ne laisse planer aucun doute sur le potentiel du roman au cinéma. De plus, la collection « Grand écran » a été créée pour l’occasion par l’éditeur français Métaillié, afin de publier des œuvres littéraires adaptées au cinéma.
medium_romanzo_film.jpgEt pourtant, le passage du texte à l’image est plus que douloureux dans le cas de Romanzo criminale. On aurait pu naïvement penser qu’un film de plus de deux heures trente retranscrirait assez fidèlement un livre aussi épais (la présence de l’auteur dans l’équipe des scénaristes n’en était que plus rassurante). Malgré ce, la seule impression qui se dégage de la vision du film est qu’il sert, au mieux, de bande-annonce au livre – un comble ! La première maladresse est d’avoir conservé pour le montage la rapidité à laquelle se succédaient les chapitres du livre (qui ne s’étalent sur jamais plus de cinq pages). Car cette rapidité de narration de l’écrit se transforme sur l’écran en une espèce de frénésie, enchaînant les scènes comme un collier de perles qui serait fabriqué sur une chaîne de montage. Le rythme, insupportable, est le premier gros défaut du film, car il handicape à la base le développement psychologique des personnages.
Le deuxième point faible de Romanzo criminale, le film est de ne pas avoir su restituer le foisonnement des personnages, dont le nombre se retrouve ici réduit au minimum syndical. Disparus, les intervenants périphériques donnant toute son épaisseur au récit, au profit de scènes d’action spectaculaires qui au final n’apportent pas grand chose…
Le passage du livre au cinéma du livre de Giancarlo de Cataldo n’est donc pas une réussite. Mais on peut néanmoins imaginer que des spectateurs n’ayant pas lu le livre trouveront le film de grande qualité. Pour les autres, on en arrive à regretter que les scénaristes n’aient pas fait le choix d’une série TV par rapport à un film : la forme et la durée auraient sûrement mieux convenu à l’ampleur du récit.
Qualité d’adaptation :

  • Romanzo criminale de Giancarlo de Cataldo, Ed. Métaillié, 585 pages, 23 €
  • Un film de Michele Placido avec Kim Rossi Stuart, Claudio Santamaria, Anna Mouglalis, Pierfrancesco Favino…

Commentaires

Très bonne idée, cette rubrique "du livre au film"...

Ecrit par : wrath666 | 04 avril 2006

Sans avoir lu le livre, je suis sorti assez impressionné de ce film qui parvient à raconter autant par l'ellipse que par les très courtes séquences que tu pointes d'un doigt accusateur. J'ai certes été un peu déboussolé au départ, avant de découvrir ce qu'une telle construction permettait: transcrire une véritable fresque sur grand écran.

Il aurait été difficile de faire vivre plus de personnages dans le format d'un long métrage. Celui-ci m'a laissé le goût d'une galerie de portraits plutôt riche, et l'une des plus large que j'aie pu voir dans un film.

J'abonde donc dans ta conclusion, que ce film peut sans aucun doute convaincre ceux qui n'ont pas lu l'ouvrage. Je ne sais cependant pas si le format d'une série TV aurait mieux servi cette "transécriture", tant l'impression de condensé a joué dans mon intérêt pour cette séance.

Ecrit par : JiF | 06 avril 2006

faites le quotidienement c super

Ecrit par : benamar | 12 avril 2008

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