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02 mars 2006
Reefer madness, un des piliers de la pop culture américaine
Sorti hier dans les salles françaises, Reefer madness est un téléfilm musical décalé, dont l’argument publicitaire principal est « Ne fumez pas la moquette de la salle ! ». On peut féliciter le distributeur, Diaphana films, d’avoir osé sortir ce film chez nous. En effet, Reefer madness est un hommage complètement délirant à un moyen métrage homonyme, devenue une véritable légende de la pop culture… aux Etats-Unis seulement.
Tout commence en 1936, lorsque l’ancien réalisateur de films muet Louis Gasnier tourne, pour le compte d’un groupement catholique, le film Tell your children !. Ce moyen métrage d’une heure à peine est un fervent plaidoyer pour inciter les parents à se méfier des dangers de la marijuana. Le film débute sur le discours de prévention d’un proviseur de lycée à des parents pour le moins ignorants. Rapidement, le film plonge dans l’exagération de ce type de programmes. Autour d’un couple de dealers, meurtres, viols et autres accidents jalonnent minute après minute le scénario de film. A noter que Tell your children n’est qu’un des nombreux films de propagande anti-marijuana à être sortis dans les années 30.
Peu de temps après son tournage, le film est racheté par Dwain Esper, l’un des rois des « exploitation films », ou films à petits budgets de séries B et Z projetés dans des salles spécialisées ou des drives-in. Réalisateur et scénariste de plusieurs autres films de propagande anti-drogue (dont le « célèbre » Marihuana), Esper est aujourd’hui considéré comme l’un des plus mauvais metteurs en scène de l’histoire du cinéma. Personnage sans scrupules, il modifie le titre de Tell your children ! en Reefer madness, et rajoute au montage original plusieurs scènes grivoises et choc. Esper part alors à la recherche de salles à travers tous les Etats-Unis, mais le film tombe assez vite dans l’oubli, Esper n’ayant même pas demandé de copyright pour celui-ci. Vous pouvez d’ailleurs télécharger gratuitement le film entier à cette adresse.
Pendant près de quarante ans le film est oublié, puis racheté pour moins de 300 dollars par Keith Stroup, fondateur d’un mouvement de libéralisation de la marijuana. Il le projette sur les campus américains, et connaît alors un succès retentissant : quarante ans après son tournage, le scénario ridicule du film en fait une comédie sans pareil. C’est ainsi que naît le phénomène Reefer madness, encore vivace aujourd’hui chez les spectateurs américains. Au point qu’en 2004, la Fox sort en DVD une version colorisée hilarante, dans laquelle la fumée des joints est devenue… verte !
Se basant sur la popularité du film, le compositeur Dan Studney et l’auteur Kevin Murphy montent à Broadway une version en comédie musicale. Devant le succès, les deux hommes décident d’adapter la pièce pour la télévision. Une partie de plaisir pour Murphy, qui est aussi l’un des scénaristes et producteurs exécutifs de la série Desperate Housewives. Et réussit à réunir un casting à la hauteur de la légende : Kristen Bell, Neve Campbell, et Alan Cumming sont au générique. Si le film, qui sort donc en France, est un mélange de « remake » et d’hommage amusé à l’œuvre d’origine, il se révèle être une des réalisations les moins conformistes de ce début d’année. A ne pas maquer donc, une fois que vous aurez visionné l’original.
Visionnez la bande-annonce du film :
15:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Reefer madness, Reffer madnsee musical, Exploitation films, Culture Café























Commentaires
vous etes bon
Ecrit par : minougou | 08 avril 2007
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