« Night watch et Day watch, symboles d’une nouvelle cinéphilie numérique | Page d'accueil | De nouvelles fonctionnalités sur Culture Café ! »
26 février 2006
Avant-première : Citizen dog
Afin de se remettre de la morosité consécutive à la cérémonie des Césars, je vais vous présenter aujourd’hui un film adorable et intelligent, que j’avais visionné au marché du film de Cannes en 2005. Il s’agit du long métrage thaïlandais Citizen dog, qui sortira en France dans quelques mois.
Ce film est la troisième réalisation de Wisit Sasanatieng, qui avait été découvert des cinéphiles internationaux grâce à son deuxième long métrage, Les larmes du tigre noir. En dehors du sujet du film, qui s’avérait être le premier western à la sauce thaï, Les larmes… nous avait plongés dans l’univers cinématographique très singulier de
Sasanatieng : des couleurs extrêmement flash, donnant à l’image un côté aussi kitsch, dans l’esprit d’un film en noir et blanc recolorisé, que moderne, puisque faisant souvent penser à des images sorties tout droit d’un fichier Photoshop halluciné.
Avec ce nouveau film, Sasanatieng nous replace de plein pied dans son monde très particulier, mais adapte son propos aux préoccupations les plus actuelles. Citizen dog suit en effet le parcours de Pod (Mahasamut Boonyaruk), un jeune fermier qui s’exile à Bangkok afin d’y trouver du travail. Dès les premières scènes, cet anti-héros se voit confronté à l’imagination farfelue de son réalisateur : ouvrier à la chaîne dans une usine de sardines, Pod se coupe un doigt, qui est immédiatement conditionné dans une des milliers de boites que produit l’entreprise. Pod part donc à la recherche de celui-ci, achetant des dizaines de packs de sardines pour retrouver son doigt ! Ce qu’il finit par faire… en découvrant que son collègue de bureau Yhod, victime de la même mésaventure, et lui ont inversé leurs doigts ! Dès lors, Citizen dog plonge dans son scénario délirant mais ô combien émouvant, dominé par l’amour platonique de Tod pour Jin (Saengthong Gate-Uthong),
une jeune fille rêveuse qui est convaincue de parvenir à sauver la Terre de son réchauffement. Pour cela, elle va ramasser toutes les bouteilles de lait qu’elle trouve sur sa route… et formera une véritable montagne de plastique devant chez elle !
Citizen dog, ce sont avant tout des dizaines de petits scénarios émouvants qui viennent former la grande histoire du film. Des histoires drôles ou tragiques peuplées de personnages attachants, dans lesquelles on découvre, au hasard, un ours en peluche abandonné qui, de détresse, devient un SDF alcoolique, une grand mère qui se transforme en crapaud pour empêcher le suicide de son petit fils, un employé des postes dépressif qui lèche tout ce qui est devant lui… Autant d’univers farfelus qui, dans le monde créé par Sasanatieng, deviennent tout à fait normaux, et ne manquent jamais d’émouvoir le spectateur. Le tout au rythme de rap thaïlandais !
Produit par la société Five star entertainment, les droits internationaux du film ont été rachetés par Europa Corp. qui, après le succès d’Ong bak, jette un regard plus qu’attentif sur tous les films venants de Bangkok. C’est donc sous la houlette de Luc Besson que Citizen dog sortira en France dans quelques mois. Dépêchez-vous M. Besson, les chefs d’œuvre n’attendent pas !

Un film de Wisit Sasanatieng avec Mahasamut Boonyaruk, Saengthong Gate-Uthong, Sawatwong Palakawong Na Autthaya, Chuck Stevens…
Visionnez la bande annonce du film :
15:15 Publié dans Cinéma, Critiques cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Citizen dog, Wisit Sasanatieng, critique, review, Christophe Greuet, Culture Café






















Commentaires
Merci beaucoup de votre réponse... Mais j'ai le même message d'erreur. Je suis sur Safari.
A bientôt.
Ecrit par : Gene | 01 mars 2006
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.