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22 janvier 2006

Tronic Café : Zebraman

medium_zebraman.jpgConnu pour son cinéma extrême, qui compte notamment la trilogie Dead Or Alive ou le film d’horreur Audition, Takashi Miike a réalisé en 2004 un long métrage moins connu en Europe, Zebraman. Cette rare incursion du cinéaste dans un genre plus familial n’en reste pas moins une expérience digne d’intérêt.


En 2010, la ville japonaise de Yokohama est frappée d’événements étranges, que les services secrets qualifient de surnaturels. Ils envoient deux agents sur les lieux. En parallèle, Shinichi (Sho Aikawa), un médiocre professeur et père de famille, tente d’échapper au quotidien en faisant revivre Zebraman, le héros en noir et blanc d’une éphémère série télévisée de son enfance. Il se fabrique un costume identique. Partageant sa passion avec Asano, un élève handicapé récemment medium_zebraman2.2.jpgarrivé dans sa classe, Shinichi se voit obligé de faire entrer Zebraman dans l’action. Devenu justicier de la ville, le héros « ressuscité » va rapidement acquérir de nouveau super-pouvoirs qui lui permettront de se joindre aux forces de l’ordre, dans leur combat contre les extra-terrestres.
Loin des super-héros hollywoodiens, Zebraman peut à première vue apparaître comme une série Z de la pire espèce, ses effets spéciaux ayant une apparence volontairement « cheap ». Mais cette première impression, accentuée par un scénario aussi linéaire que prévisible, est en fait tout ce qui fait la force et, surtout, le charme du film. Car pour le tournage du film, Miike a bénéficié d’un des plus gros budgets de sa carrière, et profite de cette opportunité pour rendre un hommage aussi vibrant que décalé aux séries japonaises qui ont bercé l’enfance de ses spectateurs (Ultraman, San ku kai, etc.). Pris au second degré, le film est absolument hilarant, car il apparaît bien vite que cette monumentale farce est en fait un délire parfaitement maîtrisé, les détails scénaristiques les plus improbables étant en fait des hommages dissimulés aux séries Z télévisées dont le Japon nous a longtemps abreuvé. Par le personnage du jeune garçon handicapé, Miike fait également un signe aux nombreux fans qui, aujourd’hui encore, vouent un véritable culte à ces séries.
medium_zebraman4.jpgLe tour de force du film est probablement d’avoir su puiser son point de départ dans une série télévisée, certes factice, mais qui pourrait être totalement réelle. Le message qui sous-tend l’intégralité du scénario (« Anything goes » ou « tout peut arriver ») est une marque de respect à ces passionnés un peu barges qui hantent les fans-clubs, blogs et autres réseaux peer-to-peer. Zebraman n’est certes pas un chef d’œuvre inoubliable, mais son mérite incontestable est de révéler une face cachée d’un réalisateur que beaucoup exècrent à cause de l’horreur souvent insoutenable dépeinte dans d’autres œuvres de sa filmographie.
Curieusement inédit dans la majorité des pays du monde, Zebraman a, comme la série qui est évoquée dans le film, connu une immense popularité chez les fans grâce à Internet. Pour le visualiser, il existe seulement un DVD japonais (édité chez HKV), comprenant des sous-titres anglais, et disponible sur de nombreux site de vente par correspondance. EDIT : Resté inédit de longs mois en France, le film est finalement sorti en DVD en janvier 2006, édité par StudioCanal.

Un film de Takashi Miike avec Akira Emoto, Arata Furuta, Atsuro Watabe…

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Visionnez la bande-annonce du film :

 

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