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26 décembre 2005

Séance de rattrapage : Sympathy for lady vengeance

medium_lady_1_p.jpgLe passage éclair dans les salles françaises de Lady vengeance ne m’avait pas permis de découvrir à sa sortie ce film majeur. Dernier volet de la trilogie « Vengeance » du cinéaste sud coréen Park Chan-Wook, après Sympathy for Mr Vengeance et Oldboy, le film ne bénéficia pas d’une distribution française à la hauteur de sa qualité, malgré une présentation en grandes pompes au festival de Venise. Heureusement, une séance de rattrapage m’a permis ce week-end de combler ce manque, juste à temps pour la rédaction du Top 15 Cinéma de 2005, où le film figurera en bonne place.


Lady Vengeance suit pour la première fois dans la trilogie le récit d’une femme, Geum-ja (interprétée par la formidable Lee Yeong-ae). Accusée à l’âge de dix-neuf ans du meurtre brutal d’un enfant, la jeune femme passera treize ans de sa vie en prison. Au cours de son séjour, elle développe une attention toute particulière pour ses co-détenues, ne reculant devant aucun sacrifice pour se rendre utile. Mais à sa sortie, Geum-ja n’aura qu’un seul but : obtenir l’aide des femmes qu’elle a aidées en prison pour se venger de Monsieur Baek (Choi Min-sik, qui avait le premier rôle d’Oldboy), un instituteur avec qui elle vivait, et qui l’a obligé à commettre le crime pour lequel elle a été punie…
A l’inverse d’Oldboy, Chan-Wook a opté pour ici une construction extrêmement complexe, mélangeant les époques, les visages et les pistes narratives. Seul fil rouge du film, le personnage de Geum-ja, présente dans presque tous les plans, permet de se retrouver dans cet infernal jeu de pistes d’une violence extrême.
medium_lady2.jpgCette personnalité proche de l’icône incarne à merveille le message du film, dans lequel se mêlent habillement une imagerie très douce, à mi-chemin entre le design et le mysticisme, et des actes proche de la barbarie. Seul petit bémol, mais c’est aussi la puissance du film : la multiplicité des personnages et de leurs transformations physiques à travers les différentes périodes du film, difficiles à suivre avec une seule vision de ce dernier.
Fidèle à lui-même, Chan-Wook développe ici le style cinématographique qu’on lui connaît, toujours en équilibre léger entre deux ambiances extrêmes. On retrouve ainsi le côtoiement d’une ambiance sanglante avec des images sublimes, on l’a dit, mais aussi ce sens si particulier du cadrage et du travelling insensé, qui peut, en quelques secondes, peut nous emmener de l’intérieur d’un tuyau au dessous d’une porte pour terminer en un panoramique de la ville ! Le réalisateur ne recule devant aucune audace visuelle pour servir son récit, alignant de multiples séquences époustouflantes que les mots ne peuvent retranscrire.
medium_lady4.jpgAvec Sympathy for lady vengeance, Chan-Wook clôt ainsi une trilogie quasiment sans fautes. Sans atteindre toutefois le niveau qualitatif d’Oldboy, considéré par beaucoup (dont moi) comme l’uns des meilleurs films au monde, ce troisième épisode possède une personnalité propre, et n’est en rien un « sous Kill Bill », comme l’on laissé entendre certains critiques avides de formules assassines. Il assoit encore, s’il en était encore besoin, Park Chan-Wook comme l’un des cinéastes majeurs de notre temps. Et l’on attend avec encore plus d’impatience son prochain film…

Un film de Park Chan-Wook avec Choi Min-sik, Lee Yeong-ae, Go Su-hee…

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Visionnez la bande-annonce du film :

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