« Tronic Café : Superstar, the life and times of Andy Warhol | Page d'accueil | Quand la journaliste bobo encense le casseur de hype »
27 novembre 2005
Domino ou le naufrage des biopics
En portant à l’écran la vie de Domino Harvey, top-model devenue chasseuse de primes, l’improbable Tony Scott avait le matériel idéal pour réaliser le biopic ultime, les ingrédients du sujet fournissant la matière pour un film formidable : action, sexe, rebondissements, suspense et, enfin, la disparition très récente de l’héroïne.
Le biopic (contraction de biography et picture) est actuellement le genre le plus en vogue à Hollywood, attirant des réalisateurs aussi prestigieux que Steven Spielberg (Arrête-moi si tu peux), Martin Scorsese (Aviator), ou, dans un passé plus lointain, Michael Mann (Révélations) et Roman Polanski (Le pianiste). Pourtant, un minimum de talent est requis pour l’exercice, ce qui manifestement a fait défaut à Tony Scott. Vous me direz, il y avait des signes avant-coureurs : on ne réalise pas Top gun ou Jours de tonnerre par hasard, même si la filmographie de Scott est illuminée par deux chefs d’œuvre (Les prédateurs et True romance).
Taylor Hackford, sauvé in extremis par la prestation de Jamie Foxx, avait déjà prouvé l’an dernier, avec Ray, combien la vie extraordinaire d’un personnage réel pouvait devenir le terreau d’un film calamiteux. Tony Scott, toutefois, bénéficiait parmi ses collaborateurs d’un avantage de poids sur son confrère : la présence, au scénario de Domino, de Richard Kelly, auquel l’on doit l’un des films les plus percutants de ces dernières années, Donnie Darko. Hélas, mille fois hélas, c’était sans compter des manies névrotiques du réalisateur de Spy Game : un goût immodéré pour le montage frénétique, les couleurs criardes, les cadrages que le plus putassier des publicitaires n’oserait pas, la musique tonitruante en « fond » sonore. Autant de facteurs qui annihilent tout effort de scénario (encore que) de Richard Kelly dans une masse visuelle incompréhensible et, finalement, insupportable.
Domino sonne-t-il le glas du genre auquel il appartient ? C’est à craindre. Le biopic ne permet en effet pas trente six possibilités à son réalisateur : soit il choisit un style très conventionnel, et compte sur la performance de son acteur principal pour sauver la mise, soit il opte pour une originalité visuelle, et prend le risque de sacrifier son film sur l’autel de l’incompréhension du spectateur. On découvrira le 15 février prochain Walk the line de James Mangold, dans lequel l’acteur Joaquin Phoenix tient le rôle du maître de la musique country, Johnny Cash. Mais quand on entend les premières critiques américaines présenter le film comme le Ray de 2005, on s’attend légitimement au pire…
(et encore...)
Un film de Tony Scott avec Keira Knightley, Mickey Rourke, Edgar Ramirez...
Actuellement dans les salles.
Commander le DVD sur Amazon.fr
Visionnez la bande-annonce :
11:45 Publié dans Cinéma, Critiques cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Domino, Tony Scott, Keira Knightley, Mickey Rourke, critique, review, Christophe Greuet






















Commentaires
Très joli blog et surtout très intéressant. Ca manquait dans le coin un blog consacré au ciné pas commercial ou pas trop....
Ecrit par : Marie | 27 novembre 2005
Merci beaucoup, ca va continuer !
Ecrit par : Christophe Greuet | 27 novembre 2005
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.